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Eau potable : un besoin de l'homme, un droit de la femme

Publié le 07/11/2005 20:06 par elman

Eau potable
.... un besoin de l’homme, un droit de la femme


L’eau c’est la vie mais elle n’est pas que cela. Le président Ravalomanana fait de l’accès à l’eau potable un « droit ». En 2005, seulement le tiers de la population malgache a ce droit qui n’a pas été enlevé aux deux autres tiers. On ne l’a jamais donné à ces derniers. La situation et en passe de s’améliorer même si la vaste étendue de la Grande Ile fait qu’une couverture totale du territoire par un réseau de distribution d’eau potable est utopique. Dans l’horizon 2015, le fameux objectif du millénaire table sur 56% de la population ayant accès à une eau qui ne pourrait nuire à leur santé.

Le gouvernement en a fait une priorité. Le programme pour la vulgarisation de l’eau potable va disposer d’un budget conséquent en 2006. Seulement, 34% de la population malgache ont accès à l’eau potable. Pour améliorer la situation, « l’Etat va contribuer largement à apporter l’eau auprès de la population ». Le président a révélé différentes possibilités allant de l’amélioration et la sécurisation sur le plan sanitaire des sources qui servent de fontaine ; à l’utilisation de grands réservoirs pour répondre aux besoins d’une population ciblée… Marc Ravalomanana a déploré l’impact de la difficulté d’accès à l’eau potable sur le développement des régions. Ce problème est un frein pour le développement touristique de la ville d’Ambalavao située sur la RN7. A Toamasina, des conduites d’eau ne pouvaient être installées faute de compétence pour la réalisation des travaux. L’objectif étant de promouvoir, dans le cadre du programme général de l’Etat, l’hygiène et l’assainissement et de renforcer la lutte contre la pauvreté. « L’accès à l’eau potable dans chaque foyer pourrait augmenter le Produit National Brut de 3% » a affirmé le Président.

Décidément, le ministère de l’Energie et des Mines dispose la clé du moteur de développement mais aussi le frein de celui-ci. Selon le ministre Donat Andriamahefamparany, l’eau potable est un besoin primaire. « Il faut donner à la population les moyens de satisfaire leurs besoins primaires pour que celle-ci puisse être productive ». Mais qui va donc se charger de satisfaire un besoin qui n’est pas satisfait chez les 66% de la population. Pas la Jirama en tout cas. Le président Ravalomanana n’a pas été tendre avec la compagnie qu’il ne souhaite pas privatiser : « déjà avec l’électricité, ils ont du mal ». Le programme d’adduction d’eau verra donc la participation de plusieurs acteurs. La stratégie n’est pas nationale car elle sera décentralisée vers les régions. Elle vise à renforcer les capacités des communes comme maîtres d'ouvrages. Une société de patrimoine va négocier un contrat de gestion déléguée avec la JIRAMA pour les communes où la compagnie nationale est présente. Si ce n’est pas le cas, la commune pourra signer un contrat d'affermage avec un opérateur privé de son choix. Elle devra toutefois apporter sa contribution pour la réalisation du projet. Le secteur privé sera très sollicité car le marché sera ouvert, échappant au monopole de la Jirama. Le but est de confier les travaux à des opérateurs nationaux ou étrangers, « qui soignent leur travail comme de vrais professionnels » et s’engagent «à ce que cette politique assure la vie, la santé et le droit des citoyens dans l’acquisition de l’eau ».

Selon l’Unicef, seuls 3% des ruraux et 34% des urbains ont accès à l’eau potable à Madagascar. L’eau potable qui est un vrai luxe dans la région semi-désertique du sud où il manque de l’eau tout court. Les régions Atsimo-andrefana, Anosy et Androy souffrent de la dégradation des pipelines. La population s’approvisionne à nouveau auprès de sources ou des cours d’eau. Cette situation existe dans la ville de Tuléar elle-même et concerne 20% de la population. Dans la capitale du sud, 77% des habitants s’approvisionnent en eau via les bornes fontaines. L’eau est l’un des facteurs de la pauvreté qui sévit dans le sud. Si à Antananarivo, la mairie n’a pas pu imposer un prix de Ar 10 le sceau auprès des bornes fontaines et a été contrainte à revenir à la gratuité, à Androy, l’eau est un vrai business. Le sceau coûte entre Ar 200 et Ar 250. De plus, il faut se déplacer en charrette pour aller la chercher. Ironie de l’histoire, les bornes fontaines sont payantes à Antsirabe. La mairie de la ville d’eaux aurait été fortement conseillée par le bailleur de fonds principal de l’Ile à faire payer 1 Ar pour chaque litre d’eau. En tout cas, la multiplication des bornes fontaines n’a pas résolu un problème qui tient à cœur le président Ravalomanana. Les femmes feront moins de kilomètres pour aller chercher de l’eau mais leur corvée existe toujours. Non seulement, elles doivent faire la queue mais en plus elles doivent payer.

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© Madanight.com - Madagascar, Novembre 2005





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