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TIC
.... associer l’Internet au développement de Madagascar
Pauvreté. C’est l’ennemi public numéro un à Madagascar. Avec près de 70% de pauvres, les TIC sont plutôt considérées comme un bien de luxe réservé à une catégorie sociale et professionnelle assez élevée. Paradoxalement, on mise beaucoup sur l’utilisation des TIC dans le cadre d’un vaste programme de développement. Cette année, la fête de l’Internet a été axée sur le thème du développement que cet outil pourrait apporter au pays.
 Olivier Robinson, Directeur Général des TIC au sein du ministère des Télécommunications, des Postes et de la Communication, ne semble plus prêcher dans le désert quand il parle des gigantesques projets en matière d’Internet qui vont incessamment métamorphoser le pays. En général, l’actuel pouvoir affiche sa volonté d’approcher d’abord les agents de l’Etat puis les citoyens. L’e-gouvernance reste pour le moment un concept puisque son application est conditionnée par divers paramètres tels la mise en place de l’infrastructure de télécommunication adéquate, la dotation en matériel et enfin la formation des fonctionnaires aux TIC.
L’enjeu de cette gouvernance numérique est de communiquer et d’appliquer les décisions prises à toutes les hiérarchies dans un bref délai. Plus important sera la traçabilité de ces décisions et la connaissance de leurs effets. Bref, tout fonctionnaire ou représentant de l’Etat doit rendre compte de ses actes dans un gigantesque système d’information dans lequel il puise aussi certaines informations avant de prendre une mesure à son niveau. Pour Olivier Robinson, l’e-gouvernance doit aussi faciliter la vie et les démarches des administrés. Ce ne sera plus la peine de parcourir des centaines de kilomètres pour avoir un extrait d’acte de naissance. De nombreux services publics seront assurés via les TIC.
 Quand on parle de développement, on pense forcément à l’aspect économique. Le DGTIC ne tarit pas d’éloge sur le commerce électronique. Ce dernier n’existe pas à Madagascar, non pas pour des raisons technologiques mais à cause des craintes qu’il suscite. Les transactions via le web ne font pas partie de la pratique commerciale à Madagascar. Olivier Robinson se réjouit toutefois du fait que certains services des banques sont désormais accessibles en ligne. Il se montre pourtant persuasif en expliquant que l’on peut faire ses courses ou faire du lèche-vitrine sur Internet. Tel discours n’a pas encore assez d’impact dans un pays où la démonétisation n’est pas acceptée par tous.
Les TIC auront aussi un rôle prépondérant dans le secteur agricole. Le progrès technologique pourrait contribuer à mettre fin aux vols de bovidés, une activité criminelle qui est devenue une véritable tradition dans certaines régions de l’île. Les grands marchés de zébus seront reliés à un système d’information qui répertorie les bêtes, les propriétaires et les transactions. Les éleveurs tout comme les agriculteurs sont les utilisateurs cibles des Télécentres – un genre de cybercafé qui propose aussi d’autres services TIC - dans le milieu rural. L’idée consiste à donner aux producteurs un accès aux informations techniques et économiques sur leur secteur d’activité, ainsi qu’une plate-forme de communication. Olivier Robinson d’expliquer que le nombre important d’analphabètes ne sera pas un obstacle à l’usage des TIC dans le milieu rural puisque le multimédia offre d’autres possibilités avec le canal visuel et auditif.
On l’aura compris, la connectivité sera effective en premier lieu sur le plan national puisqu’il s’agit d’abord de relier les régions de l’île avec les autres. La mise en place des infrastructures du backbone national en fibre optique a été confiée à l’entreprise Telma. Le début des travaux est programmé pour juin 2005 avec la mise en place d’une boucle autour d’Antananarivo. A terme, tout Madagascar sera relié par un immense réseau Intranet qui va influencer les relations intra et intercommunautaires.
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Madagascar, Mai 2005
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