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Délestage
.... la Jirama joue les prolongations
Le délestage n'est pas prêt de s'arrêter. La nécessité de cette contrainte imposée aux habitants et aux consommateurs de la Jirama est toujours justifiée. Le ministre de l'Energie et des Mines évoque cependant les nouveaux motifs des coupures d'électricité. Ce n'est plus pour des raisons économiques mais plutôt pour des raisons techniques qui mettent la compagnie d'électricité dans l'incapacité de répondre à la demande.
Si on s'attendait à la fin du délestage deux mois après la revue en hausse des tarifs d'électricité, la situation semble empirer. Les coupures deviennent plus longues et ont même lieu deux fois dans la soirée dans certains quartiers de la capitale où la demande est élevée. La Jirama n'est pas en effet capable de fournir les 140 Mégawatts nécessaires pour alimenter en électricité la ville d'Antananarivo. La capacité de production pour la première agglomération de Madagascar est actuellement de l'ordre de 115 Mégawatt. Le délestage est donc nécessaire pour combler le déficit de 25 Mégawatt et éviter que la ville tombe dans le black-out total. Ils s'opèrent désormais entre 18 h et 22 h. C'est déjà une grande avancée notamment pour les entreprises qui ont souffert des coupures de courant dans la journée.
 Le ministre Olivier Donat Andriamahefamparany parle désormais d'un problème technique. " La rénovation des installations nécessite du temps ", devait-il déclarer. Quatre stations hydroélectriques alimentent en courant l'agglomération tananarivienne. Les stations d'Andekaleka, Antelomita et Mandraka sont en phase de rénovation et ne peuvent produire la quantité attendue. De plus, la saison sèche n'arrange en rien la situation. La diminution des cours d'eaux a un impact sur la production d'électricité. Avec moins d'eaux pour faire tourner les turbines, la puissance produite baisse. Vu que la demande en électricité ne cesse d'augmenter à Antananarivo, une autre station hydroélectrique et une nouvelle station thermique pourraient être sollicitées pour l'alimentation en électricité. Le ministre de l'Energie et des Mines avoue que la hausse des tarifs n'a pas encore les résultats attendus. Du moins, il se montre confiant et assure que l'Etat met à la disposition de la Jirama un stock stratégique en carburant qui permettrait de tenir jusqu'à fin octobre.
La Jirama a pu redresser une situation financière délicate et a désormais la confiance des partenaires. Les pétroliers coopèrent à nouveau avec l'entreprise nationale d'électricité pour l'approvisionnement en carburant. Une fois le plan de redressement établi, la Jirama devra convaincre ses créanciers. Ce sera une étape très importante pour Lahmayer International à qui la gestion de la compagnie a été confiée. Un bureau d'études va mesurer la performance de la firme allemande à la tête de la Jirama. Après avoir obtenu l'augmentation des tarifs, Lahmayer poursuit l'assainissement de la compagnie : remise en état et renouvellement des infrastructures, lutte contre les branchements sauvages ou illicites, détection des clients fantômes, chasse aux compteurs truqués… Lahmeyer n'a certes la carte blanche dans sa gestion mais c'est toujours l'Etat qui définit la stratégie comme le rappelle souvent le ministre de l'Energie.
En attendant la fin des rénovations des stations hydroélectriques, la hausse des prix du gas-oil pourrait entraver la marche en avant de la Jirama. Les deux solutions ne sont pas nouvelles et se présentent à chaque fois : faut-il augmenter une nouvelle fois le tarif ou faut-il prolonger le délestage. Difficile de s'attendre à une future baisse significative du prix du gas-oil. Comme le délestage ne peut être institutionnalisé, la hausse des prix pourrait être doublement bénéfique pour la compagnie qui, d'un côté, y trouve son compte, et d'un autre côté, ne va plus courir après une demande qui sera probablement contrainte à baisser, du moins à stagner. Jusqu'à maintenant, les consommateurs paient plus cher qu'avant mais ne consomment pas moins. C'est tant mieux pour la Jirama qui est redevenue ce qu'elle doit être : une entreprise commerciale.
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Madagascar, Septembre 2005
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