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Développement économique
.... compter uniquement sur les investissements directs étrangers
Malgré une série de croissance économique largement positive communiquée en leitmotive par les politiciens au pouvoir, Madagascar ne s’est pas pour autant développé. La grande Ile est toujours très mal classée, occupant la 16ème place… à partir de la dernière ! La faute à un manque crucial d’investissements étrangers. L’appel aux investisseurs lancé par les dirigeants devront donc se traduire en chiffre et atteindre au moins les 750 millions de dollars pour qu’il y ait véritablement de développement. Un manque que ni l’Etat, ni le secteur privé, ni les bailleurs de fonds ne sont en mesure de combler
 « Les bailleurs de fonds ne peuvent pas tout faire ». Le Directeur des opérations de la Banque mondiale à Madagascar et dans l’Océan Indien, affirme « qu’il ne reste plus que les investissements directs étrangers » (IDE) pour accroître de manière significative le PIB. La richesse créée chaque année dans la Grande Ile est de l’ordre de 10 000 milliards ariary, soit environ 5 milliards de dollars. Ce qui représente la fortune d’un richissime homme d’affaires en Amérique. Divisé par 17 millions d’habitants, le PIB de Madagascar est de 295 dollars, ce qui lui vaut la 155ème place sur 171 pays. Pour que l’on puisse parler de développement proprement dit, le PIB par habitant doit au moins doubler.
Une croissance à deux chiffres et qui va être soutenue durant plusieurs années, voilà donc le défi qui se présente actuellement. Si le président Ravalomanana y croit, c’est que d’autres pays l’ont fait à l’instar du Vietnam et de l’Ile Maurice. Cela devrait se passer en deux décennies. Pour atteindre le niveau de vie d’un pays émergeant comme le Maroc ou la Chine, il faudra des investissements directs de 750 millions de dollars par an et une croissance soutenue de l’ordre de 10% à Madagascar. Le PIB par habitant pourrait atteindre les 1400 dollars, si l’on tient compte de l’évolution des richesses, d’une part, de l’accroissement démographique qui est de l’ordre de 2% par an, d’autre part.
Le premier ministre Jacques Sylla pense trouver la solution dans la gouvernance tout en assurant la stabilité et la sécurité afin d’influer sur les risques, les coûts, et les obstacles à la concurrence. « Nous sommes prêts à procéder aux changements requis » a déclaré le chef du gouvernement. Il a cité les grands chantiers pour améliorer le climat d’investissement comme l’amélioration du cadre réglementaire, la mise en place d’infrastructures, la valorisation du capital humain, des réformes administratives, des mesures fiscales incitatives…Le système judiciaire n’inspire pas non plus confiance. La concurrence est aussi un domaine qui a du mal à être réglementée à Madagascar. Des accords de protection spéciale des investissements ont été signés avec certains pays comme La Réunion (France) ou Maurice. Selon la Banque Mondiale, « un meilleur climat d’investissement pour tous » peut créer des opportunités et inciter les entreprises à investir de façon productive.
Le projet « Accor » a été le symbole d’un climat d’investissement peu attractif à Madagascar qui est situé à la 130ème place dans un classement de la Banque mondiale. En 2003, le célèbre groupe hôtelier n’a pas obtenu l’accord du gouvernement malgache pour lui octroyer une exonération de taxes, de douane et de TVA pour l'ensemble des investissements touristiques de l’ordre de 21 millions d’euros. Accor entend bien persévérer pour installer dans un premier temps un hôtel de 180 chambres dans le centre ville d’Antananarivo, soit un investissement de 15 millions d’euros dont 2 millions de taxes et 1 million de droits de douane. Il attend du gouvernement un aménagement qui permettra d’échelonner le paiement sur trois ans. Il faudra donc, tous les ans, 35 projets de l’envergure de celui du groupe Accor pour avoir les 750 millions d’investissements nécessaires à la relance de l’économie. Bref, l’équipe de Jacques Sylla s’est montrée inflexible sur une demande d’exonération d’une entreprise particulière, elle sera peut-être amenée à faire preuve d’une souplesse généralisée pour toutes les autres qui souhaitent investir à Madagascar.
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Madagascar, Janvier 2006
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