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Looko Dosol
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difficile entrée dans la lumière pour la relève
Do Sol a connu une saison un peu difficile et a vu son festival fétiche s’essouffler petit à petit. La maison de production a souffert du soudain désintérêt du public pour les concerts dans une conjoncture économique difficile. C’est dans un contexte très peu favorable que trois jeunes espoirs de la chanson malgache sont montés sur la scène du CCESCA le vendredi 08 octobre dernier. Cela n’a pas empêché Elsie, Kiady et Feo Hiray d’offrir un spectacle de qualité qui était loin de décevoir un public qui n’est pas venu en masse.
Si l’on devait désigner un vainqueur, Kiady n’était pas loin de faire l’unanimité. Sa musique est aussi belle que sa voix. Ses textes sont forts et captivants. Notre petit bonhomme chante vraiment avec ses tripes, dégage une énergie étonnante et propage des émotions agréables grâce à ses chansons. Kiady c’est bien sûr le prénom du chanteur mais c’est aussi le nom du groupe. Son style balance entre une soul envoûtante et un r’n’b très peu marqué. Il alterne les chansons langoureuses avec des morceaux beaucoup plus remuants. Kiady a conquis un public qui semble apprécier un chanteur qui sort des sentiers battus des tubes faciles et qui affirme une belle personnalité artistique. Très bien.
Toujours dans la catégorie espoir, le trio Feo Hiray a fait un début un peu plus timide. Pourtant, il est difficile de trouver des reproches à leur prestation artistique. Il faut bien sûr apprécier le r’n’b. Porté par la guitare basse magique de Rolf ; le groupe se permet parfois une attitude hip hop qui est assez correcte. L’accueil du public était un peu mitigé pour cette formation qui a ouvert la scène du CCESCA. Les trois chanteurs étaient restés accrochés à leur micro sans avoir vraiment occupé la scène. Peut mieux faire.
La première difficulté pour Elsie, une transfuge du jazz, était de passer après Kiady qui a reçu le plébiscite du public même en quittant la scène. Ainsi, la jeune femme avait du mal à se libérer. La retenue qu’elle avait dans la voix n’était pas en phase avec ses pas de danse aux airs de samba et de salsa. L’on avait presque l’impression qu’elle tenaitle micro un peu trop loin. Mention très bien toutefois pour la musique. Il y avait cette impression d’écouter des chansons que l’on ne pourrait apprécier que dans des endroits chics. Les arrangements étaient tellement sophistiqués qu’il fallait une pause entre les chansons pour divers petits réglages. Elsie n’a pas laissé dans le placard ses influences jazzy et elle les a mélangées avec une sauce tropicale et latina. La recette semble fonctionner à merveille. Dommage que la chanteuse se soit épanouie que pour les dernières chansons. Assez bien.
Tout semblait aller mal juste avant le début du show prévu pour 19 heures. L’électricité a été coupée dans le quartier d’Antanimena. L’éclairage du statut du Christ dans la cour du collège Sacré Cœur avait du mal à masquer l’obscurité qui entourait la salle de spectacle. A cette heure-là, de nombreux spectateurs étaient encore dehors. La plupart ont attendu le retour de l’électricité avant d’acheter leur ticket d’entrée. D’autres sont partis faire un tour sans être surs de revenir. Ce qui n’a pas découragé Harilanto, le premier responsable du Festival : «les gens qui sont là avaient vraiment l’intention de venir pour voir le spectacle ».

Quoiqu’il en soit, le « délestage » opéré par la Jirama a fortement perturbé les programmations culturelles à Antananarivo. Chaque soir, l’on subissait une coupure alternée d’électricité d’une trentaine de minutes à une heure dans les quartiers de la capitale. Pour patienter, certaines personnes ont acheté une cassette pour l’écouter dans la voiture. C’est ainsi, que l’on a pu apprécier la voix de Kiady, sur le parking, dans le noir, bien avant le show.
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Octobre 2004
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