Politique économique et
relations bilatérales
Séminaire UBIFRANCE du 11
Mai 2004. Intervention de M. Jacques SYLLA , Premier Ministre
de Madagascar, accompagné de: - Benjamin RADAVIDSON, Ministre de
l'Economie, des Finances et du Budget de Madagascar -
Solofonantenaina RAZOHARIMIHAJA, Vice Président Assemblée
Nationale - Herintsalama RAJAONARIVELO, Président FIVMPAMA (
Groupement des entrepreneurs Nationaux Malgaches)
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Le DSRP et la détermination à le mettre en oeuvre
Le DSRP est inspiré
par la déclaration du Millénaire que nous avons adapté
au contexte malgache et dont le but est la réduction
de la pauvreté de 50 % en dix années.
Ce programme s’articule sur trois axes principaux
: tout d'abord l'établissement d'un état de droit, l'augmentation de
la croissance économique et enfin la sécurisation humaine et la
protection des biens. |

Jacques SYLLA,
Premier Ministre de Madagascar |
En ce qui concerne l'Etat de droit et la bonne gouvernance, un petit rappel : en 2003 on eu lieu les élections législatives puis les élections communales à travers lesquels se sont dégagées une nette majorité. Le principe de la bonne gouvernance a ensuite amené à l’instauration du Conseil Supérieur de la Lutte contre la Corruption (CSLC) ainsi que l'obligation de déclaration de patrimoine qui concerne l'ensemble des ministres des magistrats et aux hauts fonctionnaires qui doivent
donc faire avant leur prise de fonction cette déclaration de patrimoine.
En ce qui concerne la réforme de la fonction
publique, les mécanismes longs et compliqués ont été évoqués tout à
l'heure. |
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Par rapport à la croissance économique, je voudrais rappeler le taux de croissance en 2003 qui est de 9,6 %. Mais il faut savoir que nous venons de loin, de très loin.
Le taux d'inflation a été de 1% au mois d'octobre 2003.
Les travaux d'infrastructure
C'est la priorité des
priorités de notre DSRP. Nous avons tous de Madagascar l'image d'un
pays vaste enclavé et il nous appartient de changer cela.
Le Tissu Industriel
Nous avons un tissu industriel pour lequel nous avons
porté un effort particulier également, notamment en ce qui concerne
les zones franches. Et la nous avons eu au sortir de la crise
quelques inquiétudes : les zones franches sont fragiles et doivent
répondre à la demande quasiment à la semaine si ce n'est dans
certains secteurs pointus au jour le jour. Il y a eu une évaporation
très rapide, autour de 50% en moins après la crise.
Nous avons concentré beaucoup d'efforts dans ce
secteur la et actuellement nous en sommes à peu près à 90 % de
reconstruction du secteur de la zone franche de manière générale.
Nous apportons également une attention particulière à la stabilité
macro économique et du contrôle de l'inflation, en raison de la
flambée des prix sur le marché pétrolier avec un baril dépassant les
40 dollars et dont on imagine les conséquences pour un jeune paysan
Madagascar. |
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Dans le domaine de l'enseignement primaire, sur
lequel nous pourtant également une attention particulière, nous
avons pris en charge les frais d’inscription au niveau de
l'enseignement primaire. Et cela autant dans le public que dans le
privé.
Nous avons également pris en charge lors de la
rentrée 2003 ce que l'on appelle les kits scolaires c'est-à-dire des
cartables avec des tous ce qu'il faut à l'intérieur comme
fournitures scolaires pour les élèves du primaire. Et cela pour un
montant total de 6 millions de dollars. Nous avons également pris en
charge ce que l'on appelle les Centres de santé de base , permettant
l'accès aux médicaments aux populations les plus fragiles : les
principaux vaccins y sont gratuits.
Nous poursuivrons également les mesures de
libéralisation : libre circulation des capitaux et transferts
courants, simplification des procédures niveau de la zone franche :
les partenaires de la zone franche nous ont demandé d'appliquer
trois mesures, et nous les avons appliqué.
En ce qui concerne la libéralisation sur le
marché, trois secteurs sont principalement impliqués : le coton, la
JIRAMA, et la SIRAMA |
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En ce qui concerne les mesures concernant le secteur
privé, un effort a été également porté sur la garantie des investissements
ainsi que l'accès des investisseurs à la propriété foncière.
La propriété foncière est à Madagascar un question taboue, sacrée
et c'est d’ailleurs le cas dans tous les pays dont le développement
en est encore au niveau agraire : 80 % de la population
un Madagascar se trouve en milieu rural. La Terre, c'est d'abord
la Terre des ancêtres. Il ne nous appartient pas. Il a fallu le
courage du Président de la République pour prendre cette décision,
et nous l'avons mis en vigueur, avec effectivement un certain
contexte que nous souhaitons voir s'assouplir. L'important était
de franchir le Rubicon, de prendre cette décision pour que les esprits
commencent à se défaire d'une certaine approche dans ce domaine.
Nous espérons, dans les années à venir, mettre en place un système
encore plus souple dans ce domaine. En tout cas le pas est
franchi. Et il a fallu un sacré courage politique pour le
faire.
Nous portons également une attention particulière au
partenariat public/privé. Alors là aussi, c'est la marque de la volonté
de changer les choses et de les faire bouger. Pour vous, cela
peut paraître normal mais n'oublions pas nous sortons d'un régime
qui depuis un quart de siècle a fait exactement le contraire c'est-à-dire
nationalisé à outrance. Ils ont commencé à le faire, mais
très tardivement et en traînant des pieds. C'est-à-dire contraint
et forcé et quand on est contraint et forcé sur certaines choses,
et bien malheureusement on les fait mal. Et nous avons hérité
de cette situation. |

Herintsalama
RAJAONARIVELO, Président du FIVMPAMA ( Groupement des Entrepreneurs
Nationaux Malgaches) | 
Au centre, SEM Jean
Pierre RAZAFY ANDRIAMIHAINGO, Ambassadeur de la République de
Madagascar à PARIS. |
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Il y a eu aussi la mesure
détaxation de certains produits à l'importation, des biens
d'équipements avec beaucoup d'effets positifs et quelques
interrogations.
Et enfin cette ouverture, d'abord régionale, au
niveau de la Commission de l'Océan Indien et cette étape que nous
allons franchir : l’adhésion à la SADEC prochainement.
Vous constatez la place privilégiée que nous
voulons accorder au secteur privé que nous considérons comme le
moteur de la croissance à Madagascar.
Place des entreprises françaises Madagascar
Les chiffres ont été avancés tout à l'heure je
voudrais simplement dire que la France, en tant que pays, à une
place privilégiée à Madagascar. Premier client, premier fournisseur,
une importante couverture bancaire, la même démarche de pensée au
niveau des décideurs. Ce sont des atouts, mais nous avons
l'impression que ces atouts ne sont pas exploités à fond même si
cela commence à en prendre le chemin avec par exemple les accords de
protection des investissements, signés à la Réunion en juillet 2003.
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Avantages de Madagascar
Des ressources physiques immenses : Madagascar et
le pays des potentialités. Et l'on aimerait convertir ces
potentialités en réalités d'où l'importance du programme
d'infrastructure. J'aimerais vous citer un extrait du communiqué
final de la dernière Réunion des amis de Madagascar, à Paris, en
octobre dernier : « La construction et la réhabilitation des
entretiens routiers constitue un élément central de la lutte contre
la pauvreté à Madagascar. En facilitant ses producteurs locaux sur
le marché, le programme de réhabilitation routière permettra de
réduire fortement la pauvreté rurale (80 % de pauvres). Le programme
du gouvernement vise à la construction de 14 000 kilomètres de
routes ainsi que la réhabilitation de 15 000 km. Le coût de ces
programmes avoisine un milliard de dollars et son financement est
assuré par le gouvernement, union européenne, la banque mondiale, la
banque africaine de développement la banque a pour le développement
économique en Afrique, l'agence Française pour le développement, du
Japon, de la Chine ainsi que d'autres partenaires bilatéraux. »
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Madagascar est intégré au
programme de l’AGOA, avec des relations particulières avec les
États-Unis d'Amérique. Nous sommes considérés à l'ONU comme pays
pilote en matière d'investissements industriels et nos efforts en
matière de partenariats public/privé ont été loués par Kofi Annan,
et nous avons été déclaré tout récemment éligibles à une procédure
que vient de mettre en place nos amis américains qui est le Compte
du Millénaire
. Seize pays au monde en bénéficient et Madagascar depuis
la semaine dernière en fait partie. Nous avons donc une ouverture
régionale, COMESA et SADEC et un Président de la République
et un gouvernement très favorable à l'entrepreneuriat. Nous avons
des ressources humaines de qualité et pourtant de coût modeste et
nous avons la volonté et la capacité d'entreprendre comme
l'expliquait tout à l'heure M. Dijon, avec cette nouvelle classe
d'entrepreneurs.
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En conclusion je voudrais dire que Madagascar est
une terre d'accueil, il fait bon y vivre, avec une hospitalité dont
ceux qui y travaillent pourront en témoigner : une qualité de vie
qui n'existe pas ailleurs. Des kilomètres et des kilomètres de
plages merveilleuses où l'on peut se promener sans être dérangé.
Nous n'avons pas le désagrément de bêtes sauvages : il fait bon y
vivre et nous sommes actuellement en train de préparer avec le
Président de la République le contexte le plus favorable possible
aux investissements et nous espérons que vous y répondrez le plus
nombreux possible.
Mesdames et Messieurs je vous remercie de votre
très aimable
attention. |
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