Njakatiana Antsika Jiaby


Tsy Manam-pahataperana 2006 Malagasy Hit By Aina Cook


Ambondrona - Ajanony

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



Pas encore inscrit ?



 

L’Ariary ou l’'Ar' de se compliquer la vie

Publié le 17/01/2005 07:51 par elman

Monnaie
.... l’Ariary ou l’ « Ar » de se compliquer la vie


De toutes les difficultés qu’affrontent les malgaches, il y a une que de plus en plus d’individus trouvent superflue : le passage à l’Ariary. Depuis le 01 janvier 2005, Madagascar est revenu à son ancienne unité monétaire. Le Franc malgache n’avait plus raison d’être aux yeux de nos dirigeants qui par la même occasion voulaient refléter l’identité nationale par la monnaie.

On a visiblement minimisé le problème d’adaptation. Celui-ci ne concernerait a priori que les citadins qui ont toujours utilisé le FMG alors que les paysans ont eu coutume de compter en Ariary. En réalité, le blocage est d’abord linguistique. Le paysan compte en malgache et le citadin en français. Ainsi, une somme en Ariary est dite en malgache et son équivalent en franc est exprimé en français. Allez dire à un paysan trente-cinq mille Ariary ! Même le guichetier d’une banque a du mal quand on lui annonce quatre vingt-six mille Ariary. Pour lui, comme pour monsieur tout le monde, quatre cent trente milles francs valaient « enina arivo sy valo alina Ariary ». Dans la vie de tous les jours, on doit faire des opérations arithmétiques sur les sommes d’argent, ce qui ne manquent pas de multiplier les difficultés.

Les autorités monétaires ont ignoré ce petit problème puisque désormais, on va raisonner en français pour utiliser la monnaie Ariary. D’abord, les chèques de banque sont à rédiger exclusivement dans cette langue. Certes, on l’a déjà fait avec le Fmg, sauf que là, il y a le syndrome de la division par cinq. Si vous écrivez « un million » sur un chèque, il est préférable que vous n’ayez pas pensé en Fmg. La première bourde d’un guichetier a coûté à sa banque Ar 250 millions, une somme qui a pu être récupérée.

Pour compliquer encore plus la vie des usagers, le passage à l’Ariary a été accompagné par la mise en circulation de nouveaux billets de banque. Les anciens 10 000 et 25 000 Fmg n’ont plus cours. Par contre, les Ar 1 000, 500, 200 et 100 existent toujours en deux versions. Les nouveaux billets sont plus petits. S’ils comportent toujours la double inscription Ariary/Fmg, c’est la première qui est mise en valeur. Sur les anciens billets en Fmg, la traduction en Ariary est en lettre, sur les nouveaux, la traduction en Fmg est en chiffre et est beaucoup plus discrète. Les usagers ont quelques soucis à cause des couleurs des billets. Vu que l’on est habitué à plier un billet, on a du mal à discerner un Ar 200 d’un Ar 2 000 au premier coup d’œil même si le premier est beaucoup plus petit.

Comme on le savait tous, l’Ariary dans l’ancien système n’était pas l’unité minimale. Il valait 5 Fmg ou Iraimbilanja. Ainsi, on a droit pour la première fois à une somme avec une virgule. Celle-ci est exprimée avec deux décimales. Or, l’ancienne subdivision de l’Ariary ne permet que quatre valeurs dont la plus petite est 0,20. Comme il peut arriver d’avoir une somme Ariary avec 3 chiffres après la virgule, il faut d’abord arrondir avant d’appliquer le barème pour avoir la somme exacte.

Autres problèmes générés par le basculement Ariary, les consommateurs ont une estimation brouillée de la valeur des biens et des services. Une fois à la caisse, nombre de clients sont contraints de rendre des articles qu’ils pensaient pouvoir et vouloir acheter. Par ailleurs, l’affichage en Ariary permet de faire passer la hausse des prix. Si la monnaie nationale a fière allure puisqu’un euro ne s’échange qu’avec Ar 2 400, l’effet psychologique n’est pas toujours positif. Un employé qui s’est réjoui d’avoir dépassé la barre de 1 million Fmg pour ce qui est de son salaire est moins heureux avec ses Ar 200 000. Même le plus vieux métier du monde paraît soudain dévalorisé et dévalorisant avec une somme qui sonne désormais dérisoire.

Le manque de communication est plus que flagrant. Les affichages ne sont visibles que dans les lieux publics où il y a un service de l’administration. Les spots télévisés ont été insuffisants et auraient été plus diffusés sur certaines chaînes que sur d’autres. A la maigre campagne d’information, il manquait l’essentiel : comment faire accepter le basculement à l’Ariary par la population ? C’est le refus impuissant de cette mesure imposée qui est à la source des problèmes d’adaptation. Finalement, les convertisseurs Ar/Fmg dont on ne voyait pas l’utilité pourraient s’avérer indispensables. Pourquoi alors na pas avoir opté pour l’unité Iraimbilanja au lieu de l’Ariary. Il aurait suffit de remplacer le Fmg en Ia et le tour est joué. Cela aurait été trop simple ! Maherizo
Maherizo - Droits de reproduction et de diffusion réservés © MADANIGHT.com., Madagascar, Janvier 2005




Google
 



 

Votre nom :

Commentaire:


Dans la même rubrique :

Tout ce qu’il faut savoir sur l’Ariary
Tout ce qu’il faut savoir sur l’Ariary Lire la suite
ariary
L'ariary, la démonétisation en marche à Madagascar ! Suivez le guide !
Jirama : le ministre Andriamahefamparany redresse la barre
Jirama : le ministre Andriamahefamparany redresse la barre Lire la suite
Prix des carburants : un nouveau démarrage en côte
Prix des carburants : un nouveau démarrage en côte Lire la suite
Ntic à Madagascar en 2008
Depuis quelques années déjà les NTIC ou Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication font partie intégrante du quotidien des Malgaches.
Lire la suite...
Dépenses de l'Etat : des réquisitions légales mais sans limites
Dépenses de l'Etat : des réquisitions légales mais sans limites Lire la suite
Electricité :: obligation de payer plus et de consommer moins pour sauver la Jirama
Electricité :: obligation de payer plus et de consommer moins pour sauver la Jirama Lire la suite
Carburant : l'essence tourisme sera sans plomb à Madagascar
Carburant : l'essence tourisme sera sans plomb à Madagascar Lire la suite
Bakolalao Ramanandraibe Ranaivoharivony
La machine Anti Corruption à Madagascar Suivez le guide

Revenir à la rubrique economie

Cliquez ici pour contacter la rédaction Madanight à Madagascar