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Taly Tsara
.... le bonheur de vivre partagé par Eusébia et Roséliane Jaojoby
Filles naturelles de celui que l’on appelle le « roi du salegy », Eusébia et Roséliane ont fait partie du groupe Jaojoby Junior avec leurs frères Anderson et Jackson. Le succès était presque garanti et paraissait bien facile. Après que le grand frère Anderson soit parti pour tracer son propre chemin et voler de ses propres ailes, voilà que les deux sœurs s’associent pour former un nouveau groupe qui sera entièrement à leur image. Taly Tsara décrit la vie en musique et la vit à cent à l’heure. C’est un salegy beaucoup plus diversifié et plus créatif, mariant tradition et modernité, qui est chanté et dansé par Eusébia et Roséliane.
Que de jolies tresses. Le groupe Taly Tsara porte bien son nom. Les tresses sont un symbole de beauté et de féminité que les deux chanteuses, les quatre jeunes danseuses et la choriste portent haut en couleur. Sept garçons et sept filles, c’est un signe, un symbole d’une famille prospère. C’est à l’image de la formation Taly Tsara qui a investi la scène de la salle de spectacle du CCAC. La première partie du concert a été réservée au salegy traditionnel qui met en scène voix, danse et percussions. A noter la présence d’un Jaojoby à la basse et celle d’un talentueux et fantasque soliste qui rénove le salegy à lui tout seul. Taly Tsara a aussi bénéficié du renfort de l’incontournable Tiana Kely de Tambours Gasy aux percussions ainsi que celui de Nini, très appliqué à la batterie et dont la performance dans un genre de musique que l’on ne lui prêterait pas a agréablement surpris.
Taly Tsara a présenté au CCAC leur premier album « Sômà la vie ». Ce n’est pas exclusivement du salegy. Les deux sœurs nous emmènent jusqu’en Afrique du sud, qui est un « tany lavitra ». Elles aiment faire des excursions dans le sud et explorent le grand gisement de tsapiky. C’est dans le salegy que Eusébia et Roséliane entendent gagner leur lettre de noblesse. Leur nouveau style n’a pas renié l’héritage de leur illustre père Jaojoby Eusèbe. Taly Tsara a aussi un penchant très marqué pour le malesa. Le plus intéressant en fait c’est le message de la chanson. Toutefois, avec un rythme toujours endiablé, ils est souvent difficile de retenir grand-chose. Heureusement, les deux chanteuses prennent le temps d’expliquer au public le thème d’une chanson avant de la jouer. C’est aussi un moment de répit pour reprendre son souffle aussi bien pour le public que pour Eusébia et Roséliane. On se sera beau attendu à un rythme lent quand elles annoncent une chanson d’amour ou une berceuse. C’est toujours à cent à l’heure. « On aura du mal à faire dormir un enfant avec ça » a reconnu Eusébia, avec son petit rire qui a conquis le public.
La complicité entre les deux sœurs est plus plaisante que tous les accords dans leur musique. Roséliane remercie sa sœur et la félicite d’avoir préparé le concert pour elles deux. Eusébia renvoie l’ascenseur en étant reconnaissante envers sa sœur d’être sur scène, deux semaines après un petit séjour à l’hôpital. En tout cas, leur performance aux chants et à la danse fait penser à des sportives de haut niveau. Roséliane paraissait en pleine forme, tout en sueur, alors que la petite Eusébia s’offrait de petites fantaisies avec des mouvements plus spectaculaires les uns que les autres. Les sœurs Jaojoby font de l’esprit à la grande joie du public. Elles ont cette amusante manie de dédier les chansons. Il y en avait pour tout le monde, les amoureux, les femmes qui ont quitté ou pense quitter leur mari et l’inverse ; sans oublier leurs mamans – car elles sont heureuses d’en avoir plusieurs. Dans la bonne humeur elles ont souhaité à ces dernières, avec deux jours de retard, une bonne fête de mère. Si Anderson a été invité par ses sœurs à interpréter des chansons à lui, Jaojoby le père a fait une furtive apparition sur la scène emmené par une de ses filles avec qui il dansait le malesa dans la salle. La deuxième vague de la relève pointe déjà son nez. Michella et Gigie ont dansé pour leurs grandes sœurs en attendant leur tour et passer derrière le micro. La dynastie Jaojoby est bien partie pour durer dans le royaume de la musique, du salegy en particulier.
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Madagascar, Juin 2005
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