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Malaise à l’université
.... 2006 sera une année comme les autres
Après une année 2005 très chamboulée, l’université d’Antananarivo est déjà sous pression avant même la rentrée 2006. Ce qui devait être prévisible puisque les problèmes des années d’avant n’ont pas été résolus, certains tout simplement non considérés. Pour le moment, la stratégie de l’Etat, représenté par le ministère de l’éducation nationale consiste à minimiser, voire ignorer le tout nouveau comité pour la défense des intérêts des étudiants. Les autorités essaient de dissuader les étudiants et leurs parents de cautionner une éventuelle grève.
 « Je crois que ces gens ne cherchent pas le bien-être des étudiants mais tout à fait autre chose ». Le ministre de l’Education nationale a tout de suite discrédité le nouveau comité qui a lancé un ultimatum à l’endroit des pouvoirs politiques, tout en suscitant le dialogue, pour résoudre les problèmes récurrents à l’université d’Antananarivo. Haja Razafinjatovo annonce qu’il va prendre des mesures face aux perturbateurs. « Certains de ces jeunes sont des meneurs de grève depuis toujours », fait remarquer le ministre. Ce dernier demande aux étudiants et à leurs parents de ne pas se laisser convaincre par les initiateurs du mouvement estudiantin. « Veuillez regarder de quelle genre de personne il s’agit », a ajouté le ministre.
Le comité pour la défense des intérêts des étudiants est une plate-forme qui est dans l’air du temps. Il est formé par des représentants de chaque région. Il privilégierait la collaboration avec les autorités publiques. Seul problème, le ministère ne l’accorde aucune légitimité même si le comité d’étudiants n’a pas privilégiée la grève, ou devrait-on dire toute manifestation. En réalité, la grève des étudiants n’est pas un problème en soi. A preuve, les revendications reviennent chaque année. Ce que les autorités redoutent c’est une manifestation publique, en particulier une marche vers le centre ville. A tout le moins, Madagascar n’a rien à voir avec la France où élèves et étudiants font pression sur le pouvoir public par des gigantesques manifestations d’envergures nationales. L’intervention énergique des forces de l’ordre, à Ankatso en avril 2005, pour mater la grève des étudiants a été suivie par l’arrestation du leader du mouvement ainsi qu’à la levée de la franchise universitaire.

Hormis les éternels problèmes que sont le manque de professeur, la bourse d’études, la condition d’études, les infrastructures d’accueil… le mouvement estudiantin de 2005 a été motivé par les craintes et les doutes avant un passage en forceps vers le système LMD. Cette année, la principale revendication concerne les non-étudiants. Le nombre d’admission en première année qui peut être supporté par l’université est de 6000. Le comité interpelle les autorités sur le cas des 12 000 jeunes bacheliers exclus du système universitaire. Le concours d’entrée en lui-même n’est pas remis en cause mais ce serait plutôt la faible capacité d’accueil des universités qui n’évolue pas.
Deux idées s’opposent. La première veut faire de l’université une institution pour les élites. Les 6000 admis devraient donc ne penser qu’à eux et étudier sans demander quoi que ce soit. La seconde revendique l’accès à l’université comme un droit pour tous. On estime alors que 12 000 jeunes méritants ont été écartés car le concours d’entrée dans les facultés a été instauré pour limiter le nombre d’admission. Le mouvement estudiantin revendique donc que l’Etat ne devrait pas ignorer ces jeunes bacheliers sous prétexte que ces derniers n’ont pas été reçus au concours d’entrée. La politique de l’Etat privilégie pour le moment l’éducation de base. Les écoles primaires bénéficient de nouvelles salles de classe tandis que les infrastructures des universités sont aussi dégradées qu’insuffisantes. Sur le marché du travail, les diplômes des universités s’imposent pour les cadres de l’Etat, alors que les entreprises privilégient les sortants des écoles et instituts privés.
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Madagascar, Février 2006
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