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Politique économique et relations bilatérales

Publié le 17/05/2004 02:30 par elman

Politique économique et relations bilatérales

Séminaire UBIFRANCE du 11 Mai 2004. Intervention de M. Jacques SYLLA , Premier Ministre de Madagascar,  accompagné de:
- Benjamin RADAVIDSON, Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget de Madagascar
-  Solofonantenaina RAZOHARIMIHAJA, Vice Président Assemblée Nationale
- Herintsalama RAJAONARIVELO, Président FIVMPAMA
( Groupement des entrepreneurs Nationaux Malgaches)
Le DSRP et la détermination à le mettre en oeuvre
Le DSRP est inspiré par la déclaration du Millénaire que nous avons adapté au contexte malgache et dont le but est la réduction de la pauvreté de 50 % en dix années.
 
Ce programme s’articule sur trois axes principaux : tout d'abord l'établissement d'un état de droit, l'augmentation de la croissance économique et enfin la sécurisation humaine et la protection des biens.
Intervention de M. Jacques SYLLA
Jacques SYLLA, Premier Ministre de Madagascar
En ce qui concerne l'Etat de droit et la bonne gouvernance, un petit rappel : en 2003 on eu lieu les élections législatives puis les élections communales à travers lesquels se sont dégagées une nette majorité. Le principe de la bonne gouvernance a ensuite amené à l’instauration du Conseil Supérieur de la Lutte contre la Corruption (CSLC) ainsi que l'obligation de déclaration de patrimoine qui concerne l'ensemble des ministres des magistrats et aux hauts fonctionnaires qui doivent donc faire avant leur prise de fonction cette déclaration de patrimoine.
 
En ce qui concerne la réforme de la fonction publique, les mécanismes longs et compliqués ont été évoqués tout à l'heure.
Intervention de M. Jacques SYLLA Intervention de M. Jacques SYLLA
Par rapport à la croissance économique, je voudrais rappeler le taux de croissance en 2003 qui est de 9,6 %. Mais il faut savoir que nous venons de loin, de très loin. Le taux d'inflation a été de 1% au mois d'octobre 2003.
 
Les travaux d'infrastructure
C'est la priorité des priorités de notre DSRP. Nous avons tous de Madagascar l'image d'un pays vaste enclavé et il nous appartient de changer cela. 
 
Le Tissu Industriel
Nous avons un tissu industriel pour lequel nous avons porté un effort particulier également, notamment en ce qui concerne les zones franches. Et la nous avons eu au sortir de la crise quelques inquiétudes : les zones franches sont fragiles et doivent répondre à la demande quasiment à la semaine si ce n'est dans certains secteurs pointus au jour le jour. Il y a eu une évaporation très rapide, autour de 50% en moins après la crise.
 
Nous avons concentré beaucoup d'efforts dans ce secteur la et actuellement nous en sommes à peu près à 90 % de reconstruction du secteur de la zone franche de manière générale. Nous apportons également une attention particulière à la stabilité macro économique et du contrôle de l'inflation, en raison de la flambée des prix sur le marché pétrolier avec un baril dépassant les 40 dollars et dont on imagine les conséquences pour un jeune paysan Madagascar.
Herintsalama Rajaonarivelo - FIVMPAMABenjamin RADAVIDSON
Dans le domaine de l'enseignement primaire, sur lequel nous pourtant également une attention particulière, nous avons pris en charge les frais d’inscription au niveau de l'enseignement primaire. Et cela autant dans le public que dans le privé.
 
Nous avons également pris en charge lors de la rentrée 2003 ce que l'on appelle les kits scolaires c'est-à-dire des cartables avec des tous ce qu'il faut à l'intérieur comme fournitures scolaires pour les élèves du primaire. Et cela pour un montant total de 6 millions de dollars. Nous avons également pris en charge ce que l'on appelle les Centres de santé de base , permettant l'accès aux médicaments aux populations les plus fragiles : les principaux vaccins y sont gratuits.
 
Nous poursuivrons également les mesures de libéralisation : libre circulation des capitaux et transferts courants, simplification des procédures niveau de la zone franche : les partenaires de la zone franche nous ont demandé d'appliquer trois mesures, et nous les avons appliqué.
 
En ce qui concerne la libéralisation sur le marché, trois secteurs sont principalement impliqués : le coton, la JIRAMA, et la SIRAMA
En ce qui concerne les mesures concernant le secteur privé, un effort a été également porté sur la garantie des investissements ainsi que l'accès des investisseurs à la propriété foncière. La propriété foncière est à Madagascar un question taboue, sacrée et c'est d’ailleurs le cas dans tous les pays dont le développement en est encore au niveau agraire : 80 % de la population un Madagascar se trouve en milieu rural. La Terre, c'est d'abord la Terre des ancêtres. Il ne nous appartient pas. Il a fallu le courage du Président de la République pour prendre cette décision, et nous l'avons mis en vigueur, avec effectivement un certain contexte que nous souhaitons voir s'assouplir. L'important était de franchir le Rubicon, de prendre cette décision pour que les esprits commencent à se défaire d'une certaine approche dans ce domaine. Nous espérons, dans les années à venir, mettre en place un système encore plus souple dans ce domaine. En tout cas le pas est franchi. Et il a fallu un sacré courage politique pour le faire.
 
Nous portons également une attention particulière au partenariat public/privé. Alors là aussi, c'est la marque de la volonté de changer les choses et de les faire bouger. Pour vous, cela peut paraître normal mais n'oublions pas nous sortons d'un régime qui depuis un quart de siècle a fait exactement le contraire c'est-à-dire nationalisé à outrance. Ils ont commencé à le faire, mais très tardivement et en traînant des pieds. C'est-à-dire contraint et forcé et quand on est contraint et forcé sur certaines choses, et bien malheureusement on les fait mal. Et nous avons hérité de cette situation.

Herintsalama RAJAONARIVELO, Président du FIVMPAMA ( Groupement des Entrepreneurs Nationaux Malgaches)

Au centre, SEM Jean Pierre RAZAFY ANDRIAMIHAINGO, Ambassadeur de la République de Madagascar à PARIS.
Il y a eu aussi la mesure détaxation de certains produits à l'importation, des biens d'équipements avec beaucoup d'effets positifs et quelques interrogations.
 
Et enfin cette ouverture, d'abord régionale, au niveau de la Commission de l'Océan Indien et cette étape que nous allons franchir : l’adhésion à la SADEC prochainement.
 
Vous constatez la place privilégiée que nous voulons accorder au secteur privé que nous considérons comme le moteur de la croissance à Madagascar.
 
Place des entreprises françaises Madagascar
Les chiffres ont été avancés tout à l'heure je voudrais simplement dire que la France, en tant que pays, à une place privilégiée à Madagascar. Premier client, premier fournisseur, une importante couverture bancaire, la même démarche de pensée au niveau des décideurs. Ce sont des atouts, mais nous avons l'impression que ces atouts ne sont pas exploités à fond même si cela commence à en prendre le chemin avec par exemple les accords de protection des investissements, signés à la Réunion en juillet 2003.
Avantages de Madagascar
Des ressources physiques immenses : Madagascar et le pays des potentialités. Et l'on aimerait convertir ces potentialités en réalités d'où l'importance du programme d'infrastructure. J'aimerais vous citer un extrait du communiqué final de la dernière Réunion des amis de Madagascar, à Paris, en octobre dernier : « La construction et la réhabilitation des entretiens routiers constitue un élément central de la lutte contre la pauvreté à Madagascar. En facilitant ses producteurs locaux sur le marché, le programme de réhabilitation routière permettra de réduire fortement la pauvreté rurale (80 % de pauvres). Le programme du gouvernement vise à la construction de 14 000 kilomètres de routes ainsi que la réhabilitation de 15 000 km. Le coût de ces programmes avoisine un milliard de dollars et son financement est assuré par le gouvernement, union européenne, la banque mondiale, la banque africaine de développement la banque a pour le développement économique en Afrique, l'agence Française pour le développement, du Japon, de la Chine ainsi que d'autres partenaires bilatéraux. »
Madagascar est intégré au programme de l’AGOA, avec des relations particulières avec les États-Unis d'Amérique. Nous sommes considérés à l'ONU comme pays pilote en matière d'investissements industriels et nos efforts en matière de partenariats public/privé ont été loués par Kofi Annan, et nous avons été déclaré tout récemment éligibles à une procédure que vient de mettre en place nos amis américains qui est le Compte du Millénaire . Seize pays au monde en bénéficient et Madagascar depuis la semaine dernière en fait partie. Nous avons donc une ouverture régionale, COMESA et SADEC et  un Président de la République et un gouvernement très favorable à l'entrepreneuriat. Nous avons des ressources humaines de qualité et pourtant de coût modeste et nous avons la volonté et la capacité d'entreprendre comme l'expliquait tout à l'heure M. Dijon, avec cette nouvelle classe d'entrepreneurs.
 
En conclusion je voudrais dire que Madagascar est une terre d'accueil, il fait bon y vivre, avec une hospitalité dont ceux qui y travaillent pourront en témoigner : une qualité de vie qui n'existe pas ailleurs. Des kilomètres et des kilomètres de plages merveilleuses où l'on peut se promener sans être dérangé. Nous n'avons pas le désagrément de bêtes sauvages : il fait bon y vivre et nous sommes actuellement en train de préparer avec le Président de la République le contexte le plus favorable possible aux investissements et nous espérons que vous y répondrez le plus nombreux possible.
 
Mesdames et Messieurs je vous remercie de votre très aimable attention.




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