|
Immobilier
, Logement , habitation
....
mauvaise condition de vie et accès difficile à la
propriété immobilière
A Antananarivo,
les problèmes d'habitation trouvent souvent une solution
provisoire qui devient pérenne. Le recours à
l'habitat informel fait fi de tout plan d'aménagement. Les
conditions basiques de confort, de sécurité et de
salubrité n'existe pas : sans eau ni
électricité, des canaux d'évacuations
inexistants, pas d'aération suffisante, mauvaise exposition,
matériaux inflammable… L'accès
à la propriété est difficile
même si le tananarivien finit par y arriver vers
l'âge de 48 ans.
Environ 70% des
habitats ne sont pas alimentés par la Jirama que ce soit en
eau ou en électricité. 30% sont
constitués d'une pièce sans
dépendance. La villa est une habitation de luxe qui
représente 3% du parc immobilier. A Antananarivo,
l'extension de la ville et l'apparition des nouvelles constructions ont
fait que les maisons de type traditionnelles sont plus
discrètes avec 10% des habitations. Le grand
Tanà, voilà un projet immobilier fort bien
nommé. La capitale est en effet en train de s'asphyxier avec
une forte densité de sa population notamment dans les
quartiers défavorisés. Dans ces derniers, les
risques d'incendies pouvant ravager des dizaines de cases en bois sont
très élevés. L'extension du parc
immobilier doit présenter au moins 30 000
logements décents pour que la ville retrouve une certaine
qualité de vie.
Les habitants
d'Antananarivo changent pourtant d'adresse mais ne vont pas habiter
forcément dans un meilleur logement. Plus de 50%
déménagent pour un habitat du même
type. A 30 ans, un tananarivien a déjà
habité dans trois logement différents et deux de
plus à 40 ans. L'entrée des jeunes dans la vie
d'adulte et dans l'indépendance se reflète aussi
sur l'aménagement dans un nouvelle maison ou appartement.
25% des jeunes de 25 ans deviennent locataires. A l'âge de 30
ans, 41% paient un loyer. Contrairement aux idées
reçues, il y a encore beaucoup de propriétaires
qui habitent leur maison à Antananarivo. Cela concerne
près de la moitié de la population. Les
difficultés économiques des ménages
ont relancé la vie en grande famille sous le même
toit. Souvent, trois générations y cohabitent. A
moins d'avoir bénéficié d'un
héritage, l'accès à la
propriété est tardif. Un tananarivien devient
propriétaire à 48 ans.
Sur le plan national, 65%
des habitations sont occupées par des
propriétaires. Ce sont les maisons individuelles de types
traditionnelles qui se louent le moins. Dans 87% de ces habitations
vivent les propriétaires et respectivement 64% et 66% pour
les appartements et les villas. Selon toujours les statistiques, 22 %
des habitats sont occupés par des locataires. 37% des
habitations loués ne comptent qu'une seule pièce.
La villa des pauvres a une superficie moyenne de 16m² et celle
des riches dispose de plus de 80m² habitables. L'objectif du
millénaire pour le développement
prévoit que la moitié des gens qui ne
possèdent pas une maison aujourd'hui en aura une avant 2015.
Telle ambition paraît accessible si l'on ne
précise pas qu'il s'agit de logements décents.
L'accès
à la propriété d'une maison, ou d'un
logement en norme, devient de plus en plus difficile. D'une part, il y
a la hausse des prix des matériaux de construction dont le
ciment. S'il devenait plus intéressant d'acheter une maison
que d'en construire une, le développement du parc immobilier
risque d'être freiné. Aujourd'hui, le
prix de m² en ville oscille entre Ar 100 000 et Ar 350 000.
La vente-location est un phénomène restreint
à Madagascar. La Seimad pour les
logements sociaux, des projets immobiliers comme le Trano
gasy vaovao, des grandes sociétés
immobilières pour les lotissements… les offres
existent mais sont loin de satisfaire la demande que ce soit en
matière de nombre ou de prix. Le prêt immobilier
est une pratique encore plus marginale vu que les malgaches n'ont pas
la culture de la banque. Les moins nantis sont les plus nombreux
à être propriétaires, tel est le
paradoxe du secteur de l'immobilier. C'est finalement ceux qui se
contentent de peu qui ont quelque chose.
Maherizo -
Reproduction et diffusion, même partielle, interdits
© Madanight.com - Madagascar, Octobre 2005
|