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Jirama
.... le ministre Andriamahefamparany redresse la barre
La première réunion entre la Jirama et les bailleurs de fonds depuis la grande réforme initiée au sein de la compagnie d’électricité a été plutôt satisfaisante. Si elle a permis de mesurer les impacts des efforts entrepris jusqu’ici, la rencontre a aussi été une occasion de présenter un plan de redressement qui met en avant des points divers comme la restructuration financière, l’accroissement des ressources en électricité, la maîtrise des coûts de production, le renforcement des contrôles… Pour mettre en œuvre ce plan, la Jirama doit encore trouver un financement de 194 milliards ariary.
 « On attend des partenaires et des bailleurs de fonds qu’ils prennent une décision. Déjà, il faut qu’ils trouvent que le plan de redressement est valable, crédible et réalisable », a affirmé Donat Andriamahefaparany. Ledit plan est en partie déjà mis en œuvre. Ce sont les usagers qui en ont fait les frais les premiers avec une double augmentation des tarifs. Après la hausse de 30% en juillet, il y a eu une autre en novembre qui a été de 35% pour l’électricité et 15% pour l’eau. Les clients de la Jirama ne seront pas au bout de leur peine puisqu’une hausse uniforme de 10% sera appliquée en 2007. Bref, la mission du ministre de l’Energie et des Mines a connu un virage à 180 degré. Si au départ, le président Ravalomanana lui demandait de trouver un moyen de faire baisser le coût de l’énergie, aujourd’hui, Donat Andriamahefamparany est chargé de faire passer la hausse des tarifs.
Le jeune ministre ne va pourtant pas se faire plus de cheveux blancs pour cela. Optimiste, il annonce que l’économie malgache sera redressée en 2007 et cette hausse programmée du coût de l’énergie et de l’eau ne fera pas de vagues. En tout cas, après avoir survécu au sein du gouvernement après la tempête du délestage, il est probable que Donat Andriamahefamparany sera toujours à la tête du « ministère de la Jirama ». Il a assumé la gestion de la crise qu’a traversé la compagnie nationale, puisque les administrateurs allemands se sont complètement effacés. La Jirama a accumulé de 1999 à 2004 quelque 53 milliards ariary de perte à cause des réquisitions à répétition. La gabegie venait aussi de l’intérieur à l’exemple des sommes faramineuses allouées au paiement des heures supplémentaires et l’obligation de vendre à perte, service public oblige. La Jirama ne va pas appliquer un plan social et encourage le départ volontaire pour réduire son effectif. Elle reste sur ce point une entreprise publique à part entière.
Le plan de redressement de la Jirama vise avant tout à rééquilibrer les finances de la société. Cette dernière va renforcer ses capitaux propres en ayant recours à des réserves d’un peu plus de 2 milliards ariary pour s’ajouter aux 17,5 milliards ariary du capital actuel. L’engagement de l’Etat dans cette entreprise publique sera renforcé de 50 milliards ariary de capitaux. La privatisation ne figure donc pas dans le plan de redressement de la Jirama. L’Etat devra cependant avoir un rôle limité à celui de l’actionnaire. La compagnie des eaux et de l’électricité doit aussi négocier auprès des banques le financement de ses activités d’exploitation. La Jirama n’est pas en mesure de brancher des milliers de nouveaux clients par faute de trésorerie. Quand aux investissements, ils seront financés par des crédits à long terme à des taux peu élevés sollicités auprès de bailleurs de fonds.
La Jirama doit encore trouver quelque 194 milliards ariary. Le plan de redressement fait état d’un besoin total de 391 milliards ariary pour la période 2005-2009. Contrairement aux idées reçues après la période de délestage, ce n’est pas dans l’électricité que va être investie la somme la plus importante. Le volet énergie évoque un besoin de 180 milliards ariary contre 211 milliards pour les activités Eau. Le financement disponible actuellement est respectivement de 60 milliards pour l’électricité et 137 milliards pour l’eau. Tous ces investissements ne seront acquis que lorsque la Jirama aura présenté toutes les garanties d’une finance saine et restaurer sa crédibilité aux yeux des bailleurs de fonds. Tout se décidera à la réunion de Paris qui va se dérouler mi-janvier 2006.
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Madagascar, Décembre 2005
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