|
Fête des morts
.... la célébration chrétienne prend de l’ampleur à Madagascar
La relation qu’entretiennent les malgaches avec la mort a bel et bien évolué. Mais dans quelle proportion. Certaines valeurs a priori immuables ne seraient même plus épargnées par l’évolution culturelle et la ferveur religieuse de ces dix dernières années.
Nombre de familles ne pratiquent plus l’exhumation parce que c’est contre les convictions religieuses. Du coup, la fête des morts, célébrée le jour de la Toussaint car c’est férié, entre dans les mœurs. Le souvenir et le devoir de mémoire envers les morts se limitent pour les fervents chrétiens au dépôt de gerbe de fleurs sur les tombeaux.
Selon l’usage, il s’agit de bouquets de fleurs naturelles, ou parfois en plastique, et rarement des couronnes, ces dernières étant utilisées lors des enterrements. La fête des morts est aussi l’occasion pour la famille de nettoyer les alentours du tombeau ou même effectuer quelques réparations sur celui-ci.
Toutefois, les croyances traditionnelles sur les ancêtres n’ont pas complètement disparu. Par exemple, on ne devrait pas rendre visite aux défunts et déposer des fleurs sur leur tombe, comme font les occidentaux, à n’importe quel jour de l’année. La fête des morts est une occasion spéciale faite pour cela. Les discours incantatoires demandant la bénédiction des ancêtres ont fait place à des prières à la gloire de Dieu pour le repos de l’âme des défunts. Quoiqu’il en soit, il y a toujours des malgaches qui entretiennent des liens étroits avec leurs parents décédés. Certains construisent même le caveau familial dans la cour de leur maison.
La tendance est de construire le tombeau sur un espace clos avec des aires aménagées pour une petite excursion familiale le week-end, sans oublier l’indispensable petite maison pour héberger le gardien des lieux. Pour tout bon malgache, on n’est pas originaire du lieu où l’on est né ou on a grandi. Le village natal reste celui où l’on va être enterré.
Maherizo - Tous droits réservés
- Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com -
Madagascar, Novembre 2005
|