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Prix des carburants
.... la hausse inévitable, la flambée évitée
Face à l’inflexible hausse du prix du pétrole sur le marché international, les autorités malgaches évoquent une situation exceptionnelle et parlent même d’un choc pétrolier. Malgré des tractations avec les sociétés pétrolières, la hausse du prix à la pompe n’a pu être évitée. C’est la société Total qui a allumé la brèche sans que les prix ne flambent pour autant. Les autres distributeurs de produits pétroliers lui ont alors emboîté le pas.
Le gouvernement, par le biais du ministre de l’Energie et des Mines n’a pas été dans une position favorable lors de la négociation avec les distributeurs de produits pétroliers. Il a été partagé entre la volonté de maîtriser un des facteurs de l’inflation et l’obligation de respecter la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui a libéralisé les prix. De toute manière, le ministre Olivier Donat Andriamahefamparany a fait de nombreuses communications qui étaient sensées dégager la responsabilité du pouvoir si jamais la hausse des prix des carburants provoque une inflation généralisée. Le gouvernement aura essayé, mais pas tout puisque aucune décision « politique » n’a été prise. Les prix à la pompe ont donc connu une petite hausse initiée par la société Total qui a été suivie par Galana et Jovenna. Vu la hausse du prix du pétrole brut sur le marché international, il n’est même pas question de vérité des prix.
 La hausse des prix des carburants a été plus faible que l’on ne l’imaginait. Le litre d’essence ordinaire est bien en dessous de un euro mais a franchi la barre symbolique des Ar 2 000. Il est trop tôt pour déterminer que les stations services afficheront les mêmes tarifs pour une longue période. Dans tous les cas, le pire a été évité sur le plan socio-économique. Le prix du gas-oil n’a pas augmenté. Mieux, il a baissé de manière symbolique. Le gouvernement peut souffler car une flambée du carburant diesel aurait plombé sérieusement la croissance économique. Le prix du gas-oil se a un impact direct sur les produits de consommation ou de première nécessité ainsi que le transport. Ce sont les transporteurs qui ont donné de grands coups d’avertisseurs pour dénoncer la marge commerciale dont bénéficient les distributeurs. Leur lobbying a été récompensé par la baisse du prix du gas-oil.
C’est en 2004 que l’Etat s’est officiellement désengagé de la régulation du secteur pétrolier à Madagascar. La libéralisation des prix devait encourager la pratique de la concurrence. Au grand dam des consommateurs, les sociétés pétrolières ont toujours eu une entente sur les prix, même si les investissements de chacun pour la rénovation des stations services sont différents. Aujourd’hui, cette entente est brisée sans que le ministère de tutelle ne l’ait remise en cause avec insistance. Les gérants des stations de services réclament quant à eux une augmentation de leur marge bénéficiaire de Ar 12,4 à Ar 20,4 par litre. D’un côté, ils revendiquent une révision à la baisse de la marge des compagnies pétrolières et se défendent de provoquer une hausse du prix à la pompe si leurs demandes sont exhaussées. Ils essaient, d’un autre côté, de faire pression sur l’Etat afin d’obtenir une révision à la baisse des taxes à payer toujours dans l’intérêt des consommateurs. Bref, le groupement des gérants des stations services demande à l’Etat et aux compagnies pétrolières de se serrer la ceinture pour la sécurité des usagers.
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Madagascar, Octobre 2005
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