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Opérateurs en télécommunications
.... les grandes sociétés sur la même longueur d’onde
Le secteur des télécommunications à Madagascar a montré son visage, ou plutôt ses visages. Le tout nouveau Groupement des opérateurs de télécommunications à Madagascar (GTM) est composé par les quelques entreprises qui ont la particularité d’appartenir à des groupes internationaux et dirigées par un expatrié. Les télécommunications sont encore inaccessibles pour les opérateurs malgaches à part les petits marchés dans le domaine de l’exploitation de services TIC. Le GMT entend mettre fin à la prolifération des opérateurs informels.
 Les opérateurs en télécommunications réclament plus de considération de la part de l’Etat. Le groupement des opérateurs en télécommunications vient d’être créé avec Eugène Beckers (Telma) à la présidence, Patrice Pézat, (Orange Madagascar) à la vice-présidence, Patrick Pisal-Hamida (DTS) à la trésorerie et les assesseurs Parwez Jugoo, (Madacom) et Damien de Lamberterie (Gulfsat). Selon le GMT, « l’Etat semble s’orienter vers la libéralisation sauvage du secteur au détriment des engagements pris avec les opérateurs ». Le groupement déplore le fait que les opérateurs concernés n’aient pas été assez consultés lors de l’élaboration de la nouvelle loi N°2005-023 du 17 octobre 2005 portant refonte de la loi n°96-024 du, 27 janvier 1997 sur la réforme institutionnelle du secteur des télécommunications, qui plaide « pour une libéralisation totale du secteur et une ouverture vers la mondialisation ». Eugène Beckers, Administrateurs délégué de Telma, l’opérateur historique à Madagascar, affirme que le GMT veut « être un interlocuteur représentatif auprès des institutions nationales et internationales ». Celui qui est aussi le président du groupement a rappelé que le secteur des télécommunications fournit 13 500 emplois dont 3 500 sont des emplois directs. « Nous représentons quelque 40 millions Usd d'investissements annuels » annonce Eugène Beckers. Le GTM, souhaite alors s’impliquer davantage dans la définition de la politique de développement du secteur des télécommunications. Les membres sont unanimes sur la nécessité d’instaurer une concurrence loyale, malgré les stratégies commerciales de plus en plus agressives, pour le bien des usagers. Bref, le groupement semble écarter toute possibilité d’entente dans le domaine commercial.
Dans l’esprit de la nouvelle loi, « toutes les technologies nouvellement introduites ne doivent plus se restreindre à des objets de luxe mais permettre au plus grand nombre d’accéder à de nouveaux outils de moins en moins coûteux ou partagés de façon à intégrer progressivement tous les concitoyens vers le chemin de la connaissance, du savoir et des échanges… » Il y aurait trop de liberté accordée par l’Etat à ces petits opérateurs, malgaches dans presque la totalité des cas, dans l’exploitation des services de télécommunications. Les membres du GTM alerte les autorités sur le danger que traverse un secteur assailli par un nombre croissant d’opérateurs informels. Les malgaches ont en effet envahi le secteur en réponse à une demande qui a été jusque là ignorée par les offres des opérateurs formels. Les publiphones de proximité ont été les premiers à venir concurrencer l’opérateur historique de téléphonie fixe. Une épicerie propose par exemple un service de réception et d’émission d’appel. Les fameux taxiphones ou points d’appel de téléphonie mobile ont par la suite connu un essor extraordinaire avant que son élan soit freiné à cause de la concurrence déloyale dénoncée par Telma. Cette dernière a lancé par la suite une structure officielle qui propose les mêmes services jadis exploités dans le secteur informel. L’initiative n’a pas eu d’échos favorable chez les usagers malgaches qui sont habitués à utiliser des services de proximité et bon marché, que celui-ci soit légal ou non. Cette exploitation des télécommunications de manière informelle touche des domaines plus pointus en matière de technologie. Des apprentis fournisseurs d’accès Internet arrivent à opérer avec les moyens du bord et cela dans l’illégalité.
 Difficile de ne pas donner raison aux opérateurs des télécommunications dans leur lutte contre le secteur informel. Le phénomène est généralisé à Madagascar mais il existe une certaine tolérance afin que le plus grand nombre puisse bénéficier du progrès. Les opérateurs officiels n’y sont pas complètement perdants car l’informel permet de vulgariser les usages des TIC. C’est juste le passage dans le secteur formel, sans oublier la régularisation, qui est une période délicate. Les usagers ont été habitués à utiliser le service, ils continueront à le faire même s’il doit payer un peu plus cher. Aujourd’hui, l’on peut dire que l’usage des TIC est entré dans les mœurs des malgaches. Le moment est donc propice à la suppression progressive du secteur informel. Le marché reste important et les potentialités énormes. Avec une centaine de milliers d’internautes et un eu plus d’un demi million d’utilisateurs de téléphone mobile, il y a encore de la marge si l’on considère que près de 3,5 millions de malgaches ont un niveau de vie qui pourrait leur permettre d’avoir accès aux services TIC. Le prix demeure le principal facteur de blocage dans le secteur des télécommunications. Il est conditionné par le coût très élevé de l’exploitation de la transmission par satellite. La future installation du réseau en fibre optique, qui sera effective en 2007 à moins qu’un nouveau report n’ait lieu, devra diminuer les prix de manière significative. La démocratisation ne sera pas immédiate puisque l’économie d’échelle mettra du temps à s’instaurer. On prévoit une baisse des prix de l’ordre de 40%. En attendant, les clients grands comptes malgaches devront payer l’ADSL à 1 Méga à plus de 2 000 euros par mois alors qu’en France, la même marque dispose des offres à 30 euros avec un débit pouvant aller jusqu’à 8 Méga. Que la mondialisation est injuste.
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Madagascar, Novembre 2005
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