|
Tambours
gasy
....
un pari social et artistique gagné par le musicien Tiana
Ramarokoto
"Gasy ", diminutif de malgache pour les
intimes, et " Tambours " pour un ensemble de percussions qui porte bien
son nom à travers leurs instruments et leur répertoire.
Aux aponga (percussions)
traditionnels malgaches se marient les congas
modernes. La formation " Tambours gasy " a proposé une incursion
dans les quartiers populaires de la capitale avec leur Hira gasy
originale pratiquée par un orchestre de percussions.
Le public venu en masse à l'AFT,
dans le cadre de la manifestation " A la découverte de ", a
été séduit par la prestation de Tambours gasy.
Cette troupe formée principalement par des jeunes gens issus des
quartiers de Betongolo et
d'Ambohitrimanjaka a su donner un spectacle
aussi créatif que joyeux. Un orchestre composé d'un
même genre d'instrument, l'idée est ambitieuse, encore
plus quand il s'agit de percussions.
Tiana
Ramarokoto, dit Rainitelo ou
Ra-Tina, est un chef d'orchestre très particulier. Il a pris
sous ses ailes protectrices des jeunes adolescents de son quartier, qui
pour diverses raisons, ont arrêté l'école. Quatre
ans durant, il les a initiés à la musique et
formés aux percussions. " Les jeunes ont besoin de
connaître leur racine… ", aime dire Rainitelo. Il essaie de les "
occuper et les imprégner à la culture malgache ".
On retrouve chez Tambours gasy comme
instruments de base l'aponga lahy venant de l'Est, l'apongabe et le
langorany, ce couple de tambours, instrument principal des Hira Gasy
(Hauts-Plateaux) ; et le piripity du Nord. Viennent ensuite
différentes origines : Sud avec l'aponga vilany, Ouest avec le
lapa, Hauts Plateaux avec l'aponga lava… Conga et Bongo,
empruntés aux Brésiliens et Africains complètent
le tout. Le plus intriguant et cette percussion ronde que Ra-Tina tape
avec son poing pour donner un son étrange, un peu grave, un peu
écrasé.
Tambours gasy a un répertoire
très varié. La variation des tons et des rythmes est
remarquable. Elle tient en haleine le spectateur. Le groupe arrange des
mariages de rythmes de tous horizons. De la musique traditionnelle
malgache, allant du hira gasy, antsa, salegy… en passant par les
rythmes africains et latinos. Avec Tambours gasy, on a aussi droit
à des chants traditionnels. Cela peut être du "
vakisôva " des hautes terres, une forme de tradition orale que
l'on ne retrouve plus que dans quelques quartiers populaires de la
capitale. Les tambours sont aussi associés au " beko ", ce chant
incantatoire venu tout droit du sud de Madagascar. Cela donne une sorte
blues tout simplement magnifique.
Le groupe Tambours gasy est
créé en 1996 sous l'impulsion de Tiana Ramarokoto. La
complicité de ses membres met en évidence une
exécution soignée et une synchronisation parfaite. Parmi
la douzaine de jeunes garçons qui forment le groupe,
quelques-uns sont apprentis dans l'atelier de Rainitelo, car l'homme
est aussi artisan. Il fabrique des instruments de musique : ocarina,
bâton de pluie, marakasy, kaiambaramba (balai)… De ses voyages
à travers Madagascar, il a rapporté les percussions des
différentes régions.
Dans sa carrière, Rainitelo a
travaillé avec la plupart des grands artistes malgaches. Il
s'est illustré en compagnie de Donné Sahondrafine,
l'accordéoniste-trompettiste. Ra-Tina est aussi un vieil
compagnon de route de Samoela dont l'influence " roots " a
été remarquable. Avec ses protégés, Tiana
Ramarokoto a pour ambition de percer le marché international. Le
groupe Tambours gasy prépare actuellement un album dont la
sortie est prévue début 2005.
|