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La fibre optique
et le backbone national
.... le point avec Telma et la Banque mondiale
Au cours de la journée professionnelle du salon Ebit X "Convergence", Madanight a pu assister à une conférence tenue par Mr. Eugène Beckers (DG de Telma remplacé depuis peu par Mr. Ron Allard) et Mme. Neto (représentante de la Banque Mondiale). Mr. Gil Razafintsalama du GOTICOM assurant la modération (ndlr: aucun interlocuteur n'a été verrouillé ). L'occasion de poser les "bonnes questions".
La fibre magique
En effet, nous en avons profité pour poser les questions qui hantent la plus la plupart des acteurs et spectateurs TIC de Madagascar et d'ailleurs : "à quand la fibre optique ? à quand le backbone ?" et surtout pour la plus grande joie de notre collègue Niry Jules Ratsifa de Sobika.com qui avait suggéré cette option dans L'Express de Madagascar : "pourquoi ne pas avoir privilégié un raccord via l'île de la Réunion, à défaut via l'île Maurice ?". La réponse du berger à la bergère ne s'est pas faite attendre.
Selon Mr. Beckers cette option ne serait pas économiquement viable, en effet, il faudrait débourser 30 millions USD pour installer le câble à la Réunion et encore plus vers Maurice. De plus, le consortium gérant le câble SAFE fonctionne comme un "club monopolistique " qui fait payer très cher le ticket d'entrée : en plus d'un abonnement annuel de 1 millions USD, il apparaitrait que la facturation proposée à Telma pour la communication n'est que 5% moins chère par rapport à la communication par satellite.
En résumé, ce n'est pas du côté de Telma que les choses bloquent, mais bien en face où, en quelque sorte, on a "snobé" Telma et Madagascar. Peut-on y voir une rancune de France Telecom (actionnaire majoritaire de Mauritius Telecom) qui n'aurait toujours pas digéré le fait qu'elle n'ai pu s'"emparer" de Telecom Malagasy ? La question fera sourire les uns et grincer des dents les autres...
Retournement de situation
Toutefois avec l'avancée notable du projet EASSY
prévu désormais pour mi-2008 et la saturation de sa bande passante, l'île Maurice auparavant récalcitrante à l'entrée de Madagascar dans le SAFE semble interessée par une connexion à l'EASSY pour réaliser un "backup" (une double connexion redondante) et ainsi se débarasser de ses connexions satellitaires trop onéreuses. Elle aurait entamé des négociations en ce sens. Telma pourrait en contrepartie bénéficier de meilleurs tarifs et faire de même en se débarrassant aussi de ses connexions satellites.
Néanmoins le DG de Telma a souligné "qu'il serait hors de question de tirer le câble jusqu'à Maurice" : les mauriciens et éventuellement les réunionnais se connecteraient à l'EASSY via Madagascar (Toamasina), plus précisement par son backbone national attendu pour 2007 et qui sera connecté à l'EASSY depuis Toliara. Autrement dit, les 30 millions USD seront à la charge de la partie mauricienne.
Cette nouvelle option est géopolitiquement plus avantageuse pour Madagascar, elle se retrouve en situation d'équilibre, voire de force puisqu'elle disposerait du pouvoir de couper la connexion au monde des îles voisines si le SAFE faisait défaut. L'autre option (une simple connexion au SAFE via la Réunion) aurait permis à la France d'espionner, dégrader ou couper la connexion de Madagascar à loisir.
Une autre vision pour le câble
La principale avancée dans le projet EASSY est la participation de la Banque Mondiale à travers le RCIP (Regional Communications Infrastructure Program/Programme d'Infrastructure Régionale de Communication). Cette dernière devrait assurer le financement du projet en cas de désistement d'un des 30 opérateurs du consortium. Les travaux ne devraient donc pas être en théorie interrompus.
Forte
de son expérience dans le câble SAT-3, la Banque Mondiale a tenu a ne pas réitérer la démarche "club monopolistique" et privilégie l'approche "honest broker" (grossiste honnête), le consortium devrait ainsi vendre l'accès à un prix abordable. En effet, on a observé que malgré l'installation du câble, les internautes des pays connectés au SAT-3 n'ont pas vu le prix de leur connexion vraiment baisser... En outre, on a appris qu'une plateforme pour que les petits opérateurs puissent participer au projet (le SPV) avait été créée.
Le projet Eassy et le Backbone national semblent donc être en bonne voie et devraient contribuer au développement économique de l'île continent. Une chose en entraînant une autre, une double connexion au SAFE pourrait aussi se réaliser...et à moindre frais.
Neïa -
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Madagascar , Décembre 2006
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