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Prix des carburants
.... un nouveau démarrage en côte
Face à la nouvelle flambée des cours du pétrole, les malgaches ne peuvent que se préparer à la fatalité. Les prix des carburants vont encore augmenter au mois de mai. La cascade de hausse va probablement généraliser l’inflation qui a été jusque là maîtrisée depuis le début de l’année. La mauvaise santé de la monnaie nationale n’arrange pas les choses. L’on craint que le couplage de la hausse du prix du pétrole brut avec la dévaluation de l’ariary ne risque de donner un cocktail Molotov qui pourrait tout flamber.
Jusque-là, le prix de l’essence auparavant qualifiée d’ordinaire n’a jamais dépassé l’équivalent d’un euro. Ce qui fait que les carburants coûtent relativement peu cher à Madagascar. Telle affirmation n’a de place que dans un discours politique. Il y a le pouvoir d’achat qui s’effrite puisque le salaire minimum d’embauche ne permet même pas de faire le plein, voire de remplir la moitié du réservoir. La répercussion de la hausse du prix du carburant, du gasoil en particulier, sur tout le systématique économique est toujours à craindre. L’inflation commence par les PPN et les frais de transports de tout genre. C’est en 2004 que Madagascar a connu la pire inflation qui est estimée à 30%. Le prix du pétrole était passé de 28 dollars, un an auparavant, à 38 dollars.
 Après avoir dépassé largement les 50 dollars en 2005, les cours du pétrole ont encore flambé en 2006. Aujourd’hui à plus de 70 dollars, il va entraîner la quatrième hausse des prix à la pompe depuis le début de l’année à Madagascar. Cette évolution constante vers le haut n’a pas été entièrement motivée par le marché international. La redéfinition de la politique fiscale a plombé un marché local du carburant qui a pourtant connu une courte période d’illusion d’une possible baisse des prix. Depuis la fin de l’année 2005 jusqu’en mars 2006, la hausse a été appliquée dans différentes proportions à tous les types de carburants. Ce sont les utilisateurs de véhicule à moteur diesel qui en font les frais en premier. Le prix du litre du gasoil est passé de Ar 1740 à Ar 1990. Une fois passée la barre psychologique des 2000 ariary, l’impact économique pourrait être important.
La hausse des prix de l’essence semblait savamment calculée afin de promouvoir un carburant plus écologique. Le super carburant jadis réservé à des usagers fortunés devrait être généralisé. L’essence ordinaire est donc du sans plomb 91. Son prix n’est plus très éloigné du sans plomb 95. En trois mois, ce dernier a augmenté de 60 ariary pour atteindre les 2400 ariary. La nouvelle essence tourisme a fait un bond de 225 ariary pour culminer à 2035. Du coup, de nombreux automobilistes choisissent de passer progressivement au super carburant. Un pompiste d’une station service très fréquentée se désole de l’affluence des voitures qui font la queue pour s’approvisionner. Selon ses explications, « les gens ont l’habitude d’acheter 5000 ariary de carburant, comme cela ne fait pas une grosse quantité, ils reviennent plus souvent. En tout cas, le nombre de voitures qui passent à la pompe ne signifie pas qu’on vend plus de carburants en une journée ».
Aujourd’hui, le secteur pétrolier est totalement libéralisé à Madagascar. Les compagnies sont libres d’appliquer leur prix sans que l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) n’intervienne. La concurrence ne joue pourtant pas en faveur des consommateurs. Ces derniers profitent d’une courte période de grâce lors de la hausse des prix. Les compagnies appliquent en effet les nouveaux tarifs selon l’épuisement de leur stock précédent. Après, les prix des unes et des autres deviennent quasiment alignés. Personne, ni les consommateurs ni les autorités, à commencer par l’OMH, ne semblent s’offusquer de cette entente. Il est bien loin le temps où le gouvernement prenait les choses en main. Dernier en date, la subvention de 30 millions de dollars négociés par le gouvernement Tantely Andrianarivo, en 2000, auprès de la Banque mondiale a permis de stabiliser les prix à la pompe. A cette époque-là, la hausse des prix était à éviter pour ne pas mettre le pays en difficulté. Aujourd’hui, elle est subie mais a le mérite d’expliquer pourquoi le pays est en difficulté.
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Madagascar , Avril 2006
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