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Développement
.... les bailleurs de fonds sollicités pour le « Madagascar Action Plan »
Même si le document stratégique adopté par Madagascar actuellement est plutôt satisfaisant, le président Ravalomanana souhaite passer au plan B. Attendu comme une réelle stratégie de développement, le « Madagascar Action Plan » bénéficierait déjà d’une opinion favorable chez les principaux bailleurs de fonds. La bonne gouvernance, la construction de routes et l’éducation seront au cœur de la future nouvelle politique du chef de l’Etat pour les cinq prochaines années.

Marc Ravalomanana a-t-il eu une vision qui le montrerait à la tête de l’Etat cinq ans de plus? En tout cas, il a bel et bien une vision « Madagascar naturellement ». Le DSRP (Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté) serait dépassé. Le futur MAP (Madagascar Action Plan) sera le document de référence, le premier établi par le régime Ravalomanana, pour le processus de développement et surtout pour les interventions des bailleurs de fonds, en particulier la Banque mondiale dans sa stratégie d’assistance pays et le FMI. La rédaction de ce plan n’est pas encore achevée. Par ailleurs, le processus participatif pourrait être requis pour susciter l’adhésion de tous. Le secteur privé et la société civile vont participer à l’élaboration du MAP.
Le MAP serait donc une adaptation aux réalités malgaches du fameux « Plan Marshall pour l’Afrique » pour lequel Marc Ravalomanana a plaidé lors de grands sommets internationaux. « Comme il n’y avait pas de guerre chez nous, j’ai modifié le mien » - c’est-à-dire le plan – explique le président. Ce dernier souhaite une nouvelle forme collaboration avec les bailleurs de fonds. Celle-ci sera basée sur la franchise et l’égalité dans le partenariat. « Ce n’est pas Madagascar qui veut être à la traîne. C’est vous, les bailleurs de fonds, qui ne tenez pas toujours votre parole. Vous faites des promesses, vous faites des grandes déclarations, alors que les conditionnalités que vous imposez ne sont pas supportables pour les pays en voie de développement », a déclaré le chef de l’Etat.
Le plan de Marc Ravalomanana ne pourra être exécuté sans l’appui des bailleurs de fonds. Il a donc tenu à convaincre ces derniers de la pertinence de sa stratégie. Avec les conditionnalités, « comment voulez-vous que l’on puisse le faire », a déclaré le président. Au contraire, c’est lui qui a posé des conditions : « je ne vais pas le faire si vous n’annulez pas d’abord nos dettes ». Marc Ravalomanana est certain de trouver les financements nécessaires à son plan. Il compte beaucoup sur la mobilisation des ressources financières qui sommeillent dans les pays riches et qui pourraient être utilisées pour financer le développement d’autres nations. Il espère que la confiance sera à nouveau instaurée entre Madagascar et les bailleurs de fonds, après que les relations entre les deux parties aient évolué. « Un jour, ce ne sera pas plus l’argent qui manquera mais les idées… », prédit le président.
Pour l’instant, Marc Ravalomanana essaie d’avoir les bailleurs de fonds de son côté. Il est parfois déroutant d’entendre les propos qui ont lieu dans le palais présidentiel et rapporté en public avec une telle décontraction. En tout cas, le président ne limite pas ses démarches aux représentants des bailleurs et entend plaider directement à la tête de l’organisation. L’annonce de ce MAP avant même qu’il ne prenne forme est associée à l’ambition politique du président de la République. Ce dernier semble donner des indications sur sa volonté de rester à la tête de l’Etat pour un autre mandat, et aussi sur un projet de société qui sera présenté au public avant l’élection présidentielle de 2007. Un plan d’action pour une période de cinq ans, sinon des programmes de développement devant s’achever en 2012… tout cela pourrait être des arguments électoraux qui agiraient avant l’heure.
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Madagascar, Mars 2006
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