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Cocktail tropical à Antsahamanitra
.... une année
de spectacle terminée en beauté
La grisaille d’un ciel d’été tropical n’a
pas empêché le théâtre de verdure d’Antsahamanitra
d’exploser sous les rythmes endiablés orchestrés
par trois ambianceurs hors pairs. Toto Mwandjani,
Jarifa et Din Rotsaka ont offert un joli cadeau
de noël aux tananariviens qui, par la même occasion,
ont eu une petite séance d’entraînement pour
le réveillon de la Saint-Sylvestre.
Généralement, quand on arrive aux termes d’une chanson lord d’un concert, le
public applaudit. Il n’en fût presque rien.
Ce n’est pas que les gens n’apprécient pas.
Loin s’en faut. Les spectateurs dansent et chantent,
se laissant emporter par la musique. La petite
surface qui se trouve juste en bas de la scène
servait de piste de danse pour les plus téméraires.
Dans les gradins, l’ambiance était aussi endiablée
au point de relever quelques jeux de bousculade.
Du coup, bon nombre de spectateurs reprenaient
leur souffle entre deux chansons.
Il y a bien de similitudes entre les trois formations. D’abord, les chanteurs
ont tous les trois le cheveux tressés : juste
quelques queues de rat pour Toto, des
tresses teints en rouges pour Jarifa
et enfin les cheveux qui dansent de Din.
Les deux Bernardin, à savoir Mwandjani et
Rotsaka, donnent à un de leur choriste l’opportunité
de s’illustrer en lead vocal. Jarifa s’offrent
des duos sur des chansons à rythme lent. Pour
la chorégraphie, c’est chacun son style. Les
danseurs de Toto paraissent toutefois les plus
aguerris et présentent plus de créativité. Pour
les danseuses de Din, c’est plutôt le charme
et la sensualité. La formation de Jarifa mise
elle sur la jeunesse. Elle présente un mouvement
d’ensemble plein d’insouciance.
La musique de Toto Mwandjani est sans conteste la plus sophistiquée.
Les arrangements sont toujours aussi raffinés
alors que le groupe dispose d’un répertoire
à diverses tendances et très riche en sonorités.
Il y a tout de même une ligne directrice dessinée
par le mariage entre le salegy et le dombolo.
Toto joue une quatrième guitare pour insuffler
l’esprit dombolo dont il a le secret à certaines
de ses chansons. Pour Jarifa, c’est plus que
léger. C’est exactement le même orchestre que
l’on pourrait apprécier dans les fameuses «
bals poussières » de Toliara dont Morombe, la
ville d’où le chanteur est originaire. La guitare
solo est l’instrument majeur qui imprime le
rythme tsapiky tout au long de la chanson.
Din Rotsaka et son équipe nationale privilégient les claviers qui imitent les
sons de l’accordéon appropriés au salegy môtro.
Les membres du groupe viennent des quatre
coins de l’Ile, à savoir Toamasina, Mahajanga,
Marovoay, Manakara, Tuléar, Nosy-Be… Din
Rotsaka est aussi connu pour son sens de l’humour
et ses chorégraphies délirantes auxquelles participent
allègrement les choristes. C’est peut-être le
seul chanteur qui est capable de chauffer une
foule sans apparaître sur la scène. Sa musique
ne laisse insensible le plus passif des spectateurs.
Elle rappelle souvent les morceaux joués pour
réveiller et faire danser les esprits. Par ailleurs,
Din paraît lui-même en transe au beau milieu
de ses chansons.
Le Cocktail tropical a été béni des dieux pour avoir eu un ciel aussi clément.
Si le concert a débuté avec une demi-heure de
retard, c’est pour attendre l’entrée des spectateurs
qui formaient encore une longue queue pour acheter
leur ticket. Beaucoup de gens ont en effet attendu
que la météo soit favorable avant de rejoindre
Antsahamanitra. C’est dans le noir et
illuminés par un projecteur de fortune disposé
à même le sol que les trois chanteurs ont conclu
un spectacle aux allures d’un bal populaire.
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