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Métiers dans les TIC à Mada
.... « on cherche des compétences particulières »
Un salon de l’emploi et de la formation a été organisé par l’Association Ny Hoavintsika, les 20 et 21 mai, au Madagascar Hilton. Madanight s’est intéressé à un stand en particulier pour la simple raison que celui-ci proposait à la fois des offres de formations et des offres d’emplois aux visiteurs. La jeune entreprise Global Vision.Com a de l’ambition dans le domaine des TIC mais reste consciente des problèmes en matière de gestion des compétences. Entretien avec Tanteliniaina Andriamamonjisoa, un jeune Chef de département Web.
Présentez-nous Global Vision.Com
Tanteliniaina Andriamamonjisoa : Global vision est une société qui a l’ambition de devenir le chef de file en matière de technologie de la communication et de l’information. Elle a un centre de formation, une agence web, un revendeur de matériel informatique et un centre d’affaires. L’idée est de mettre différents services liés aux TIC à la disposition du client.
 Quelle est la raison de votre participation à ce salon ?
T.A : On a participé au salon de l’emploi et de la formation pour une principale raison : nous faire connaître. Global Vision est en effet une jeune société qui a été créée en septembre 2004. On est encore en train de recruter notre équipe. Pour ce salon, on cible surtout les étudiants vu que nous avons un centre de formation. Ce qui nous diffère des autres centres de formation est que nous privilégions le cycle court. Nous formons par exemple des gens afin de les préparer à passer des examens de certification Microsoft ou proposons des formations ciblées qui durent 30 jours.
Est-ce que la fameuse adéquation emploi-formation existe dans le secteur des TIC ?
T.A : Je pense que non. Par exemple, on veut recruter un graphiste 3D. On ne sait pas où l’on peut trouver une école qui forme des graphistes spécialisés en images de synthèse. C’est difficile. Nos techniciens ne sont pas diplômés d’un centre spécialisé mais ils ont les compétences requises dans leur domaine.
Les métiers dans les TIC attirent les jeunes, comment est l’offre par rapport à la demande à Mada?
T.A : Il y a beaucoup de débouchés dans les métiers du TIC. Le problème avec les jeunes malgaches c’est qu’ils ne trouvent pas leur voie dès le départ. Ils suivent une formation qui ne correspond pas au domaine dans lequel ils sont doués. Ils s’aperçoivent toujours de leur erreur mais trop tard. Par exemple, moi j’ai fait trois ans de droit avant de m’apercevoir que je suis fait pour être graphiste. Il y a eu effectivement une perte de temps et d’argent. Ce n’est pas toujours facile pour les jeunes de déterminer le métier pour lequel ils sont faits. Or, l’emploi dans le domaine des TIC est encore loin d’être saturé. On cherche des compétences particulières mais ils manquent encore de spécialistes ou c’est la formation qui est tout simplement inexistante.
 Est-ce qu’il y a une surenchère de salaire dans les TIC ?
T.A : Bien sûr, j’en connais pas mal dans mon entourage qui en ont bénéficié. Par exemple, une personne certifiée pour un produit microsoft et qui n’a pas de concurrence pour dispenser une formation vaut vraiment cher. De même pour les experts dans l’exploitation d’un logiciel spécialisé.
Quels sont les métiers qui ont la cote auprès des jeunes et qui font l’objet d’offres ?
T.A : Les métiers qui attirent les jeunes sont dans le multimédia, c’est-à-dire le graphisme, le développement web, le montage vidéo… Les offres ne manquent pas. Le premier métier dans les TIC est sans conteste l’opérateur de saisie car c’est le minimum que les gens croient pouvoir maîtriser très vite. Ils sont nombreux à postuler. Sinon, le métier de développeur a toujours fait l’objet de convoitise. On privilégie plutôt ceux qui maîtrisent plusieurs langages de programmation.
Est-ce qu’il est nécessaire de rapatrier les jeunes malgaches qui ont fait des études en TIC à l’étranger ?
T.A : C’est plus que nécessaire. Il ne faut pas se contenter de ceux qui ont été formés à l’étranger. Tous ceux qui ont la compétence doivent s’unir pour essayer de monter quelque chose, un grand projet. Il faut dire que les spécialistes qu’ils aient été formés à l’étranger ou à Mada ne sont pas très chauds pour partager leur compétence ou collaborer dans le cadre d’un projet collectif et encadrer les jeunes. Chacun veut garder son savoir et son savoir-faire pour lui. C’est un peu dommage.
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Madagascar, Juin 2005
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