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Etudier dans une Université Française
.... tout en restant physiquement Mada, oui c'est possible!
Bien d’étudiants malgaches rêvent de faire des études à l’étranger, en France en particulier. Ce qui reste un privilège à quelques boursiers et à ceux qui ont les moyens financiers adéquats. Quoiqu’il en soit, 3500 étudiants malgaches sont recensés en France. Avec le développement des TIC, la formation à distance par Internet offre de nouvelles opportunités d’études et d’orientation de carrière pour les professionnels. Finis les tracasseries
et les queues à 4:00 du matin pour le visa, l’envoi d’argent, les petits boulots… Entre faire venir le petit frère en France ou financer les études de celui-ci dans une université française tout en restant à Mada, on peut enfin choisir.
Le catalogue de formations ouvertes et à distance de l’AUF propose 35 filières dont 30 sont accessibles à Madagascar. Le frais de scolarité varie de 300 à 2850 euros en fonction du niveau du diplôme et du prestige de l’université. Les formations proposées couvrent des domaines très larges : droit et économie ; TIC et sciences de l’ingénieur ; sciences fondamentales ; TIC, enseignement et formation ; TIC et services ; sciences de la santé. Pour ce qui est des diplômes délivrés, il y a 1 certificat, 5 licences, 12 DU et 12 masters. Si les apprenants suivent les cours à partir des endroits où ils ont accès à Internet, les évaluations sont faites en présentiel. Que le mode d’enseignement soit à distance ou non, le statut de l’étudiant ainsi que le diplôme est le même.
Entretien avec Marius Andriamparany, Directeur du Campus Numérique Francophone d’Antananarivo
MN : Rappelez-nous quelle est la politique de l’AUF en matière de formation à distance?
Marius Andriamparany : L’AUF a soutenu des consortiums d’université pour essayer de développer la formation à distance dans les pays francophones. Des tentatives ont été faites pour développer des supports d’auto-formation, donc des cours. Par la suite, la demande a évolué et l’AUF a essayé de mettre en place une collaboration entre des universités du nord et du sud. En 2005, l’AUf propose donc une trentaine de formation à distance. L’année prochaine, on espère atteindre les cinquante formations.
Après le travail en consortium vient l’appui aux apprenants qui consiste à soutenir ceux-ci dans leurs études. L’AUF offre pour l’année 2005 quelque 800 allocations d’études qui correspondent aux deux tiers des frais de formation. Troisième élément de la politique de l’Agence, l’encadrement consiste à former des tuteurs de classe virtuelle. Nous incitons aussi les universités du sud à proposer une formation qui sera intégrée dans le catalogue de l’AUF.
En matière de contenus, les TIC semble avoir une place prépondérante. Quelle sera l’évolution de l’offre de l’AUF en matière de formation à distance ?
Il est plus facile de faire travailler des universitaires à travers le TIC sur un domaine qui traite des TIC elles-mêmes. Les universités les plus à la pointe sont celles qui se sont investies dans les TIC. A mon avis, c’est une évolution normale que de voir encore plus de formations qui sont liées aux TIC. Par ailleurs, il est difficile de faire figurer une formation qui nécessite des manipulations en laboratoire, comme la chimie, dans ces catalogues. On ne peut pas encore anticiper l’évolution en matière d’offre de contenu. Néanmoins, l’AUF encourage les universités du sud à proposer des contenus, des cours et bien sûr des diplômes à destinations des apprenants de leur pays dans un premier temps puis à d’autres apprenants issus d’autres pays.
Est-ce qu’il y a des doutes quant à la validité d’un diplôme obtenu par une formation à distance sur Internet dans le monde du travail ?
Les formations suivies à distance sont à tous points identiques à une formation suivie en présentiel. Sur la carte d’étudiant et surtout sur le diplôme délivré, vous ne trouverez aucune mention qui dit que vous avez suivi la formation à distance ou in situ. Il y a toujours les détracteurs qui font croire que la formation à distance est une formation de seconde chance pour les recalés des universités. Les formations qui sont dans les catalogues s’inscrivent déjà dans le système LMD alors qu’à Madagascar, nous sommes encore au stade de la réflexion. La formation à distance a donc pris le devant. En matière de compétence, je peux vous assurer que les diplômés de la formation à distance à Madagascar sont aujourd’hui des experts très recherchés dans le monde francophone.
Quelle a été la révolution apportée par Internet en matière de formation ?
La véritable révolution c’est le fait que l’on peut suivre de n’importe où dans le monde une formation. Pour les travailleurs, c’est un avantage car même si vous êtes en déplacement, vous pouvez suivre les cours. Si on parle de formation continue, c’est que le travailleur n’est pas obligé de quitter son emploi. Pour l’entreprise, il y a double avantage qui est de former un cadre et de pouvoir bénéficier du service de celui-ci. Internet c’est aussi la facilité de communication. Les apprenants ne sont plus dans un groupe homogène dans un pays donné, avec une culture donnée, ils sont en contact avec des apprenants d’autres pays. Donc, il y a un contexte d’interculturalité. C’est très intéressant, surtout cette ouverture vers ce que l’on appelle la société de l’information, la mondialisation.
La formation à distance serait donc la formation de l’avenir à Madagascar ?
C’est une formation d’avenir qui devra intéresser surtout les travailleurs. Si nous avons en perspective les réseaux en fibre optique à Madagascar, beaucoup plus de ménages et d’entreprises vont s’équiper d’ordinateurs et auront une connexion Internet. L’accès à haut débit et la démocratisation de l’Internet vont changer radicalement la face de l’éducation dans le pays.
Vous avez évoqué un peu plus haut le système LMD. Actuellement, l’idée de ce changement suscite des craintes dans le milieu universitaire. Est-ce que celles-ci sont fondées ?
J’ai eu l’occasion de me pencher sur le LMD sans en approfondir tous les aspects. Tout est question de vision d’avenir : Est-ce que l’on veut élargir la vision de l’éducation à Madagascar, ou est-ce que l’on veut la restreindre à ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. Si on veut s’ouvrir au monde extérieur, nous sommes appelés à mobiliser nos enseignants et nos étudiants à évoluer dans d’autres espaces. Avec l’AUF, on est dans un espace francophone mais il existe d’autres espaces dans le monde. Si nous n’intégrons pas le système LMD, à un moment donné, il se peut que toutes les portes nous soient fermées. Nous ne remplissons plus alors les conditions requises car notre système éducatif ne correspond pas aux normes internationales. On a déjà subi ce problème dans d’autres domaines. Si ce genre de sanction est infligé au secteur de l’éducation, nous aurons du mal à nous relever. Le LMD est une chose inévitable. Nos enfants pourraient partir étudier ou travailler à l’étranger. Il faudrait les préparer pour cela et éviter tous les blocages.
Maherizo - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com., Madagascar, Avril 2005
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