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Nosy Be
.... les coulisses du festival Donia 2005
Donia c’est avant tout un espace de rencontre et d’échange culturel et artistique de l’Océan indien. La douzième édition qui s’est déroulé dans le courant de ce mois de mai n’a pas été épargnée par le malheur ni par de nombreux problèmes. Quoiqu’il en soit, Donia 2005, requalifié de festival culturel de l’Océan Indien a été des jours de fêtes pour la population de Nosy Be. Malheureusement, tout cela s’est très mal terminé.
Trois morts et des dizaines de blessés. Le bilan aurait pu être plus lourd lors de la bousculade mortelle à l’entrée du stade. Le stade de la ville peut contenir jusqu’à 15 000 personnes, largement insuffisante pour contenir la foule qui voulait assister aux derniers concerts du festival. Si on parle d’une malédiction qui a frappé le Donia 2005, à Nosy Be, les habitants de l’île sont persuadés qu’il y a une autre qui plane sur ce stade construit sur un ancien cimetière. Les autorités locales pourraient préconiser le respect des rituels ancestraux pour la prochaine édition du festival de Nosy Be.
Avant même le début du festival officiel, Donia a été endeuillé par la mort tragique de l’artiste réunionnais Damien Aupiais qui était membre du groupe Renésens. La voiture qui ramenait quelques membres du groupe de l’Aéroport a été violemment heurté par un minibus dont le conducteur était en train de téléphoner sur son portable. Le choc frontal entre les deux voitures a été fatal. Ce décès a assombri le festival. Artistes et organisateurs ont témoigné leur soutien à la famille et aux amis de Damien. Le festival s’est déroulé avec des hommages rendus au groupe réunionnais et au disparu.
Le festival souffrait aussi de la panne d’électricité à cause d’un non approvisionnement en carburants de la Jirama. Le black-out de 21 heures a considérablement perturbé la fin du festival off. Certains groupes n’ont pas pu se produire alors qu’ils s’y sont préparés durant des semaines et ont fait le déplacement. C’est plus qu’un désagrément pour le Cofestin. Le préjudice pourrait dépasser les 15 millions d’ariary. Pour organiser le festival, un financement de l’ordre de 160 millions Ariary est nécessaire. Donia 2005 avait reçu à nouveau la bénédiction de la Commission de l’Océan Indien (COI). Cette dernière a momentanément cessé de contribuer au financement du festival de Nosy Be suite aux événements de 2002. Parallèlement, un festival Tournant de l’Océan Indien a été initié à Maurice. Seulement, le coût exorbitant de ce nouvel événement a fini par décider la COI de reconsidérer Donia. On regrette du côté du Cofestin la disponibilité tardive du fonds. Ce qui a engendré une certaine précipitation dans la préparation du festival à commencer par la programmation.
Entre le traditionnel festival de Nosy Be et le festival de l’Océan Indien, difficile de noter une différence majeure si on tient compte de l’importance que devrait prendre l’événement. La programmation s’est un peu enrichie de diverses manifestations culturelles non musicales. Quelques conférences publiques, une exposition photo et la représentation d’une pièce de théâtre n’ont pas suffi à transformer le Donia. Ce dernier est resté un festival de musique auquel participent des formations issues des îles voisines. Cette année les groupes réunionnais Rénesens et la Résidence, la formation de la chanteuse malgache Tiana, Trio Universal des Comores, Miki Dache, M’Toro Chamou de Mayotte France, et Fiesta Mauricienne ont été invités par le Cofestin. Les organisateurs avaient prévu la participation de quelque 600 artistes à la 12ème Donia. Dans la liste des concerts supprimés, on regrette beaucoup l’absence à Nosy Be de Dadah de Fort-Dauphin et de Ricky. Ils n’ont pas pu tout simplement rallier l’île aux parfums à défaut de moyen de transport !
Donia c’est une fête aux multiples facettes dans toute l’île de Nosy Be. Dans ce berceau du salegy, les jeunes groupes locaux s’affrontent dans un concours toujours très prisé par le public. Des manifestations sportives sont aussi au programme. A part la compétition de moto cross qui est un sport peu accessible, les jeunes nossybéens ont attendu avec impatience les compétitions de VTT et de marathon. Ces disciplines sportives venues d’ailleurs sont loin de faire de l’ombre au sport national à Nosy-Be. Le « moraingy », un art martial traditionnel mais très contemporains vu son succès indéfectible, contribue à faire de Donia un moment de fête. Le festival est un moment particulier où l’on croise les stars dans les rues, ou dans les lieux où ils font la fête. Si l’effet jet set n’est pas encore là, on commence à sortir les strass et paillettes.
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Madagascar, Mai 2005
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