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(Hard) Rock Malgache
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sans leader et boudé par son public, le rock malgache sur le déclin
La musique est toujours aussi bonne. Les musiciens jouent deux fois mieux qu’il y a dix ans. Il y a de nouvelles voix qui s’imposent face aux sons lourds des instruments. Difficile de ne pas constater une nette amélioration de la musique rock sur le plan artistique à Madagascar. Pourtant, le public se fait de plus en plus rare. Après la vulgarisation de leur musique, quelques rockers ont certes connu un succès populaire et commercial sans précédents. Aujourd’hui, tout a changé.
Au cours du mois de septembre, le théâtre de verdure d’Antsahamanitra a enregistré un record insolite : celui du plus petit nombre de spectateurs venus assister à un concert. Vous l’avez deviné, il s’agit bien d’un groupe de rock. Pourtant le groupe Kambana Metal n’a pas lésiné sur les moyens pour préparer et promouvoir le concert qui aurait pu les faire entrer de plain pied dans la petite sphère de la chanson. Hélas, le public de plus en plus impitoyable lui a fermé la porte. Seules quelque 150 personnes ont fait le déplacement pour voir les jumeaux rockers. L’impression de vide était énorme dans ce lieu qui peut accueillir plus de 6000 âmes.
Le constat
Le double concert au prix d’un, du 26 septembre, au cours duquel les groupes Green et Apost se sont partagé la scène n’a pas permis de laver l’affront pour le rock. Il y avait peut-être trois fois plus de monde que lors du spectacle de Kambana Métal, mais cela demeure évidemment un coup dur pour la Maison de production Do Sol qui a fait honneur à cette musique en programmant ce spectacle dans le Festival Looko Do Sol. Pourtant, l’affiche est plus qu’alléchante. Green devrait drainer un public plutôt classique, notamment féminin. Apost devrait rameuter tous les amateurs de rock, purs et durs. Rien de cela ne s’est passé.
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A qui la faute ? En 2001, Green a cartonné avec des tubes faits de ballade. Les puristes ont rejeté ce rock un peu hybride et trop commercial à leur goût. C’est trop proche du rock gentil et sympathique de Kiaka ! Quoiqu’il en soit, la bande à Jacquot a fait des émules à cause de son succès. La brèche est devenue tellement grande que beaucoup de jeunes formations ont cru à un succès facile grâce au rock. Dernièrement, Green a fait un grand pas en arrière pour revenir à son bon vieux rock, speed, fort et lourd. Du coup, cela détonne par rapport à l’image que le public s’est faite de cette formation durant ses moments de gloire.
La relève
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Le rock malgache est tombé de son piédestal face à l’absence de leader. Le légendaire groupe Tselatra manque cruellement. La formation d’Eric est d’ailleurs la seule à rassembler foule quand le chanteur revient au pays pour un concert. Mais encore, le précurseur du hard rock malgache commence à exaspérer les puristes à cause de sa tendance de plus en plus marquée vers le rock évangélique. Peu importe, Tselatra c’est toujours du tonnerre que ce soit dans une église ou dans le sulfureux cabaret « Le Glacier ».
On ne peut non plus compter sur Kazar, porte fanion du heavy metal puisque son leader Milon vit aussi en France. Sur place, il y a Regh qui a du mal à sortir son rock underground. Mage 4 a un arrangement musical remarquable mais pêche cruellement par la qualité vocale. Difficile de miser sur Hirah même avec une vraie petite clone musicale de Bon Jovi. Les frères Iraimbilanja étaient déjà trop vieux bien avant le retour de l’ariary. Seul à surfer sur la vague du succès, le groupe Ambondrona et leur pop-rock sont rejetés par les puristes dont certains n’hésitent pas de les traiter de « minettes » à l’image de ses fans. Quoiqu’il en soit, la bande à Kix a rassemblé 6500 personnes à Antsahamanitra cette année.
Qui nous restent-ils ? Probablement Apost. Ils ont tout ce qu’il faut : le look, la voix, les compositions de qualité, un arrangement pur, de la prestance et beaucoup de talent. Visiblement, Abasse, le leader vocal, n’a pas encore trouvé un costume taille patron pour se présenter comme le porte-fanion du rock malgache. Avec Thierry au solo, Dessa à la basse et Zozo à la batterie, Apost a toujours un hard rock qui peut électriser le plus froid des publics. Pourvu qu’un de leur titre devenu l’hymne du rock ne soit pas prémonitoire. Sinon ce sera l’«Apocalypse» pour cette musique
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