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Chemins de fer
.... la FCE confiée de gré à gré à Madarail
La difficulté de la reprise d’une entreprise nationalisée par le privé, en particulier quand il s’agit du service public, est encore d’actualité. Après avoir fait l’objet d’un appel d’offre, la ligne de chemins de fer Fianarantsoa-Côte Est (FCE) ne sera pas mise en concession pour tout de suite. Tout comme la Jirama, l’entreprise sera dirigée dans le cadre d’un contrat de gestion en vue de son redressement.
 « A partir de maintenant, la ligne FCE et le port de Manakara feront l’objet d’un contrat de gestion pour une période de deux ans ». Roland Randriamampionona, ministre des Transports et des travaux publics, a annoncé que cette mesure a été prise dans le but d’améliorer et de remettre en état les chemins de fer qui relient la capitale du Betsileo à la ville portuaire de Manakara. L’Etat n’a pas l’intention ni les moyens de subventionner l’exploitation de la FCE. Comme la soumission a été jugée trop faible sur le plan des apports en capital des repreneurs potentiels, « le ministère des Transports et des Travaux Publics en collaboration avec les bailleurs de fonds étaient obligés de recourir à une autre solution ». Les offres parvenues dans le cadre de la mise en concession n’ont pas été jugées satisfaisantes aussi bien pour l’Etat que pour la FCE.
Logiquement, c’est la société Madarail, déjà opérationnelle à Madagascar sur l’autre ligne de chemins de fer reliant Antananarivo à Antsirabe au sud, et à Toamasina à l’Est, qui a été choisie. En réalité, le contrat de gestion, qui n’a pas encore été signé, prendra effet en avril prochain. Il pourrait déboucher sur la création d’une société d’affermage qui reprendra les actifs de la ligne FCE et du port de Manakara. Dans le cadre du contrat de gestion, l'Etat désigne le repreneur mais assure également toutes les dépenses engagées dans l’exploitation et les investissements. Ces charges auraient été prises par le repreneur s’il s’agissait d’une mise en concession mais l’Etat reste propriétaire des infrastructures. Dans le cadre d’une société d’affermage, l’Etat sera toujours le propriétaire des moyens de production mais il aura à financer les travaux de renouvellement des infrastructures et des matériels.
Si l’Etat et ses partenaires ont approché la société Madarail pour être aux commandes de la locomotive de la FCE, c’est d’une part à cause de son expérience du contexte malgache, notamment des problèmes rencontrés lors de la relance de l’exploitation d’un réseau ferroviaire mal en point. L’entreprise dirigée par Patrick Claes serait la mieux placée pour rationaliser les conditions d’exploitation de la ligne. Il s’agit donc, non seulement de réduire les pertes financières mais aussi de les éviter. Ce qui suppose entre autres la réduction des effectifs qui sont trop importants par rapport à l’exploitation, dans le cadre d’un plan social négocié. Ce que l’Etat attend avant tout de Madarail, c’est un plan d’investissement d’urgence qui remettra très vite la FCE sur les rails.
Le débat qui a eu lieu à Fianarantsoa et dans la région Vaotovavy Fitovinany n’a pas eu grand écho dans la capitale. En chef de file, Pety Rakotoniaina a dénoncé l’accord entre l’Etat et la société Madarail au détriment des soumissionnaires. Il a dit ne pas comprendre que la Banque Mondiale puisse le permettre. Les justifications avancées par le ministère du transport sont fondées sur le montant des offres. Le consortium CFD (chemins de fer départementaux) Madécasse et Mer Austral a avancé 200 000 dollars, la société française Travaux du Sud-Ouest (TSO) n’a pas fait mieux. Selon un technicien du ministère, un tel capital aurait été absorbé en 18 mois. Au final, l’Etat aura eu à subventionner l’exploitation, ce qui aurait pu lui coûter des millions de dollars. Selon, le ministre Roland Randriamampionona, il faudra une enveloppe de 9 millions de dollars, un financement tiré du Projet sectoriel des transports, pour faire fonctionner le contrat de gestion. Ce dernier prévoit l’acquisition de matériels et la maintenance aussi bien pour la FCE que le port de Manakara, le paiement des coûts de prestation de Madarail et la préparation de l’installation de la société d’affermage.
Le mandat de l’unité FCE-R (Fianarantsoa Côte Est Réhabilitation) chargée de préparer la ligne ferroviaire et le port pour la mise en concession a pris fin le 31 décembre dernier. En quatre ans, les réalisations sont nombreuses : 163 km de voies sécurisées, 55 km de voies réhabilités ; remise en état des véhicules dont 3 locomotives, 2 draisines et 28 voitures ; plantation de 3 millions vétivers pour pallier les érosions. Le nombre de passagers a augmenté de 120% pour atteindre les 167 000 en 2004. 12 500 tonnes de fruits ont été transportés sur la ligne en 2004, soit le double des résultats de l’année 2000. Contrairement au cas de la Jirama, il est difficile d’instaurer une augmentation de tarifs sur la FCE. Cette ligne de chemins de fer a en effet une vocation socioéconomique et agricole. Cela ne l’empêche pas d’être l’une des circuits touristiques les plus prisés.
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Madagascar, Janvier 2006
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