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Investissements étrangers
.... le Projet d’extraction d’ilménite en exemple
Dix-sept années ont passé avant que le projet d’extraction d’ilménite à Fort-Dauphin ne démarre officiellement. C’est le plus grand chantier de Madagascar, non seulement au point de vue de production mais aussi par le montant de l’investissement. Qit Madagascar Minerals S.A, la filiale du groupe canadien Rio Tinto y injecte, pour la construction d’infrastructures et l’exploitation des mines, quelque 850 millions de dollars (US). Le projet ilménite est naturellement devenu le symbole, sinon, le modèle de l’investissement direct étranger à Madagascar.
 Selon le président Ravalomanana, le projet d’extraction d’ilménite à Tolagnaro aura des impacts sur toute l’économie. En particulier, l’exploitation de la ressource minière enfouie sous le sable de ce coin de la Grande Ile va impliquer la construction de nouvelles infrastructures. « Ce grand projet va créer des emplois directs et beaucoup d’autres avantages pour toute la population », prédit Marc Ravalomanana. Pour ce dernier, c’est la marque de la confiance des investisseurs. Le premier ministre abonde aussi dans ce sens. A part la création d’emplois, Jacques Sylla se réjouit de l’implication des entreprises locales dans le projet, et du fait que celles-ci vont bénéficier de l’expérience d’un groupe international. Le partenariat est enrichissant pour les opérateurs malgaches qui auront une occasion de se mettre dans le bain de la mondialisation et découvrir ce qu’est la concurrence sur le marché international.
Le premier ministre a relevé l’existence d’une féroce concurrence dans le cadre d’une exploitation industrielle d’une telle envergure. Les entreprises partenaires devront faire face indirectement par le biais de QMM, à la concurrence au niveau régional et international. Jacques Sylla les appelle à faire preuve d’audace et de professionnalisme. Le projet ilménite à Tolagnaro est l’une des deux plus grandes fiertés du gouvernement en terme d’investissement. Son coût s’élève à 850 millions de dollars. La construction d’un nouveau port à Fort-Dauphin va nécessiter quelque 145 millions de dollars. Ce sera le fleuron des infrastructures construites dans le cadre du projet et dont la région de l’Anosy bénéficiera. Comme QMM n’utilisera le port qu’une fois par semaine, l’infrastructure sera exploitée pour d’autres marchandises. On prévoit un trafic de 700 000 tonnes par an. La construction de ce port minier et marchand, long de 900 m, va commencer en septembre pour ne s’achever qu’en 2008. Cette année, QMM va installer le campement permanent des employés ainsi que les usines de traitement. La société va aménager la route qui va relier le site d’extraction d’ilménite au port.
L’Etat malagasy est partie prenante dans le projet puisqu’il est actionnaire à hauteur de 20%, à travers l’OMNIS. Le projet ilménite devrait rapporter à l’Etat une rente de 21 millions de dollars par an. Il s’étend sur le long terme. La première exploitation sur le gisement de Mandena dans l’Anosy, durera près d’un quart de siècle. Cela représente un investissement direct de 700 millions de dollars US. 600 emplois directs seront créés. Le nombre de travailleurs rémunérés pourrait atteindre le millier lors de période de pointe. On estime aussi à un millier le nombre d’emplois indirects autour de l’exploitation d’ilménite. Les entreprises locales se familiariseront avec les procédures et les normes de QMM. L’enjeu est grand puisque 26 millions de dollars US sont destinés à payer les services fournis par les prestataires. Gary O’Brian, le PCA de QMM rappelle l’objectif de sa société : « concevoir un projet moderne dans tous les domaines et de standard mondial ».
Le projet d’extraction d’ilménite n’aura pas que des impacts économiques. Un programme communautaire définit les actions dont bénéficieront les communes aux alentours des sites d’exploitation que sont Mandena, Petriky et Sainte-Luce. Il y aura des projets concernant l’environnement qui se soucient particulièrement de la restauration écologique et de l’aménagement de zones de conservation. Dans ces dernières, des circuits touristiques seront créés. Le programme traite aussi de volet purement social comme la santé et l’éducation. Si QMM s’occupe de la rénovation d’écoles primaires et secondaires, le maire de Fort-Dauphin, Georges Mamy Randrianaina, entend bien profiter de l’opportunité pour créer des formations professionnalisantes pour les jeunes. Vu que le projet peut durer un demi-siècle, il espère que, à terme, la société va recruter des cadres parmi les locaux, à tout le moins une main d’œuvre qualifiée. C’est en effet dommage que les natifs de Fort-Dauphin soient cantonnés aux « tâches ingrates » alors que c’est aussi leur projet.
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Madagascar, Février 2006
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