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Economie
.... le travail ne rend pas plus riche le malgache
Les derniers chiffres publiés par l’INSTAT devraient refléter une situation socioéconomique en nette amélioration à Madagascar. La pauvreté a régressé de 3,4 points. Le taux de chômage est relativement faible. Paradoxalement, près de la moitié de la population estime que leur niveau de vie s’est détérioré entre 2004 et 2005. La croissance ne profite qu’à une très fine minorité. En tout cas, à Madagascar, tout travail ne mérite pas salaire.
 Si la politique de l’Etat met l’accent sur la réduction de la pauvreté et non pas l’amélioration de la vie économique ou l’enrichissement, les statistiques la justifient aujourd’hui. Madagascar devrait cependant accélérer la construction du fameux mur du développement qui ne commence que cette année. Les résultats en 2005 sont encore en dessous de la moyenne requise en matière de réduction de la pauvreté. Certes, ils sont encourageants puisque le taux de pauvreté est passé de 72,1% à 68,7% entre 2004 et 2005. Soit une baisse, ou plutôt une amélioration, de 3,4% qui est bien en deçà des 5% requis tous les ans si l’on veut réduire la pauvreté de moitié en 2015.
La croissance économique de ces dernières années a profité aux citadins. Le taux de pauvreté dans les villes est estimé à 52%. La situation dans le milieu rural reste préoccupant puisque 73% des paysans sont pauvres. Cette population à majorité agricole est toujours limitée à l’économie de subsistance qui devient de moins en moins suffisante. L’éternel paradoxe dans la Grande île demeure l’insuffisance des surfaces utilisées pour l’agriculture. 73,1% des exploitations utilisent un terrain de moins d’un hectare. Une grande exploitation dans les campagnes malgaches dépasse les… 4 hectares. Et encore, cela ne concerne que 4,5% des terres cultivées.
Les travailleurs malgaches ne rechignent pas devant la précarité. Dans la population active de 14 à 64 ans, 88% ont un travail. 25% d’entre eux vivent une situation de sous-emploi. Ainsi, l’on n’hésite pas à accepter un emploi inadéquat. C’est le cas pour 45,2% des travailleurs. A Madagascar, travail ne signifie pas forcément salaire mais plutôt moyen de subsistance. Le taux de salarisation ne dépasse pas les 14%. Ainsi, près de 86% des travailleurs malgaches exercent un emploi sans salaire. Cela s’explique par une conviction selon laquelle travailler pour soi est beaucoup plus rentable qu’être un salarié. Le salaire annuel moyen est de 990 000 ariary. Ce qui est bien loin de la grille salariale des grandes entreprises et de certaines professions stratégiques.
Le bas niveau de salaire pousse les 40,9% de travailleurs à avoir une source de revenus d’appoint. Quelque 47% de ces individus qui exercent un métier affirment rencontrer des difficultés dans la vie. La réduction de la consommation du ménage est une solution privilégiée par le tiers de la population active et travaillant. Enfin, une petite minorité de 0,3% estime que leur niveau de vie s’est amélioré entre 2004 et 2005. Malgré une inflation dans tout le secteur de l’énergie et qui tend à se généraliser, la crise n’est pas encore évoquée. L’économie malgache résisterait plus ou moins bien à la pression du contexte international. Ce n’est pas un avis que partagerait la majorité de la population.
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Madagascar , Mars 2006
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