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Asaramanitra, le premier nouvel an malgache à l’époque de Rapeto

Publié le 16/03/2005 15:17 par elman

Asaramanitra
.... le premier nouvel an malgache à l’époque de Rapeto


Il était l’homme le plus grand du monde puisqu’il pouvait atteindre la lune ! Cette exagération nous a fait oublier le vrai don de Rapeto, un personnage très célèbre des contes et légendes malgaches. La grandeur de cet ancêtre était surtout son don de comprendre la nature et de communier avec celle-ci. “Asaramanitra”, cela signifie aujourd’hui pour le commun des malgaches, une grande fête à caractère officielle, dénuée de son sens originel qui était la célébration d’une nouvelle année en se référant à « dame nature ». Le groupe de danse Rary, les Zanaharistes et "Vazimba Produktion" de l’Olombelo Ricky ont célébré le nouvel an selon un très ancien calendrier observé à l’époque de nos ancêtres les « vazimba ».

 

 

 

Avant le calendrier lunaire apporté par les arabes et le calendrier solaire des grégoriens, nos ancêtres célébraient le nouvel an selon dame nature. C’est la première mesure du temps qui a été hérité d’une civilisation d’un ancien continent nommé « Lémurie ». De ce dernier, les ancêtres ont puisé la langue, les traditions, les croyances et d’autres formes de culture aujourd’hui disparues. L’« Asaramanitra » est une occasion pour la « communauté du Rarihasina » de promouvoir un nécessaire retour aux sources pour un éveil spirituel collectif. Que les malgaches vivent donc avec leur spiritualité originelle que le « Zanahary », le créateur, leur a donné. Chaque pays a un héritage culturel qui a été laissé par ses premiers ancêtres mais seuls les pays traditionalistes comme le Japon ont pu sauvegardé le leur.

 

 

 

Les spectateurs en avaient plein les yeux sur l’esplanade du Tahala Rarihasina lors du spectacle-cérémonie de l’Asaramanitra célébré le vendredi 11 mars dernier. Certains y trouvaient quelque chose de maléfique, d’autres s’intéressaient à l’expression artistique, les quelques touristes appréciaient le tableau culturel… Il y avait la nature représentée avec ses différents éléments : l’eau, la terre, le feu, l’air. La danse tribale du chorégraphe Ariry le fait entrer dans une transe intrigante. Les symboles culturels sont racontés par de courtes séquences à la manière d’un tableau vivant. La bénédiction par de l’eau jetée aux spectateurs, le partage de galette de riz et de miel, des contes qui racontent des métaphores de la sagesse… ce spectacle de rue a été chargé de signification qui, malheureusement, n’est pas toujours à la portée de ceux qui ne voient que ce qui est visible ! Dans tous les cas, le Groupe Rary et sa danse spirituelle, Olombelo Ricky toujours royal aux chants et aux percussions, le groupe de « hira gasy » Bakomanga qui se découvre une nouvelle forme d’expression artistique, Ramaka le comédien, Mme Marthe le conteur, les « zanaharistes »… tous ont contribué à la réussite de ce voyage dans le temps en plein centre d’Analakely.

 

 

 

« C’est l’esprit qui fait l’homme ! » Tel est le principe fondamental de la sagesse malgache. Cela implique le respect entre les humains. L’homme doit aussi respecter la nature, les créations du « zanahary » et les forces sacrées qui gouvernent et mettent en relation les choses et les événements visibles et ce qui ne les sont pas. L’Asaramanitra est une opportunité pour l’humain de renforcer le lien avec la nature et avec son environnement. C’est aussi une occasion pour présenter des vœux entre humains. Avec le temps et l’entrée de diverses influences culturelles étrangères, cet événement a été effacé de la mémoire collective des malgaches. Son homologue l’«Alahamadibe » a été momentanément sorti de l’éclipse de l’oubli durant la présidence de Zafy Albert dans les années 90. Aujourd’hui, une certaine forme de christianisme accompagnée d’une pensée puritaine influence la promotion de la culture malgache. Il est par exemple fortement déconseillé aux fonctionnaires du ministère chargé de la Culture d’honorer de leur présence les « fêtes païennes ».
Toutes les photos d'Asaramanitra
Maherizo - Droits de reproduction et de diffusion réservés © MADANIGHT.com., Madagascar, Mars 2005




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