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Vazimba Vokal Mozika
.... pour la survie ou la naissance d’une identité culturelle
Après la défection du traditionnel « Manala azy », le rendez-vous musical entre Ricky et les jeunes, en particulier ceux qui viennent de passer les épreuves du bac, le chanteur s’est fait rare en concert. Du moins dans la version grand public du personnage. Olombelo Ricky a effectivement plusieurs facettes sur le plan artistique. Ces derniers temps, il semble privilégier la musique ethnologique aux dépens de la variété. Au début du mois de février, Ricky s’est produit en concert à l'Alliance française de Tananarive, à Andavamamba, dans le concept Vazimba Vokal Mozika. C’est une musique tribale, qui est à la fois très riche et dépouillée. L’artiste fait valoir ses talents de percussionniste et de vocaliste.
Son imposante carrure n’a rien à avoir avec la physionomie d’un vazimba que nous imaginons comme des hommes de petites taille ou des nains. Olombelo Ricky revendique plutôt l’identité culturelle des premiers peuples de Madagascar, qui sont supposés être des autochtones, avant l’arrivée des migrants venant de l’Asie du sud. « L’humain » chante donc le chant des vazimba.
La musique est basée sur les sons et le rythme de percussions diverses. Elle est enrichie et agrémentée par des instruments plus modernes. Vazimba Vokal Mozika est donc le fruit d’une profonde recherche mais aussi le retour à un mode d’expression artistique ancien. Le chant ressemble à des incantations mélangées avec des scats que Ricky affectionne particulièrement.
Olombelo Ricky est un grand défenseur de la tradition et du patrimoine culturel malgache. Dans cette noble quête, il arrive que l’artiste soit incompris. Ricky a toujours milité pour la reconnaissance d’une identité dans la politique culturelle de Madagascar. Malheureusement, cette dernière a du mal à voir le jour, ignorée par les politiciens. Le chanteur aspire à une société qui sauvegarde sa tradition tout en en acceptant les influences étrangères qui sont adaptées à la culture locale et non pas l’inverse.
Ricky estime que la richesse culturelle de Madagascar est en train de s’appauvrir malgré sa grande diversité. Pour survivre à la mondialisation, une identité commune et un style de musique issue d’une synthèse ou d’une symbiose pourraient représenter la culture malgache sur le marché de l’industrie culturelle à l’échelle internationale. Bref, il faudra se construire une malgachitude faite de compromis.
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Madagascar, Février 2006
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