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Ery Mbity
.... l’esprit
kabôsy avec un accent très international
« Ery Mbity est une formation qui existe
depuis notre naissance. On ne savait pas tout
simplement ce qu’elle allait faire ». C’est
la manière qu’a trouvée Mbity, le lead vocal
du groupe pour présenter au public son frère
jumeau, Doda. Revendiquant fièrement leur appartenance
à la culture Betsileo, les deux frères musiciens
explorent un horizon musical très large alliant
le traditionnel avec le contemporain.
Les spectateurs réunis dans la salle de spectacle de l’Alliance française, en
particulier les connaisseurs ont été agréablement
surpris par l’infinie possibilité qu’offre le
kabôsy dans un arrangement musical. Cet
instrument traditionnel est utilisé dans presque
la totalité de l’Ile mais avec des variantes.
Il est très présent dans la culture betsileo
et est associé à un rythme spécifique qu’est
le « Rija ». Mbity et consorts vont donc
modifier cette idée reçue. « Nous nous en
excusons, nous ne jouons pas du Rija »,
devait déclarer Mbity. Une excuse facilement
acceptée quand on voit le résultat de la recherche
musicale de cette jeune formation qui a travaillé
sur le « kabôsy spirit » depuis cinq
ans.
Le kabôsy de Doda est prédestiné à jouer les accords, les solos étant exécutés
par la guitare acoustique de Lanto. Cela devient
plus intéressant quand les rôles sont inversés.
Ery Mbity accorde aussi une grande place
à la percussion. Le batteur joue bien évidement
de la batterie mais délaisse parfois celle-ci
au profit des percussions. Cela permet de mettre
en valeur le kabôsy qui dicte le rythme de la
chanson. Le public attendait beaucoup des duos
de kabôsy entre les frères jumeaux. Malheureusement,
c’était trop rare. Mbity, le lead vocal jouait
la plupart du temps une percussion.
« Asio resaka » ! Comme tout bon betsileo, Mbity aime parler entre les
chansons. Ce qui est tout à fait normal car
il présente leur musique au public. En fin orateur,
il désigne ce dernier comme étant le premier
ministre après avoir présenté les musiciens
du groupe comme étant des membres d’un gouvernement.
Des mots et des discours, il en parle dans la
chanson « Literatiora ». Paradoxalement,
Ery Mbity ne fait pas des chansons à texte.
Sa musique aux sonorités très roots rappelle
parfois Samoela mais sans l’exubérance
textuelle. Des fois, il y a un peu d’Erick
Manana, le virtuose de la guitare. Le voyage
musical va jusqu’à la Jamaïque que le groupe
visite fréquemment comme dans le morceau « Tonga
mamangy ». Il finit toujours là où les jumeaux
ont leurs racines, « Ny any aminay ».
Ery Mbity est une formation qui mérite de sortir de l’ombre de l’underground
sans pour autant se projeter sous la lumière
de la variété. L’on ne peut qu’apprécier la
recherche sur le plan musical que ses membres
ont entreprise avec une certaine réussite. Le
mariage de plusieurs tendances est toujours
un pari hasardeux surtout que l’on se base sur
un instrument traditionnel tel le kabôsy. Avec
ce dernier, le public s’attend toujours à un
rythme endiablé à la Jean Emilien. Ery
Mbity fait preuve de beaucoup de créativité
en donnant de nouvelles sonorités et un esprit
nouveau au kabôsy. Cela devient plus éclectique
et non moins agréable pour l’oreille.
Mbity milite pour la défense des valeurs traditionnelles dans la chanson malgache.
Il déplore le fait que ce sont les étrangers
qui sont les plus intéressés par les musiques
qui puisent dans les ressources culturelles
du pays. Le groupe prépare un album avec l’aide
précieuse du grand Rajery et de sa maison
de production Valimad. Mbity et sa bande
vont faire la promotion de leur musique à Antsirabe,
Fianarantsoa, Morondava.
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