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Tsiliva à Antsahamanitra
.... enfin la véritable consécration
L’on peut dire que le jeune chanteur ne s’embarrasse pas de poésie. Ses textes sont simples, faciles à retenir. Ils respectent la sonorité chantante des dialectes du sud de Madagascar, sans être incompréhensibles pour le mélomane lambda. C’est sans surprise que Tsiliva, la révélation de l’année 2005 a eu son heure de gloire à Antsahamanitra. Très apprécié du jeune public, il a su mesurer l’engouement populaire dont il fait l’objet. Toutefois, le jeune chanteur a encore à apprendre pour devenir un véritable showman de la trempe de Din Rotsaka ou autre Jerry Marcos et Dadah de Fort Dauphin. Si sa musique est aussi « mafana » que l’on puisse imaginer, le spectacle connaît des coups de froid répétés dus à un arrêt systématique entre deux chansons. Cela pourrait être un mal nécessaire pour que tout le monde récupère son souffle. Avec Tsiliva, on fait vraiment tomber la poussière.
Le sens de l’humour et le talent ont fait le succès de Tsiliva. Il est le seul à s’être imposé dans un genre de musique qui a été très vite galvaudé puisque de nombreux artistes de variétés soucieux de connaître la célébrité s’y étaient mis. Tsiliva s’est tout de suite démarqué dès son premier titre diffusé dans les médias. Son « kilalaky » est plus musical et plus dansant que celui d’un autre précurseur, le groupe Bagzana, qui a préféré une version pure et fidèle à la tradition orale. A part ses chorégraphies et ses pas de danse originaux, ses petits numéros de clown et ses grimaces ont ravi le public. Maintenant, on sait qu’il est très bavard sur scène et suscite l’interaction avec son public.
C’est sans surprise que Tsiliva a triomphé aux awards RDJ pour dans la catégorie tube « mafana » de l’année 2005. Dans la chanson « Be zesta », il fait la parodie de lui-même. Avec des succès qui se ressemblent pratiquement les uns aux autres, l’on pourrait craindre qu’un concert de Tsiliva ne soit forcément monotone. C’est méconnaître ce chanteur qui, à la surprise générale, s’avère plus éclectique que l’on pourrait s’y attendre. Il interprète aussi des chansons aux rythmes parfaitement slow. C’est un mélange d’exotisme et de modernité, sans toutefois être ringard comme les chansons aux influences « kaïamba » qui ont été créées trente ans trop tard.
Le show « Fampitaha » a été un succès sur toutes les lignes. Difficile de déterminer s’il y avait plus de monde venus pour Tsiliva que pour Jean Aimé avec qui il a partagé l’affiche. En tout cas, Antsahamanitra a été en ébullition, d’abord à l’intérieur avec une ambiance très chaude, des spectateurs qui dansent alors qu’ils sont entassés sur les gradins ; ensuite à l’extérieur car des milliers de personnes n’ont pu entrer faute de place. La performance des deux artistes mérite d’être saluée car le nombre de spectateurs n’est pas forcément un indicateur de la qualité d’un concert. Antsahamanitra a connu quelques bons concerts qui ont été boudés par le public cette année. En tout cas, les artistes ne « montent » pas à Antsahamanitra sans avoir connu l’ascension ailleurs.
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Madagascar , Mai 2006
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