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Salon Ebit 9
.... Madagascar à l'entrée du virage numérique
En matière de TIC à Madagascar, de quoi demain sera-t-il fait ? La réponse dépend moins en moins de l'Etat et relève du secteur privé. L'opérateur historique de téléphonie fixe est aujourd'hui devenu le leader du développement des TIC à Madagascar. Telma (Telecom Malagasy) semble bien parti pour le challenge de la mise en place d'infrastructures de télécommunication modernes dans la Grande Ile en contrepartie d'un monopole garanti jusqu'en 2008. Les différents fournisseurs de services TIC liés à Internet ou non se préparent quant à eux au tournant 2007 qui marque la connexion de Madagascar au reste du monde via un réseau en fibre optique.
" Nous devons faire preuve de plus de créativité en matière de TIC ". Le ministre des Télécommunications, des Postes et de la Communication veut rapprocher la technologie avec la vision " Madagascar naturellement " en se servant des services comme intermédiaires. Selon Bruno Andriantavison, " il faut diffuser les TIC pour faciliter l'accès à l'information " mais aussi dans le but de promouvoir la connaissance et l'éducation. Le ministère s'atèle à mettre en place une réglementation conforme au contexte actuel et propice au développement du secteur. Le problème de la législation constitue par exemple le blocage majeur dans la mise en place de l'e-banking et de l'e-commerce à Madagascar. Certains établissements bancaires, à l'instar du BFV-SG offrent à leurs clients la possibilité de faire des transactions " non risquées ".
Bruno Andriantavison mise beaucoup sur le déploiement des infrastructures à accès haut débit par Telma pour le filaire et le VSAT. Il se montre optimiste face au constat de la performance des entreprises TIC. " Nous comptons encore plus sur le dynamisme du secteur privé ", devait-il déclarer. Son collègue, le ministre de l'Industrialisation, du Commerce et du Développement du Secteur Privé, a encouragé les opérateurs dans le secteurs TIC à aller à la conquête du monde. " Nous avons des connaissances, nous avons des aptitudes, nous allons créer les services de demain ", affirme avec enthousiasme Olivier Andrianarison.
Quels sont les services liés aux TIC qui seront développés à Madagascar ? Déjà, Telma, l'épine dorsale du développement du secteur qui s'occupe du déploiement des infrastructures entend poser des balises. Selon l'Administrateur de Telma, Eugène Beckers, "il faut regarder vraiment le besoin de l'environnement ". L'opérateur va implanter un réseau de fibre optique avec des câbles longs de 2000 km qui couvrent 83% des trafics générés dans la grande Ile. C'est dire que les liaisons satellitaires survivront au câble. Pour couvrir les 17% de trafics qui ne transitent pas via le backbone, il faudra installer dix fois plus de capable. " Ce qui n'a pas de sens économiquement " souligne Eugène Beckers.
En attendant 2007 date à laquelle le haut débit sera démocratisé, Madagascar s'avère plus compétitif que des pays qui se sont lancés dans des services comme le centre d'appel. Si le coût de communication est plus élevé, l'équipement et la main d'œuvre sont beaucoup moins chers. Dans le secteur TIC, la qualité de la main d'œuvre malgache ne fait pas défaut. La situation risque toutefois de se détériorer face à la pression de la demande. Quelque 250 ingénieurs sortent chaque année des écoles et instituts de formation malgaches. Or, jusqu'en 2015, les acteurs du secteur prévoient un besoin annuel de 2000 nouveaux techniciens et ingénieurs. Le Groupement des opérateurs en TIC (GOTICOM) projette d'appuyer les programmes de formation pour pallier au manque d'ingénieur. Des grandes multinationales de l'informatique ( Oracle, IBM, Microsoft…), des universités nationales et étrangères (Inde, Canada…) seront sollicitées. Vu son immense surface, Madagascar ne sera jamais une " silicone island " et se contentera d'être un vaste pôle intégré de croissance grâce aux TIC.
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Madagascar, Octobre 2005
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