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Le cinéaste Laza rêve de créer un studio cinématographique à Mada

Publié le 27/04/2005 19:49 par elman

Le Cinéma à Madagascar
.... le cinéaste Laza rêve de créer un studio cinématographique à Mada


Laza. Ce prénom sera certainement l’un des premiers grands noms de l’histoire du cinéma malgache. Le jeune cinéaste de 27 ans ambitionne de créer à Madagascar un vrai studio de cinéma afin que le septième art existe vraiment dans le pays. Ayant débuté par les courts métrages, Laza a pu s’aguerrir aux contacts de réalisateurs de talent en tant qu’assistant de production, ou directeur de la photographie. Ce titulaire d’une maîtrise en réalisation cinématographique de l’Académie Internationale des Arts de Paris est parvenu à ce qu’il rêvait d’être en devenant réalisateur. «Tana 2003 » a été le point de départ d’une carrière qui s’annonce prolifique. Interview.
 
MN : Bonjour Laza, quoi de neuf ? Où est-ce que vous en êtes avec le cinéma ?
Laza : Actuellement, je suis en train de finir le tournage et j’ai déjà commencé le montage de mon second long métrage. En fait, ce film, on va le télescoper. On va le mettre sur pellicule car nous l’avons tourné en numérique. On a envie de l’emmener au festival de Ouagadougou en 2007. Ce film a été tourné en malgache mais qui sera titré en français comme le premier.

Est-ce qu’il est facile de faire du cinéma à Madagascar ?
Je continue à dire que jusqu’à maintenant, il n’y a pas de cinéma à Madagascar. Moi, je fais mes tournages ici simplement parce que je n’ai pas les moyens de faire autrement. Mais ne serait-ce que pour monter le film, j’ai besoin d’aller en France dans un vrai studio.

Dans votre premier long métrage, « Tana 2003 », on a pu voir quelques parodies du « Sinema » malgache. Pourquoi ?
En fait, j’ai écrit ce film juste après la fin de mes études en 2002. Donc, j’étais très motivé, j’avais plein de projet pour le cinéma malgache. Lorsque j’ai vu l’état des lieux, j’ai vraiment été déçu. J’ai entendu dire que c’était du vrai cinéma. J’ai été voir des films mais ceux-là n’en étaient pas du tout. « Tanà 2003 », a été un film pour dénoncer des tas de choses. Je n’ai pas arrêté de dénoncer la situation des filles de quinze, seize ans ou même de vingt-cinq ans qui sont trop matérialistes à mon goût. Il n’y a pas de vraie histoire dans ce genre de film, c’est une sorte de suite de critiques de la société toutes les deux minutes. J’ai l’intention de faire ce genre de film tous les quatre ou cinq ans. Donc, peut-être qu’en 2008, je vais tourner « Tanà 2008 » qui parlera de l’état du pays, de la société en ce moment là.

Pour qu’il y ait du vrai cinéma à Mada, devrait-on commencer par éduquer le public ou ceux qui prétendent évoluer dans le septième art.
Je pense qu’il faut d’abord que le public connaisse la vraie définition de ce que c’est le cinéma. D’abord, ce n’est pas de la télé. Je peux assurer que les téléspectateurs malgaches ne verront jamais mes films sur le petit écran. Pour moi, ce sont deux choses différentes. J’ai eu des propositions de la part de stations de télévision dont la chaîne nationale pour la télédiffusion de mon film. J’ai refusé car je tiens à faire comprendre aux gens qu’un film se regarde en salle. Cela implique un déplacement, un investissement. Ce n’est pas de la vidéo, ni de la télé. Il y a une ambiance particulière dans une salle de cinéma. Pour faire passer ce message, la route est encore longue mais on y arrivera.

Qu’est ce que tu veux vraiment faire pour le cinéma ?
J’ai un plan pour le cinéma malgache. Pour le réaliser, je n’y arriverai sûrement pas seul. En ce moment, avec le concours de quelques partenaires français, italiens, allemands et bien d’autres, on va essayer de gagner de l’argent avec les films que je réalise. Le but est de rassembler des fonds pour acheter les matériels nécessaires pour faire vraiment du cinéma à Madagascar, produire de la pellicule sur place.

La mise en place d’un studio de cinéma à Mada serait donc possible et imaginable ?
Justement, c’est l’un des projets actuels sur lesquels je travaille notamment avec Rozi film et quelques boîtes de production à Paris. Si on réussit à rassembler les moyens pour acheter les matériels adéquats, d’ici deux ans, il pourrait y avoir une nouvelle structure qui sera indépendante de l’Etat. Il faut savoir que ce dernier ne se sent pas concerné par telle initiative, même par la culture malgache en général. Au jour d’aujourd’hui, il n’y a même pas un centre culturel malgache à Tanà et je trouve cela aberrant. Il ne faut pas cependant attendre que l’Etat fasse quelque chose puisque ce n’est pas la solution même si je reconnais que la solution ultime est politique. Mais on ne va pas attendre que les politiciens prennent un jour conscience que le cinéma est une activité culturelle intéressante à développer. On va faire des choses en privé. De toute manière je sais que toute ma vie je vais faire du cinéma, donc j’ai le temps !

D’où vient cet amour le cinéma ?
C’est Orson Welles qui m’a fait aimé le cinéma. J’ai vu Citizen Kane au cinéma, à dix-sept ans, c’était d’ailleurs le premier film que j’ai vu en salle, c’était à Paris. Au début, je n’avais rien compris, alors je l’ai regardé à maintes reprises. Je le connais par cœur. Aujourd’hui, j’ai toujours de l’admiration pour les grands cinéastes des années cinquante, par rapport à leur créativité et à leur manière de tourner un film. Je ne suis pas un cinéphile de base mais je me soigne. J’ai plein de film à rattraper. Je fais des périodes de réalisateur. Par exemple, en ce moment, je m’intéresse à Fellini et pendant trois mois, je ne vais regarder que ses films. Il m’arrive parfois de regarder cinq ou six films dans la journée.

Si aujourd’hui, tu peux voir se réaliser ton vœu le plus cher, ce sera quoi ?
Un vœu ? Etre sur le plateau de tournage d’un film aux côtés du grand réalisateur Orson Welles. Peu importe la fonction que j’occuperais, l’essentiel c’est d’être là, de vivre ce grand moment de cinéma.

Maherizo - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits
© Madanight.com., Madagascar, Avril 2005





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Bonne idée que ce projet de studio de cinéma...
il faudra le réaliser dans l'autre monde pour y faire venir Orson welles ; ce dernier est mort en 1985...

#1 écrit par Invité le 20/03/2007 19:12

woua c'est totalement énorme..enfait moi je suis étudiante en cinéma a L'AIA ESEC à Paris..(j'ai pas vriament compri si c'est aussi ce qu'il a fait)...et franchement, mais je sis mais alors a 200% d'accord avec lui en ce qui concerne l'état du cinéma à madagascar, et surtout dans la tête des malgache...y'a moyen de rentrer en contact ?

#2 écrit par Invité le 17/10/2007 23:30
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