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Rebika
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“Vahoaka mirevy” dans la joie à Antsonjombe
Le mot “mirevy” signifie beaucoup de
chose. Selon les circonstances, il évoque la passion, le
plaisir, les retrouvailles entre amis, la consommation d’alcool… Le
groupe Rebika a tenu ses promesses avec son grand concert en plein air
tenu à Antsonjombe, fin octobre. « Vahoaka mirevy »
a été une fête populaire avec tous les
ingrédients nécessaires : les chansons, les boissons, les
grillades… et beaucoup de monde.
Le groupe Rebika, c’est une quinzaine
d’années d’existence dans le monde de la chanson. Ses
détracteurs retiennent le peu d’évolution de cette
formation en matière artistique. Que ce soit pour les textes, le
vocal, l’arrangement, le style Rebika semble figé. Toutefois,
c’est ce qui semble expliquer la fidélité des fans envers
le groupe. Si la comparaison serait disproportionnée, faire le
parallèle avec le groupe Mahaleo ne choque plus aujourd’hui. Au
groupe mythique des années 70 et 80, Rebika a pris la suite dans
les années 90. Cette formation a repris le flambeau du folk
malgache avec des chansons à texte qui racontent la vie et
l’amour. Contrairement à leurs aînés, Rebika s’est
montré plus ouvert avec un rythme entraînant, qui
donnerait le salegy des hautes terres et que l’on reconnaît
dès les premières secondes de la chanson.
L’affiche de « Vahoaka mirevy
» ne souffre donc pas des critiques que le public ne manque pas
d’émettre lorsque deux artistes ou deux formations se partagent
la scène. Si certains invités paraissent parfois comme
des intrus sur une affiche, ce n’est fut pas le cas, ce jour-là,
à Antsonjombe. On a attendu Dadah et Fafah le duo magique et le
plus sentimental du groupe Mahaleo. Le public a eu droit à
beaucoup plus. La présence du guitariste Nono et du batteur
Charles signifie encore plus aux spectateurs qu’ils étaient en
train de vivre un moment avec Mahaleo. De quoi satisfaire les deux
dizaines de milliers de personnes qui avaient du mal à remplir
le très vaste Antsonjombe.
Quatorze ans de carrière, cela
signifie plusieurs centaines de chansons. Rebika est en effet l’une des
rares formations qui peuvent, parce qu’ils ont le répertoire et
l’endurance nécessaires, offrir au public un concert marathon.
Les malgaches ont par ailleurs horreur des concerts relativement courts
qui ne durent pas plus d’une heure et demie. A Antsonjombe, le «
peuple » a rêvé durant sept heures. Après 4
heures de concert, le moment attendu arriva enfin. Fafah est
monté sur scène pour interpréter quelques titres
de Rebika. On aurait dit des chansons de Mahaleo. La foule était
en délire car la prestation était vraiment
exceptionnelle. L’ambiance était tombée d’un cran quand
Dadah et les autres membres de Mahaleo présents ont rejoint
Fafah, les Heritiana, Rampal et compagnie s’étant
éclipsés. Les chansons étaient de circonstance :
des morceaux acoustiques et sentimentaux qui sont proches du style de
Rebika mais qui auraient plu à un public moins « populaire
».
Antsonjombe est jusqu’à
maintenant le seul lieu de spectacle qui peut accueillir plus de 10 000
personnes. L’espace est tellement grand que l’on peut y rassembler
jusqu’à 50 000 personnes, cela dépend de l’endroit
où l’on installe la scène. Antsonjombe c’est aussi le
symbole de la notoriété pour les artistes. Il y en a
beaucoup qui s’y sont hasardés, à commencer par… Boney M.
Le dernier Fitiavana marina n’a pas réuni foule contrairement au
spectacle Torajofo qui a rassemblé une trentaine d’artistes sur
la même affiche. D’ailleurs, le plus important n’est pas
l’affluence comme relativisait Dr JB qui voulait faire comme Din
Rotsaka mais sans réussite. Seul Lola, qui est le seul chanteur
à avoir connu le succès après avoir quitté
le groupe Rebika, a réussi à remplir Antsonjombe. Ce lieu
de spectacle n’est pas du tout aménagé ; il n’y a pas de
loges, ni de scène. Tout s’improvise. Quand on voit des dizaines
d’individus debout et alignés face au mur, on constate qu’il
manque autres choses. C’est tout un autre spectacle.
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Novembre 2004
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