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Samoela
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le « bandy akama » retrouve son vrai visage et son vrai discours
Ses chansons à texte que l’on trouvait provocateur ont fait sa gloire mais aussi sa mauvaise réputation. Après trois ans de silence, à l’ombre et bien loin des projecteurs, Samoela nous revient avec un nouvel album intitulé « Bandy akama ». Le troubadour n’a pas failli à son habitude et a présenté un concert de promotion gratuit, si vous achetez la cassette bien sûr.
Samedi 09 octobre, il est 18 h 20. Le concert a 80 minutes de retard. Point de Samoela. Le public commence à gronder. Et voilà notre homme qui dévale les escaliers du théâtre de verdure d’Analamahitsy, une petite valise à la main. Cinq minutes plus tard, il apparaît sur scène, habillé d’un faux malabary noir très chic, d’un pantalon blanc style kimono et pieds nus. Il apparaît plus svelte. Finis les kilos superflus qui étaient associés par l’imaginaire collectif à une mauvaise période de sa vie. Le nouveau Samoela est là. Le show pouvait commencer.

Après quelques mots d’excuses pour son retard, Samoela a présenté son nouvel album qui n’était pas vraiment inconnu du public. Les fans reprennent en chœur le refrain de « Zanapokonolo » qui raconte l’histoire des bandits et des jeunes délinquants des quartiers pauvres. Samoela chantant en français, c’est du n’importe quoi diriez-vous ? En tout cas, le message est assez amusant : « si je suis président par hasard, dieu seul le sait s’il va mettre un connard au pouvoir, j’aimerai bien m’y voir » ; ensuite philosophe : l’important dans la vie n’est pas la chute mais le fait d’avoir atteint les sommets. La chanson « Président » remet Samoela dans le bon chemin, celui d’un penseur aux mots très simples. Bref, une personne qui nous propose une autre manière de voir les choses.
Lors du concert d’Analamahitsy, Samoela a fait un voyage dans le temps à travers ses albums précédents. Ainsi, « Efa sy Dimy », a rappelé au public les succès les plus récents du chanteur. C’est la période où Samoela a changé de style pour opter pour une roots attitude assez expansive. Cet album a été moins bien accueilli que « Mampirevy », le tout premier opus. Remis au goût du jour, les premier tubes de Samoela sont toujours très appréciés de ses fans. L’album « Manatosaka » a terminé ce voyage dans le temps qui n’a pas manqué de soulever un sentiment de nostalgie. Samoela a renoué avec son public.
Le Samoela des temps modernes aurait-il un penchant pour les sonorités rocks ? Son spectacle a été en effet marqué par l’imposante présence de Roger, le soliste attitré de Iraimbilanja. Ce qui est loin de déplaire au public. Samoela lui-même a troqué son kabôsy pour une guitare. Les quelques folks aux accents très « gasy » ont rappelé le troubadour qu’il était au début. La guitare était à l’honneur lors de ce concert de promotion. Ainsi, Roger a dû à plusieurs reprises accorder son instrument, tout comme Tina qui dérègle ou règle pour le besoin d’une chanson. Tout cela ne peut remettre au second plan la présence scénique de Samoela qui est quasiment en transe lors de certaines chansons. On le voit aussi danser, s’agiter dans tous les sens, comme s’il se sentait pousser des ailes. Cela n’était rien comparé à certains spectateurs qui étaient carrément dans un autre monde. Ce soir là, il y en a qui ne sont pas privés de faire la fête en apportant le nécessaire sur les lieux.
Toutes les photos du concert d'analamahitsy
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Novembre 2004
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