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Energie
.... les renouvelables pour délester la Jirama
Face à la crise énergétique sans précédent à Madagascar, délestage fortement impopulaire et de plus en plus anti-économique dans les villes, le ministère de l’Energie et des Mines ainsi que ses partenaires se sont attelés à la mise sur pied d’un programme national. Dans la nouvelle politique de l’énergie, on relève une très grande importance donnée aux ressources renouvelables.
Jusqu’à maintenant, les besoins énergétiques à Madagascar sont satisfaits par deux moyens : le gasoil et le bois. La flambée du prix du pétrole et la destruction galopante des forêts ne pouvaient donc qu’aggraver la situation d’un pays qui n’arrive plus à produire assez d’électricité pour faire tourner les unités de production et illuminer les foyers. La future politique nationale de l’énergie explore différentes alternatives qui semblent correspondre à la vision présidentielle « Madagascar naturellement ». Charbon minier, uranium, éolienne, solaire, biogaz… seront des solutions envisagées pour apporter l’énergie en milieu rural. L’énergie hydroélectrique sera maintenue mais son développement sera limité à cause d’un coût d’exploitation excessivement cher. Sur un potentiel estimé à 7 800 MW, les stations hydroélectriques actuelles ne produisent que 105 MW. Une station de 180 MW pourrait répondre au besoin en énergie d’Antananarivo et de ses environs. Pour mettre en place une infrastructure qui devrait être trois fois plus grands qu’Andekaleka, l’investissement est estimé à 210 millions de dollars. L’énergie hydroélectrique ne sera donc jamais exploitée à fond. De même, les cours d’eau ne sont pas particulièrement impressionnants et le débit tend à baisser durant la saison sèche.
 La Jirama ne pourra donc plus assumer une position de monopole. Par ailleurs, le secteur de l’électricité a été libéralisé depuis l’adoption de la loi 98-032 du 20 janvier 1999. Dans le désormais classique 3P, le partenariat avec les privés est suscité afin de répondre à des besoins énergétiques au niveau des régions, le tout sous la surveillance de l’Organisme régulateur de l’électricité. Les futures centrales électriques de petite ou de moyenne taille appartenant à des entreprises privées pourront délester la Jirama d’une partie de ses charges. La compagnie nationale a servi 320 000 abonnés en 2004. L’accroissement annuel des nombres d’abonnement est de l’ordre des 5%. Dans sa politique visant à augmenter de manière sensible le taux d’électrification à Madagascar, l’actuel régime mise sur l’exploitation rationnelle des différentes ressources dont dispose la Grande Ile. En premier lieu, l’objectif est de créer des centrales hybrides. Même la Jirama va s’y atteler. L’utilisation exclusive d’énergie renouvelable ne sera pas suffisante pour répondre aux besoins. Les zones enclavées à besoin réduit pourront toutefois se contenter des énergies solaires et éoliennes.
Le projet d’énergie de remplacement qui est le plus avancé est celui de la filière biocarburant à base de jatropha. D’ici trois ans, quelque 25 000 ha seront plantés. Les associations paysannes bénéficient d’appuis de bailleurs de fonds en premier lieu le projet Bamex financé par les américains. L’alcool de fabrication traditionnel dont la forme la plus courante est le « Toaka gasy » pourrait aussi connaître une reconversion et faire tourner des moteurs au lieu de brûler des estomacs. A court terme, des opérateurs étrangers, essentiellement asiatiques pourraient exploiter les ressources énergiques qui sommeillent dans les entrailles de la Grande Ile. Le charbon de Sakoa et le fer de Soalala vont permettre la mise en place de centrales à Fort-Dauphin et Tuléar. Chinois, indiens, malaisiens, japonais, les canadiens aussi pour l’uranium, sont intéressés par un investissement dans la production d’énergie. Si la politique nationale de l’énergie encourage l’utilisation d’énergie renouvelable, elle se heurte à un obstacle de coût. L’exploitation de tout ce qui est bio revient plus cher. L’accès universel à l’électricité est devenu une utopie non pas en raison des impératifs techniques mais tout simplement à cause d’un prix élevé à la consommation. Si la Jirama n’a pas développé son réseau dans les campagnes c’est peut-être que la demande n’y existe pas tout simplement.
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Madagascar, Novembre 2005
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