|
Danse
.... le hip
hop en quête de reconnaissance artistique
Le hip hop rencontre le modern jazz. On parle
de danse et par ricochet de musique. C’est en
tout cas le spectacle qui a été programmé par
l’Alliance Française les 21 et 22 janvier derniers.
La formule n’a jamais été essayée dans la petite
sphère de la danse à Tanà. I ams Boys et Les
Six sont donc les précurseurs d’un mouvement
qui confirme la tendance actuelle dans le monde
du rap. On observe une volonté d’ouverture vers
les courants artistiques reconnus comme tels.
Les filles de Les six, qui n’étaient que trois pour l’occasion, sont apparues
sous les traits de DJ Ampela. « Nifanena
‘zay mitsam », c’est l’histoire d’une rencontre
entre un garçon et une fille. Séduction, provocation,
sensualité, humour, insouciance, solitude, joie,
tristesse… tout est suggéré par la danse. Les
garçons, ce sont les I ams Boys. Les
deux jeunes formations ne sont pas tombées dans
le piège d’une reconversion rapide dans le domaine
de la danse artistique.
Ce n’est pas une pièce de théâtre jouée par des danseurs. C’est un spectacle
qui comporte plusieurs séquences de danse bien
tranchées par la variation de rythme et de style
de musique. Comme le thème est annoncé, le spectateur
n’a pas besoin de jouer aux devinettes. Le mixage
musical est matérialisé par la richesse de l’expression
corporelle : de l’acrobatie sur les samples
de rap, une expression artistique plus élaborée
sur les notes plutôt jazzy, de la sensualité
sur un faux air de salsa…
La salle de spectacle de l’Alliance Française de Tanà a été aménagée
de façon inédite : une partie du public a été
installée sur la petite tribune qui sert d’habitude
de scène. En réalité, c’est la spécificité du
spectacle qui nécessite une aire de danse aussi
vaste que sécurisée. Les danseurs évoluent sur
une sorte de tapis en caoutchouc qui est tout
indiquée pour les acrobaties et les figures
se terminant au sol.
Le spectacle comporte rarement une chorégraphie qui rassemble les neufs danseurs.
Il met en scène des duos, des trios, des séquences
à cinq ou à six où il peut y avoir des premiers
rôles et des figurants. Les solos sont toujours
époustouflants au point de couper le souffle
au danseur et au spectateur. Paradoxalement,
les garçons étaient moins exubérants lors du
traditionnel freestyle à la fin du spectacle.
Beaucoup de gens étaient un peu sceptiques sur la pertinence d’une idée aussi
originale qu’ambitieuse. Il fait dire que le
récent succès des deux formations que sont I
ams boys et Les six ne forçait le respect que
chez un public peu averti. Une chorégraphie
lors de concerts de plusieurs vedettes de la
chanson ni le passage dans le clip « Tsy
mbola niova » de Joy K dans lequel
la danse éclipse la chanson sont loin de suffire
pour asseoir une notoriété. L’alchimie entre
deux groupes composés exclusivement de filles
pour l’un et de garçons pour l’autre a été une
réussite tout comme le mélange du hip hop avec
le modern jazz. On aura vu trois filles, six
garçons et beaucoup de possibilités !
|