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Mikea
.... le magnifique
mariage du beko et du blues
Il y a le r’n’b, le rock’n’ roll, Théo Rakotovao,
le chanteur emblématique du groupe Mikea présente
leur style comme étant le b’n’b, le « beko’n’blues
». C’est un concept qui reflète parfaitement
l’état d’esprit de cette formation qui s’appuie
sur l’exceptionnelle qualité vocale de son chanteur
d’une part et le talent de ses guitaristes,
d’autre part.
Il est apparu seul sur la scène, vêtu d’un chapeau, habillé d’une chemise à
fleur et d’un pantalon coupé au-dessus du genou
pour en faire un bermuda. Il a un accessoire
de scène tout à fait originale dans sa main
: une vraie hache d’apparat ! Il porte des sandales
de tireur de pousse-pousse... Avec un tel accoutrement,
Théo, le chanteur du groupe Mikea
a tout de même du succès parmi les spectatrices.
Il a surtout montré une identité culturelle.
Théo a commencé par un a cappella en solo, le
temps de donner au public toute la mesure de
sa qualité vocale.
La voix de velours, tantôt basse, parfois puissante, qui alterne les cris avec
les murmures, se prête aussi bien au beko qu’au
blues. Avec le dialecte du sud de Madagascar,
les textes deviennent aussi de la musique. Dans
la musique de Mikea, il y a du Ben Harper,
sauf que le chanteur n’est pas assis et immobile.
Il vibre et bouge au rythme de la musique imprégné
par deux guitaristes de talent qui sont dans
un rôle de contre-nature. A la guitare acoustique,
on retrouve Deba, le talentueux soliste
qui fait le bonheur de formation de hard rock
dont Martu Gass et Kiaka, et non moins
co-fondateur du groupe avec Théo en 2003. A
la guitare électrique sur laquelle il simule
parfois la basse, Johnny « Basse » exécute
le rythmique typique au sud de Madagascar.
Mikea est le nom d’une tribu qui vit
à l’écart du monde et de la civilisation dans
le sud ouest de Madagascar. Dans cette région,
le chant a cappella est pratiqué dans la vie
quotidienne pour communiquer, se divertir, prier…
Le beko est une incantation qui insuffle
une part de spiritualité au chant. Généralement,
il est interprété avec une pointe d’émotion,
une dose de transe, un petit goût de tristesse.
Le beko permet au chanteur de faire montre de
toute sa qualité vocale. Théo y met son grain
de sel pour donner une touche de blues, et rajoute
des instants très funky. Il fait du beko un
style aux accents universels sans perdre ses
racines. Le groupe s’inspire aussi d’autres
rythmes du sud comme le « Jihe » ou le
« Kolondory ».
Les artistes malgaches que l’on peut étiqueter « World music » sont plus
connus à l’étranger que dans leur propre pays.
Il faut espérer que le groupe Mikea fera exception
à ce constat. Le « beko’n’blues » a toutes
les chances de plaire au public local. Le guitare-hero
Deba apporte toute son influence pour insuffler
une tendance « rock’n’beko ». La musique
est bonne, le chanteur a autant de talent que
de charisme. Il est temps de se rendre compte
que ce n’est pas seulement dans la variété que
l’on entend les plus belles chansons. Mikea
est un groupe à découvrir absolument.
Maherizo
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© MADANIGHT.com., Madagascar, Mars 2005
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