Publié le 28/09/2007 19:22 par elman
ONU/NEW
YORK
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L'approche Malgache : le Fokontany
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs, les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Chacun de nous sait que nous avons un besoin pressant d’une
mondialisation de la responsabilité. Chacun de nous sait que
cette responsabilité requiert plus d’action que
de bonne volonté. Chacun de nous sait que la
mondialisation de la responsabilité requiert la mise en
œuvre de mesures adéquates pour atteindre les
objectifs. Chaque année, à cette tribune des
Nations Unies, on répète ces objectifs et les
mesures à prendre. Mais les actions sont encore faibles.
Après avoir participé cinq fois à
cette Assemblée Générale des Nations
Unies, je dois vous dire franchement que deux choses me
préoccupent :
Premièrement, je suis préoccupé, car
les intérêts nationaux sont
placés au dessus des urgences qui nous concernent tous.
Cependant, ces urgences sont étroitement liées
à des intérêts communs. Il est dans
notre intérêt à tous
d’œuvrer ensemble pour trouver des solutions
durables.
Deuxièmement, je suis préoccupé, car
souvent on manque de sérieux. On fait beaucoup de promesses,
mais on ne fait pas ce qu’on a promis.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à
deux défis, qui entraîneront des catastrophes si
nous ne les prenons pas au sérieux, et si nous
n’agissons pas rapidement. Ces défis doivent
être la priorité des priorités.
Le premier concerne les changements climatiques. Le second est le
développement de l’Afrique.
Imaginez ce qui arriverait à toutes les nations et
à tous les peuples que vous représentez, si la
situation se dégradait davantage.
Tous nos efforts seraient réduits à
néant par des tremblements de terre et autres
désastres écologiques et sociaux. Les changements
climatiques créent et aggravent les conflits. Les
réfugiés, victimes du climat, seront des
réfugiés, victimes des conflits et de la
pauvreté.
Nous devons agir aujourd’hui pour préserver notre
planète, avant qu’il ne soit trop tard.
Imaginez au contraire ce qui arrivera si la situation
s’améliore. Les nations et les investisseurs
seront plus confiants. Si le monde retrouvait son équilibre
écologique, et si le monde était sans
pauvreté, cela aurait un impact considérable sur
les conflits politiques et sociaux.
Les deux défis sont étroitement liés.
L’Afrique aura un impact positif ou négatif, avec
des répercussions énormes sur le climat mondial,
suivant nos décisions et nos actions. Et le climat mondial
aura un impact positif ou négatif, avec des
répercussions énormes sur le
développement de l’Afrique, suivant nos
décisions et nos actions.
L’Afrique produit seulement 1% de
l’énergie solaire mondiale. En Afrique, les
possibilités pour les énergies nouvelles, et pour
la réduction de CO2 sont énormes.
Madagascar pourrait subvenir à ses besoins
énergétiques en développant
l’hydro énergie. Et la moitié de
Madagascar pourrait être reboisée. Notre
île, qu’on appelle l’Ile Rouge, pourrait
redevenir l’Ile Verte qu’elle était
avant.
Il y a un lien entre la qualité de l’environnement
et la pauvreté. Les feux de brousse résultent de
la pauvreté. Et la destruction des ressources naturelles
augmente la pauvreté.
Il faut rapidement sortir de ce cercle vicieux.
L’augmentation de l’aide internationale limitera
l’exploitation des ressources naturelles par les paysans
pauvres.
A Madagascar, nous sommes depuis quelques années, en train
d’adapter notre développement aux
impératifs de la « durabilité
».
Nous avons défini notre Vision : « Madagascar,
naturellement ! ». Cela signifie que nos ressources
naturelles constituent notre richesse. Nous cherchons à les
préserver et à les valoriser, en les utilisant
d’une manière responsable.
Nous recherchons activement des investisseurs internationaux, mais nous
croyons qu’à la longue cela ne servira
à rien, si nous n’avons pas
d’investisseurs nationaux. Nous pouvons créer
– avec succès – de la valeur
ajoutée en transformant nos produits naturels.
Nous sommes convaincus que la croissance économique par la
base est la clef du succès. Le message le plus important que
j’ai communiqué au peuple malgache, au
début de mon second mandant, était la
nécessité de la décentralisation, au
niveau des « Fokontany ».
A l’origine, le « Fokontany
» était le village traditionnel malgache. Nous
cherchons à rétablir
l’équilibre entre l’homme et la nature.
C’est une approche différente. C’est une
approche malgache, qui donne confiance au peuple pour qu’il
prenne son avenir en main. Ce n’est pas le programme des
bailleurs de fonds, mais c’est un programme qui vise
à renforcer le partenariat avec la communauté
internationale.
Tout cela est décrit en détail dans le MAP, le
Plan d’Action pour Madagascar, ou le Madagascar Action Plan.
Lisez-le et vous verrez que nous sommes en train d’apporter
notre contribution pour répondre aux défis
mentionnés. Nous nous engageons à
préserver et à chérir notre
environnement, à réparer les ravages
infligés à la nature dans le passé, et
à réduire les changements climatiques.
Dans le MAP nous avons fixé des objectifs très
ambitieux. Nous faisons ce que nous pouvons, avec nos ressources
limitées.
Nous pourrions encore faire beaucoup plus si la communauté
internationale nous assistait davantage.
Nous sommes reconnaissants envers les bailleurs de fonds qui ont
augmenté leur aide financière. Mais, dans
l’ensemble, leurs efforts ne sont pas encore à la
hauteur de nos attentes, surtout si nous voulons atteindre les
Objectifs du Millénaire. Ils sont encore loin de la promesse
de doubler l’aide pour l’Afrique. Ils sont encore
loin d’honorer les nombreuses promesses faites à
la Tribune des Nations Unies. Ils sont loin de répondre aux
défis globaux. L’approche internationale pour
résoudre les problèmes de l’Afrique
manque encore de sérieux.
Pour beaucoup de membres de la communauté internationale,
l’aide à l’Afrique n’est pas
encore un « success story ». En
moyenne, les résultats sont faibles. Mais
l’Afrique est un continent qui avance. Pas partout, mais dans
un nombre croissant de pays. Autrefois, Madagascar était
parmi les pays les moins performants. Aujourd’hui, nous
sommes un pays performant.
Notre économie a bénéficié
d’une croissance continue. De l’ordre de 5 % il y a
cinq ans, elle a atteint 6 % au cours des dernières
années, et 7 % en 2007. Le taux de pauvreté a
diminué. De 80 % en 2002, il est tombé
à 67 % l’année dernière.
Mesdames et Messieurs,
L’aide en faveur de l’Afrique est toujours aussi
faible. L’Afrique peut en absorber davantage, et tous les
pays en profiteraient. L’extension de l’Union
Européenne est un bon exemple des engagements forts, et des
grands bénéfices pour de nombreux pays.
Je suis sûr que l’Afrique pourrait avancer plus
vite si la communauté internationale et les pays Africains
créaient un nouvel accord.
Un accord pour un Plan Marshall pour l’Afrique, que
j’ai déjà proposé au cours
des années précédentes. Et je
réitère ma proposition : nous avons besoin
d’un Plan Marshall pour l’Afrique.
Un élément crucial de ce plan pourrait
être un nouveau partenariat. Je vous propose un partenariat
écologique entre les pays industrialisés et
l’Afrique.
Le point fort de ce partenariat serait la recherche de solutions aux
problèmes climatiques, grâce à un
programme d’investissements. D’autres sujets
importants seraient la protection de la nature et la
préservation de notre biodiversité.
Je suis convaincu qu’à l’avenir
l’Afrique pourrait être le fournisseur
d’énergies propres, de plantes
médicinales et industrielles, ainsi que d’autres
produits naturels dont le monde a de plus en plus besoin.
Nous pensons qu’une politique durable qui met
l’accent sur la protection et la valorisation des ressources
naturelles devrait être au cœur de nos
préoccupations. C’est notre obligation envers le
monde. Mais une telle politique est aussi dans notre propre
intérêt.
A Madagascar, chaque année les cyclones
détruisent une grande partie de nos récoltes. Ils
détruisent les maisons. Ils tuent les hommes.
L’augmentation du nombre et de la force des cyclones
entraverait tout le processus de développement. Une
augmentation de la température réduirait les
récoltes, réduirait notre unique
biodiversité, et entraînerait une
prolifération d’insectes et des maladies.
Partout en Afrique, nous voyons déjà les
conséquences des changements climatiques.
Sécheresses et inondations sont la cause de migrations et de
graves conflits. Une aggravation des changements climatiques apportera
non seulement des flux d’eaux dévastateurs sur
tous les continents, mais aussi des flux migratoires, et des vagues de
conflits sociaux.
Mesdames et Messieurs,
En somme, le monde a besoin de l’Afrique pour
résoudre les problèmes climatiques. Et
l’Afrique a besoin d’une stabilisation du climat
pour un développement durable.
La réalisation de cette mondialisation de
responsabilité exige des leaders
dévoués. Nous avons besoin de leaders capables de
mobiliser les gens et d’obtenir des résultats
– des résultats rapides, des résultats
significatifs.
Je voudrais à présent féliciter le
nouveau Secrétaire Général, BAN
KI-MOON. Je vous souhaite un grand succès dans
l’accomplissement de votre noble tâche.
L’Afrique compte sur le leadership dynamique des Nations
Unies. Les Nations Unies sont notre espoir. Que votre leadership nous
aide à obtenir les résultats qui apporteront la
paix et la prospérité à
l’Afrique, et au monde !
Je vous remercie.
elman - Tous droits réservés - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com - Madagascar , Septembre 2007
#1 écrit par Invité le 03/10/2007 15:08Un pays soi-disant francophone doit parler et faire son allocution en franc sais! C'est aussi scandaleux de feliciter le nouveau SG Bank Ki Moon en tout dernier lieu ! Sa izany ny fomba Malagasy? Rehefa avy mamangy vao miarahaba ? Quel est le role du MAE et de l'Ambassador dans tout sa eee?
#2 écrit par Invité le 03/10/2007 15:11F'angaha moa tsy t@ teny frantsay ny nanaovany an'io e? Mba nampiana t@ teny US fotsiny le izy ampisehoana fa mhavitazy ny antsika - mahay miangaly tsara ny teny anglisy ihany koa!
#3 écrit par Invité le 03/10/2007 15:11Un pays soi-disant francophone doit parler et faire son allocution en franc sais! C'est aussi scandaleux de feliciter le nouveau SG Bank Ki Moon en tout dernier lieu ! Sa izany ny fomba Malagasy? Rehefa avy mamangy vao miarahaba ? Quel est le role du MAE et de l'Ambassador dans tout sa eee?
#4 écrit par Invité le 05/10/2007 13:16il faut lire en haut !! c'est en français ?! non ?
#5 écrit par Invité le 08/10/2007 03:22ce speech est vraiment une honte! ca manque de profondeur! si ceci represente la capacite de ce pays a nous autre, la nation s'enfoncera dans la merde davantage. un speech sans poids ni envergure! tel que, le pays n'est pas du tout a la hauteur de s'afficher sur la scene international. si tel est l'approche de trouver de l'assistance a financer les projets en consideration, les institutions bretton woods seront plus que ravis de se faire de la richesse et d'endetter le pays davantage! Bravo!