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La technique
du cablage sous-marin / Fibres optique Atlantis, SAFE
et SAT 3
Depuis
1994, France Télécom
a développé une nouvelle stratégie sur la
pose des cables maritimes, a base de fibres optiques. Plutôt que construire un
câble dédié à l’Afrique, coûteux et sans commune mesure avec
les besoins des télécommunications africaines, les équipes de France Câbles &
Radio ont suscité des collaborations tous azimuts pour construire un gigantesque
puzzle de câbles sous marins encerclant l’Afrique mais
non dédiés à desservir uniquement ce seul continent : c'est
tout d'abord le câble SEA-ME-WE 3, près de 40
000 kilomètres reliant l’Europe du Nord à l’Australasie, longeant et touchant
l’Afrique en Méditerranée et en Mer Rouge entre les détroits de Gibraltar et
de Bab-el-Mandeb, puis Atlantis 2 : 12 000 kilomètres entre
l’Europe du Sud et |
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l’Amérique du Sud et
touchant l’Afrique de l’Ouest (Sénégal et
Cap Vert),
SAFE : 18 000 kilomètres entre la
Malaisie, l’île Maurice, l'île de La Réunion et l’Afrique du Sud et
enfin SAT 3 : 16 000 kilomètres reliant l’Afrique du Sud et la
plupart des pays de la côte occidentale d’Afrique à l’Europe
du Sud.
Un réseau total de plus de 80 000 kilomètres
qui constitue une gigantesque boucle autour de l’Afrique mais
qui, au final, dessert cinq continents. |
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Le projet
SAFE
Le câble SAFE est
un câble sous marin optique dont le positionnement a été imaginé en
Juin 1996 par Telkom South Africa et la Malaisie. Il est maintenant opérationnel depuis
le 4 Juin 2002 et fait partie intégrante de l’ensemble SAT3/WASC/SAFE né de la
fusion en 1998 du projet SAFE (South African and Far
east) et SAT3/WASC (South Africa
Telecommunications -West African Submarine Cable). L’accord final de
maintenance et de production du consortium a été signé à Prétoria le
17 Juin 1999. La longueur totale de l’ensemble est de 28 000 km pour
un coût total de 639 Millions de US Dollars. Il a été construit par
Alcatel Câble pour la partie SAT-3/WASC et Tycom Submarine Cable
System pour la partie SAFE.
La capacité sur le segment
SAFE est de 10 Gbps initialement pouvant évoluer vers 130 Gbps et de
20 Gbps initialement pouvant évoluer vers 120 Gbps pour le
SAT-3/WASC.
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Le Sénégal, une nation branchée... |
Depuis le 22 mai 2001, le Sénégal est relié à l'Europe par
fibre optique. Le câble sous-marin qui relie le Portugal à
l'Afrique du Sud a été connecté au réseau de la Société
Noationale des Télécoms du Sénégal (Sonatel). Installé par la
firme française Alcatel, ce câble sera ensuite relié aux
réseaux de télécommunication gabonais, béninois, ivoirien,
camerounais, angolais, réunionais et sud-africain. Une
quarantaine d'opérateurs privés participent à ce projet, d'un
coût global de 600 millions de dollars, (près de 700 millions
d'euros) qui devrait dans un second temps relier l'Asie. Ce
réseau sous-marin portera la capacité du système à 120
gigabits/seconde, soit 1,5 millions de communications
simultanées. |
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Le câble est constitué de 4
paires de fibres en technologies d’amplification optique et DWDM
(multiplexage en longueur d’ondes de différentes couleurs de laser
sur une même fibre). La portion SAFE du câble
relie l’Inde à L’Afrique du sud en passant par l’Ile de la Réunion
et Maurice. Le SAFE s’inscrit dans l’ensemble plus vaste
SAT-3/WASC/SAFE qui permet d’assurer une connectivité mondiale via
l’Europe et les câbles transatlantiques SAT-3/WASC/SAFE en détail
sur http://www.safe-sat3.co.za/ (en anglais) Depuis, Mauritius
Telecom (M.T.) a effectué une augmentation de la capacité dont elle
dispose sur le câble sous-marin à fibres optiques South Africa Far
East (SAFE) d’une capacité de 10 gigabits par seconde (10 Gb).
L'exploitation du câble remplace en grande partie celle des liaisons
satellitaires qui assuraient auparavant à elles seules la connexion
entre Maurice et le reste du monde. |
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La saga SAFE dans
l'Océan Indien
Madagascar n’a pas perdu tout espoir de se
raccorder au câble SAFE à partir de la Réunion. Cette connexion,
déjà envisagée avant la crise politico-économique traversée par la
Grande Ile en 2002, redevient aujourd’hui d’actualité. Mais le
scénario est un peu compliqué. Le coût est colossal (33 millions de
dollars) et nécessitera au minimum dix mois de travaux. |

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Selon la Mission économique
française à Tananarive, qui dépend directement de l’ambassade, la
Banque africaine de développement est disposée à en financer le
tiers à condition qu’un opérateur historique malgache du secteur des
télécoms participe au capital de Fermatel. Cette société,
appartenant à hauteur de 65% au groupe français Iliad, vient de se
voir attribuer par l’Omert (Office malagasy d'études et de
régulation des télécommunications) la prolongation jusqu’en juillet
2003 de la licence qu’elle détenait sur les transmissions de données
par fibre optique. En sus de l’argent de la Bad, pour lever les
quelque 22 millions de dollars nécessaires au projet, Fermatel doit
restructurer son capital et se transformer en société anonyme.
Toujours selon la Mission française, Iliad serait en passe de céder
95% de ses parts dans Fermatel à des investisseurs français et
étrangers, dont 25 à 30% au conseil régional de la Réunion. Ce
dernier, en outre, “garantirait les investissements des actionnaires
réunionnais de façon à favoriser leur obtention de crédits sur les
marchés”. Parmi les actionnaires réunionnais sont cités Outremer
Telecom et Groupe Bourbon, qui auraient “manifesté leur intérêt sans
avoir confirmé leur engagement” |
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Pose d'un cable sous-marin a Maurice |
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Un atout vital pour le
développement
Il restait donc à intégrer l’opérateur local,
qui devra obligatoirement posséder au moins 34% de la
nouvelle société anonyme. Telma devait logiquement être celui-là, d’autant que Fermatel
se disait prêt à céder ces 34% pour un franc symbolique.
Mais, dans l’imbroglio des télécoms malgaches, personne ne savait plus
à qui appartenait vraiment Telma, dont le processus de privatisation a
suscité la colère des salariés et fait couler beaucoup d’encre. Pour
résumer, à l’origine, en 1995, France Câble
et Radio (Fcr, filiale de France Télécom) détenait 34% et l’État malgache
66% du capital de Telma. Début 2002, la société Distacom
(aux capitaux hong-kongais) s’était vu adjuger provisoirement
les 34% de Telma mis sur le marché par
l’État, au grand dam de France Télécom (allié pour l’occasion à
Mauritius Telecom). L’opérateur français avait alors soupçonné des irrégularités et certains
observateurs estimaient que le prix payé par Distacom (12,6 millions de dollars)
était bien éloigné de la valeur réelle de son
acquisition.
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Par la suite, suivant le
cahier des charges, Distacom devait racheter les parts de Fcr à la
même valeur que celles achetées à l’État pour devenir actionnaire
majoritaire, mais la crise politico-économique de 2002 est venue
bloquer la finalisation
del’opération et le contrat de
cession définitif non validé. Dans cette configuration, le projet de
connexion par câble entre la Réunion et Madagascar — que tout le
monde s’accorde à reconnaître comme un atout vital pour le
développement de la Grande Ile — est donc restée lettre morte tant
que la situation de Telma n'était pas clairement définie par le
gouvernement. On connait maintenant ce qu'il en est advenu : Distacom a repris
TELMA pour 12,6 millions USD |
Perspectives
Le ministre malgache des
Postes et des Télécom, Haja Nirina Razafinjatovoa reconnait
que Madagascar a certes laissé filer l'opportunité de la fibre
optique au sud du pays mais que nous avons encore les possibilités
offertes par le NEPAD. Bien que les études techniques ne demandent
qu'un semestre, on craint fort qu'il ne faille attendre environ 5
ans pour sa concrétisation. Dès lors, Madagascar
doit chercher d'autres moyens, d'autre consortium - car
Fermatel a échoué- , et surtout les financements indispensables pour
nous connecter sur un terminal de fibre optique, dont le coût est
d'environ de 30 à 40 millions de dollars. M Haja Nirina
Razafinjatovo (ci-contre) participera prochainement en Afrique
du Sud au forum organisé par Microsoft sur les TIC
et a promis d'œuvrer dans ce sens pour que nous puissions disposer
de cette technologie à gros débit. On se souvient que cette
technologie des fibres optiques a déjà été évoquée à La Réunion
entre le président Ravalomanana lors de sa visite officielle dans
cette Région française et les autorités françaises. Si le
partenariat dans le domaine de l'Enseignement à distance entre la
CNTEMAD et le CNAM a été conclu, la connexion par fibre optique à
partir de La Réunion quand à elle ne donne aucun signe de
vie. |
Le point de vue des
politiques |
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"Avec le développement des NTIC (nouvelles
technologies de l'information et de la communication), Madagascar
est en train d'élaborer sa politique sous
l'égide du ministère des |
Postes,
des télécommunications et de la communication. Des
études ont été lancées en vue de la mise en
place du "backbone" ou fibre optique dont on attend la
législation et la réglementation. On pourrait donc envisager
un accès universel aux Ntic dans l'objectif de
désenclaver les zones régionales. Le développement des
Ntic est une des priorités pour l'Etat. Le
ministère sera représenté prochainement à la grande conférence
organisée par Microsoft à Johannesburg, et
la fibre optique (back bone) est un sujet de
recherche et de financement à tous les niveaux.
" |
Haja Nirina Razafinjatovo |
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Cas d'utilisation des
fibres optiques sous marin : l'exemple de la société PCCI (Premium
contact center international) à Dakar, Sénégal
A 5 heures d'avion de
Paris, le centre d'appels de PCCI, à Dakar, entend être
l'interlocuteur des entreprises françaises. Ouvert depuis avril
2002, ce centre profite du décalage horaire pour fournir une
prestation hors horaires ouvrés. Enième délocalisation ? L'ouverture
de PCCI (Premium Contact Center International), en avril 2002, à
Dakar (Sénégal), y ressemble fort. La logique de réduction des coûts
prime ici à l'instar d'implantations au Maghreb et autres eldorados
d'une main-d'oeuvre à bas prix. D'entrée, Dominique Berthelot, Dg
France de PCCI (ex-directeur du développement Europe de Call Center
Alliance et ex-D-ga de Convergys), donne le ton : « A Dakar, l'heure
de production est 40 % moins chère qu'en France. »
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S'y ajoute le fait que Dakar
représente un vivier de jeunes diplômés francophones dont les
débouchés professionnels ne sont pas à la hauteur des diplômes. Ils
ont ainsi été quelque 2 000 étudiants d'écoles de commerce, de
marketing ou d'informatique à répondre à l'offre d'emploi... « Aucun
problème d'accent », assène, sans complexe, Abdoulaye Sarre, l'un
des fondateurs. Qui voit également dans PCCI l'opportunité pour
certaines entreprises françaises « d'accéder à des compétences rares
dans l'Hexagone. L'université de Senghor forme ainsi des pharmaciens
dont le savoir pourrait être utilisé dans une cellule dédiée à
l'univers médical ». Quant à l'infrastructure télécom, PCCI est
connecté à deux câbles sous-marins à fibre optique (Atlantis 2 et
Sat 3) qui relient l'Europe à l'Amérique. Pour convaincre, PCCI
s'engage aussi sur les résultats. Sa campagne de réabonnement pour
un magazine français de vulgarisation scientifique, par exemple,
PCCI l'a gagnée en acceptant d'être payé au prorata des ventes
effectuées. Un choix offensif qui fait craindre à certains
l'attribution de missions dans le "dur". A ceux qui font de la
proximité une priorité, Dominique Berthelot rétorque par la mise en
place d'un système de visioconférence. Et, pour les autres qui
craindraient "un décalage culturel" entre téléacteurs français et
sénégalais, il répond que l'encadrement opérationnel est assuré par
des cadres expatriés. |
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Un bureau à
Paris
Il ne
s'agit pourtant pas d'une délocalisation classique : car,
derrière le sigle PCCI se dissimulent, en fait, trois investisseurs
sénégalais. Les fondateurs, Abdoulaye Sarre (Dg), Abdoulaye Mboup
(Dga) et Yerim Sow (président du conseil d'administration), détiennent en fonds propres
66 % du capital (4,5 ME). Trois banques, dont
la Bank of Africa, financent les 1,52 ME restant.
Les trois comparses se connaissent depuis l'âge de
11 ans. Issus de familles aisées de la
capitale |

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sénégalaise, ils ont fait leurs études entre les
Etats-Unis et la France. Les deux premiers sont vite devenus des
apporteurs d'affaires pour de grands groupes, tels Siemens. Le
dernier préside aux destinées du réseau cellulaire Telecel, filiale
de Vodaphone, pour l'Afrique. « Nous aurions pu rester chacun dans
nos métiers. Se contenter d'investir en bourse nos bénéfices. Mais,
avec l'accession au pouvoir du président Wade, on pouvait envisager
de faire quelque chose », explique Abdoulaye Sarre. Car, pour le
Sénégal, l'implantation de ce premier centre à vocation
internationale représente une belle opportunité. Alain Frossard,
conseiller économique de l'ambassade de France, rappelle que «
l'économie informelle totalise 60 % du PIB. Le secteur salarié, lui,
n'en représentant que 5 % ». Si PCCI tient son plan de développement
sur deux ans, la société deviendra le premier employeur du pays avec
3 000 positions et 7 000 salariés. Aujourd'hui, avec 300 positions
ouvertes, et un potentiel de 1 000 ouvrables rapidement, PCCI Dakar
se lance dans la mêlée. Embauchée pour une période d'essai de six
mois, la quarantaine de téléacteurs - dont c'est souvent le premier
emploi salarié - reçoivent 120 000 F CFA (183 E) auxquels devraient
s'adjoindre des primes leur permettant de doubler leur salaire. Soit
l'équivalent de 5 fois le salaire minimum. Les actionnaires ont
ouvert une représentation commerciale à Paris, dirigée par Dominique
Berthelot et Jean-Jacques Doucet, anciens de Convergys. PCCI devra
toutefois trouver une dizaine de partenaires pour atteindre
l'objectif de 7 ME, fixé pour son premier
exercice. |
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L'avenir du haut débit à
Madagascar
Madagascar attendra-t-il encore
longtemps pour prendre enfin le train des nouvelles technologies
et plus particulièrement celui du haut débit? Une volonté
de changement est perceptible avec l'ouverture par exemple dernièrement
du réseau ADSL mais le cablage sous marin n'en offre
pas moins des perspectives et opportunités économiques interessantes,
comme nous le voyons à travers l'exemple de la société
PCCI. Cela suppose certes de lourds investissements de départ
mais le retour sur investissement ne peut être que bénéfique à
moyen et long termes : réseau téléphonique a prix réduit (pour une qualité
numérique), vulgarisation de l'internet |
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à haut débit (plus de services, plus
d'opportunités commerciales, plus de business, plus d'emplois, etc.).
L'occasion est sans doute très belle pour nouer de
nouveaux partenariats financiers (et techniques) à l'occasion de ce
forum Microsoft en Afrique du Sud et
à laquelle Madagascar est invité. Et pourquoi pas, de séduire le
CEO de Microsoft lui-même ?
En tout
cas, les
Malgaches n'ont pas à rougir
de leurs talents dans le domaine du génie logiciel et nos coûts de production,
à l'instar des entreprises installées dans la zone franche, sont plus
qu'intéressants. Affaire a
suivre. | |