Dah-mama Tonton Sola


Salala "bakomanga"


Kiaka Atolotro Anao

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



Pas encore inscrit ?



 

Le riz à Madagascar

Publié le 04/10/2004 10:44 par elman

Filière RIZ
.... quand le gouvernement fait son marché

Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre le premier ministre Jacques Sylla dans les marchés en plein air de la Capitale. Sous des regards amusés, interrogateurs et parfois sceptiques de ses administrés, quelques membres du gouvernement sont descendus sur le terrain, dans le courant du mois de septembre, afin de constater de visu les réalités sur la hausse des prix des PPN. Pour un fois, les malgaches ont entendu parler du riz plus qu’il n’en mangent. Cet aliment de base est aussi le régulateur de l’image et de la santé de l’économie du pays, tout en étant un symbole politique qui influence fortement l’opinion publique.

Le gouvernement a tenu à informer les consommateurs sur la structure du prix du riz de la même manière que l’on a expliqué les constituantes du prix des carburants pour faire passer la hausse à la pompe. Cette fois-ci, l’objectif est d’obtenir une baisse de prix pour l’amener à 3500 Fmg le kilo. Le gouvernement dément officiellement toute volonté de contrôler les prix ou d’astreindre les commerçants à vendre à des tarifs indiqués. A tout le moins, il y contribue. La stratégie voudrait-elle supposer que des consommateurs informés d’une vérité de prix ne vont pas acheter et faire pression ainsi à l’endroit des commerçants. Peut-on espérer une telle patience aux gens de toutes les catégories sociales quand il s’agit de l’alimentation de base qu’ils prennent aux repas trois fois par jour ?
le riz a madagascar
Le riz à Madagascar
Les prix.

A priori, ce sont les détaillants qui seront confrontés à la réaction des consommateurs. On ne peut pas ignorer le réflexe de certains revendeurs à retenir les produits et constituer leur propre stock pour ne pas vendre à perte ou à faible profit. Les prix des PPN flambent facilement quand il y a un risque de pénurie perceptible même si cette dernière est créée artificiellement en dépit d’une conjoncture plutôt bonne. C’est comme si c’était le marché boursier des malgaches ; c’est le secteur ou la spéculation est très forte. Chaque marché sera tenu d’afficher les cours de la semaine afin d’aviser les acheteurs. Si le gouvernement souhaite donc influencer la loi de l’offre et de la demande pour le marché du riz, c’est dans un objectif a priori louable puisqu’il veut faire baisser les prix et soulager les porte-feuilles des ménages.
 
L’Etat ne va pourtant pas prendre des mesures économiques radicales comme accorder des subventions à des acteurs du secteur du riz, encore moins procéder à la levée de taxes notamment d’importation. La solution reste l’importation afin de compenser l’absence de stock de régulation. Difficile en effet de rassasier les 17 millions de malgaches, un individu consommant en moyenne 119 kg de riz par an. Pour avoir les 2 millions de tonne de riz décortiqués pour la consommation nationale, il faut importer environ 200 000 tonnes. En 2004, le gouvernement a le moyen d’acheter du riz. Mi-octobre, une première cargaison des 100 000 t de riz thaïlandais, à 260 dollars la tonne, est attendu à Toamasina. 5000 t sont offerts sous forme de don, soit la même quantité que le gouvernement japonais offre sous forme d’aide. Les stocks tampons d’il y a 20 ans et ses riz presque avariés hâtent à nouveau bon nombre de malgache en attendant une autosuffisance alimentaire concentrée pourtant sur un seul produit et faisant l’objet de beaucoup de promesse dans les discours politiques.
 
Le riz est aussi un aliment plein de symbolique sociale : il y a le « makalioka » à 4500 Fmg le kilo pour ceux qui font leur marché à Analakely et le « vary gasy » à 3700 Fmg pour les gens qui s’approvisionnent à Anosibe. Au départ, le prix du paddy au producteur est de 2150 Fmg le kilo. Le ministère du commerce fait un calcul assez simpliste des coûts et des marges prises par différents intervenants pour aboutir à 1000 Fmg de plus chez le détaillant. Ce dernier applique sa marge pour porter le prix du riz à 3500 Fmg. Cette structure de prix transparente prend à la gorge les collecteurs, les transporteurs, les propriétaires d’usines, les revendeurs à différents niveaux. Si une tension apparaît à une étape du circuit, cette belle logique des prix risque d’être perturbée.
 
La polémique autour du prix du riz a été une occasion pour la Plate-forme pour la Défense des Droits et Intérêts des consommateurs et citoyens de se mettre en évidence. La Pladdic s’est rangée au côté du gouvernement pour soutenir l’action de ce dernier pour faire baisser les prix. Toutefois, elle trouve que 3500 Fmg est encore trop cher. La Pladdic pense s’en accommoder pour une période limitée et revendique un prix à 2250 Fmg le kilo qu’elle juge plus conforme au pouvoir d’achat des malgaches. Si le débat sur le riz s’est limité sur le plan économique, c’est que l’on est loin des périodes électorales. Toutefois, la grogne monte et les conséquences sociales de la hausse des prix, jusqu’à 8000 Fmg le kilo dans certaines régions, commencent à être palpables. Le gouvernement a tenu à éteindre le feu avant même qu’elle ne s’allume.

Maherizo - Droits de reproduction et de diffusion réservés © MADANIGHT.com., France, Octobre 2004




Google
 



 

Votre nom :

Commentaire:


Dans la même rubrique :


Revenir à la rubrique economie

Cliquez ici pour contacter la rédaction Madanight à Madagascar