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Asaramanitra
.... le premier
nouvel an malgache à l’époque de Rapeto
Il était l’homme le plus grand du monde puisqu’il
pouvait atteindre la lune ! Cette exagération
nous a fait oublier le vrai don de Rapeto, un
personnage très célèbre des contes et légendes
malgaches. La grandeur de cet ancêtre était
surtout son don de comprendre la nature et de
communier avec celle-ci. “Asaramanitra”, cela
signifie aujourd’hui pour le commun des malgaches,
une grande fête à caractère officielle, dénuée
de son sens originel qui était la célébration
d’une nouvelle année en se référant à « dame
nature ». Le groupe de danse Rary, les Zanaharistes
et "Vazimba Produktion" de l’Olombelo
Ricky ont célébré le nouvel an selon un très
ancien calendrier observé à l’époque de nos
ancêtres les « vazimba ».
Avant le calendrier lunaire apporté par les arabes et le calendrier solaire
des grégoriens, nos ancêtres célébraient le
nouvel an selon dame nature. C’est la première
mesure du temps qui a été hérité d’une civilisation
d’un ancien continent nommé « Lémurie
». De ce dernier, les ancêtres ont puisé la
langue, les traditions, les croyances et d’autres
formes de culture aujourd’hui disparues. L’«
Asaramanitra » est une occasion pour
la « communauté du Rarihasina » de promouvoir
un nécessaire retour aux sources pour un éveil
spirituel collectif. Que les malgaches vivent
donc avec leur spiritualité originelle que le
« Zanahary », le créateur, leur a donné.
Chaque pays a un héritage culturel qui a été
laissé par ses premiers ancêtres mais seuls
les pays traditionalistes comme le Japon ont
pu sauvegardé le leur.
Les spectateurs en avaient plein les yeux sur l’esplanade du Tahala Rarihasina
lors du spectacle-cérémonie de l’Asaramanitra
célébré le vendredi 11 mars dernier. Certains
y trouvaient quelque chose de maléfique, d’autres
s’intéressaient à l’expression artistique, les
quelques touristes appréciaient le tableau culturel…
Il y avait la nature représentée avec ses différents
éléments : l’eau, la terre, le feu, l’air. La
danse tribale du chorégraphe Ariry le fait entrer
dans une transe intrigante. Les symboles culturels
sont racontés par de courtes séquences à la
manière d’un tableau vivant. La bénédiction
par de l’eau jetée aux spectateurs, le partage
de galette de riz et de miel, des contes qui
racontent des métaphores de la sagesse… ce spectacle
de rue a été chargé de signification qui, malheureusement,
n’est pas toujours à la portée de ceux qui ne
voient que ce qui est visible ! Dans tous les
cas, le Groupe Rary et sa danse spirituelle,
Olombelo Ricky toujours royal aux chants
et aux percussions, le groupe de « hira gasy
» Bakomanga qui se découvre une nouvelle
forme d’expression artistique, Ramaka
le comédien, Mme Marthe le conteur, les « zanaharistes
»… tous ont contribué à la réussite de ce voyage
dans le temps en plein centre d’Analakely.
« C’est l’esprit qui fait l’homme ! » Tel est le principe fondamental
de la sagesse malgache. Cela implique le respect
entre les humains. L’homme doit aussi respecter
la nature, les créations du « zanahary
» et les forces sacrées qui gouvernent et mettent
en relation les choses et les événements visibles
et ce qui ne les sont pas. L’Asaramanitra est
une opportunité pour l’humain de renforcer le
lien avec la nature et avec son environnement.
C’est aussi une occasion pour présenter des
vœux entre humains. Avec le temps et l’entrée
de diverses influences culturelles étrangères,
cet événement a été effacé de la mémoire collective
des malgaches. Son homologue l’«Alahamadibe
» a été momentanément sorti de l’éclipse de
l’oubli durant la présidence de Zafy Albert
dans les années 90. Aujourd’hui, une certaine
forme de christianisme accompagnée d’une pensée
puritaine influence la promotion de la culture
malgache. Il est par exemple fortement déconseillé
aux fonctionnaires du ministère chargé de la
Culture d’honorer de leur présence les « fêtes
païennes ».
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