|
Jirama
.... trois ans de purgatoire avant de refaire du bénéfice
Généralement, les responsables étatiques se réjouissent des sommes obtenues auprès des bailleurs de fonds. Les 125 millions de dollars qui ont été les fruits de la négociation de Paris, mi-janvier, n’ont pas suscité l’enthousiasme habituel. Au contraire, l’heure est à la prudence, vu les grands travaux que représente le plan de redressement de la Jirama. Si le programme d’investissement s’étale sur quatre ans, l’Etat espère la rentabilisation de la compagnie d’eau et d’électricité en 2008.
 Pour le ministre de l’Economie, des finances et du budget, Radavison Andriamparany, cet accord avec les bailleurs de fonds est le signe d’une confiance retrouvée. Cette dernière devra aussi lever certains doutes auprès des partenaires et des fournisseurs de la Jirama. « Les bailleurs de fonds ont attendu le plan de redressement pour collaborer avec nous », devait déclarer le ministre. Les principaux donateurs sont la Banque mondiale, FMI, BE, BAD, AFD et aussi des pays comme l’Allemagne et la Hollande. Avec un financement de 125 millions de dollars, auquel pourraient s’ajouter d’autres aides, la Jirama devrait être en mesure de rénover ses infrastructures, d’une part, d’assainir sa recette budgétaire, d’autre part.
Selon Donat Andriamahefaparany, ministre de l'Energie et des mines, une grande partie de ce fonds va être utilisée pour « la réhabilitation du parc de la Jirama qui est assez vétuste car le délai de maintenance n’a pas été respecté ». La compagnie devra pouvoir réduire les coûts de production de manière considérable afin de retrouver l’équilibre financier dès fin 2007. Pour l’instant, les deux augmentations de tarifs en 2005 n’ont fait que réduire le déficit budgétaire. Ce dernier demeure important car il est de l’ordre de 7 milliards Ariary par mois. La solution n’est pas d’augmenter les 16,5 milliards Ar de recettes, vu qu’on encourage les utilisateurs à économiser de l’énergie, mais de réduire les 24 milliards Ar de coûts de production mensuels. Les carburants représentent la moitié des dépenses.
La compagnie voit donc sur le moyen terme et n’entend pas prendre des mesures d’urgence pour résoudre « le symptôme » de la crise qui n’est autre que le délestage. Le nouveau directeur général de la Jirama, Laurent Cupani, parle d’une analyse de fond avant d’appliquer une solution définitive. Il n’exclue pas les mesures de délestage dans cette phase de redressement de la compagnie. C’est plutôt l’Etat qui essaie d’apporter des solutions immédiates afin de soulager la compagnie. Donat Andriamahefaparany, ministre de l'Energie et des mines, annonce que l’aide à la Jirama figure bel et bien dans la loi des finances 2006 avec un budget de 25 milliards Ar. A son niveau, la direction de la Jirama prend des mesures immédiates comme l’utilisation de jauge pour contrôler la quantité des carburants ou encore l'installation de compteurs prépayés.
Le besoin croissant en matière d’énergie à Antananarivo laisse toujours planer l’application des mesures de délestage. Suite à la double hausse des tarifs et surtout la campagne de ratissage pour débusquer les fraudeurs, la consommation est passée de 150 MW à 125 MW. Les problèmes de la production d’électricité sont encore loin d’être résolus. La station hydroélectrique de Mandraka ne produit que 10% de ses potentialités estimées à 24MW. Les stations thermiques fonctionnant au gasoil sont limitées par la flambée des prix de carburants. Patrick Ramiaramanana, PCA de la Jirama, a remis en cause cette utilisation excessive du gasoil. « Dans le monde, ce genre de carburants sert juste à faire fonctionner les groupes de secours… il faut tout faire pour passer au fuel lourd qui est moins cher » a-t-il annoncé. Une station installée à Mandroseza en est le précurseur avec une production de 40MW. La transformation des centrales thermiques à Ambohimanambola, Antsiranana, Mahajanga et Toliara figure aussi dans le plan de redressement. Le maire d’Antananarivo a aussi confirmé l’orientation de la Jirama vers l’utilisation d’énergies renouvelables. On ne sait pas encore si cela veut dire… moins cher pour les consommateurs.
Maherizo - Tous droits réservés
- Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com -
Madagascar, Janvier 2006
|