Perspectives économiques
et secteurs en développement
Séminaire UBIFRANCE du
11 Mai 2004. Intervention de M. Jean François BIJON,Chef de la
Mission Economique de Tananarive, sur les perspectives économiques
et les secteurs en développement à Madagascar. |
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Madagascar est un pays où il fait bon vivre, c'est un pays où il faut se
préparer à investir à long terme. Pour ceux d'entre vous qui
ont assisté à notre rencontre l'année dernière au Sénat, je
vous rappelle que nous avions dit que ce pays allait changer
et qu'il fallait donc assurer au moins une présence
commerciale à l'époque.
Sept mois plus tard ce n'est
plus tout à fait le même pays. Madagascar est aujourd'hui
un pays en chantier dans un
environnement où des choix ont été faits. |

Jean-François Bijon, Chef de la Mission économique de Tananarive |
Une
formalisation de ce travail a été fait et je vous invite à vous
reporter au DSRP, Document pour la Stratégie de la
Réduction de la Pauvreté. Monsieur le Premier Ministre vous parlera
plus en détail de cette politique Malgache. |
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Ce qui m'a surpris ce n'est pas tellement le document;
c'est que les choses avancent et je voudrais vous en donner
quatre manifestations : j'ai parlé tout à
l'heure de la détermination comme facteur premier du développement.
Cette détermination n'est pas encore partagée par toutes les
administrations et toutes les strasses de la population.
Qui aurait pu imaginer il y a deux ans, qu'un
investisseur, qui s'agisse d'un gros investisseur, d'un gros industriel ou d'un investisseur
"sac à dos" puisse dans un lieu unique, en quelques
jours ou tout du moins en moins d'un mois, enregistrer un permis de
séjour, enregistrer un bail, créer un identifiant fiscal et
tout cela sans faire le moindre "cadeau" à qui que ce soit
? Cela peut se faire aujourd'hui dans le cadre du guichet unique et
cela est opérationnel depuis Octobre dernier. Saluons donc la détermination des
11 administrations différentes impliquées, et cela en
à peine quelques mois pour arriver à ce résultat.
Je crois qu'il est quand même important de
rappeler que c’est la classe ouvrière à Tananarive, c'est-à-dire tous
ceux qui avaient un emploi avant la crise de 2001, qui ont manifesté
en 2002 pour demander un changement. Ils ne manifestaientt pas pour la
liberté, il ne manifestaient pas pour les augmentations de salaires :
ils manifestaient pour demander un changement des institutions
nationales.
Dans ce domaine de
l'affirmation de l'autorité de l'Etat, la tâche
ne fait que commencer. Il y a encore
des occupations sporadiques de terrain par des squatters, et quelquefois même
encouragées par un député local.
Il y a encore des décisions
de justice à faire appliquer. Mais on s'aperçoit que quand il y a
un problème, les autorités politiques n'hésitent pas à monter au
front. Et quant au professionnalisme des administrations en constate
qu'ils font aujourd'hui l'objet de programmes ambitieux de formation.
Par exemple les policiers ont vu leur traitement
revalorisé substantiellement il y a quelques mois et témoignent aujourd'hui
d'un comportement pratiquement irréprochable quand ils vous
contrôleront à Tananarive. Les fonctionnaires se demandent quand
est-ce que leur tour viendra donc voilà pour ce premier changement
que nous observons à Madagascar.
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Autre domaine de changement
profond : les infrastructures physiques. L'ambition de M.
Ravalomanana pour son quinquennat est de changer les choses dans
cinq domaines : la bonne gouvernance, les réseaux de
communication, l’éducation primaire, la santé et le développement
rural.
Avec le premier ministre et
son gouvernement, ils ont mobilisé des ressources pour améliorer le réseau de communication physique, c'est-à-dire
les routes. Le résultat est un chantier de 14 000
kilomètres de routes qui mobilisent
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A gauche, M
Christophe BIGOT, Sous Directeur Afrique Australe et Océan Indien,
Ministère des Affaires Etrangeres |
beaucoup de ressources. Alors pourquoi les routes ?
Il faut rappeler que 70% de la population Madagascar est rurale et
en 2002, rappelons que 50% de la population malgache était à deux
jours de marche du plus proche marché agricole. D'ici 2008, on
espère que la moitié de ces 50 % seront à moins de deux jours
des marchés, ce qui veut dire qu'il y aurait une formidable
incitation à la production du circuit agricole qui pourrait
venir soutenir la croissance économique.
On ne mesure pas encore les conséquences de ce
changement d'environnement mais on peut dire que c'est à l'honneur
du pouvoir politique à Madagascar d'avoir fait ce pari et cela peut
être pour la première fois depuis 1960. |
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Le programme routier est donc maintenant lancé
et dans le domaine de l'éducation primaire la formation des
instituteurs fait aussi partie des priorités dont je vous parlais
tout à l'heure. Avec la deuxième rencontre des amis de Madagascar en
Octobre dernier à Paris entre la communauté financière internationale et
les autorités malgaches : les moyens financiers ont été dégagés pour
la réalisation de ce programme. Cet exercice sera renouvelé d'ici 2005-2006.
Le troisième symbole du changement est l'apparition
d'une nouvelle classe d'entrepreneurs Malgaches. Ces nouveaux
entrepreneurs de Madagascar ont en général moins de 35 ans, ils ont
fait de bonnes études en Europe, en Amérique du Nord, à Madagascar
grâce en général aux sacrifices lourds de la famille. A cause de
ce sacrifice lourd, beaucoup de ces familles n'ont pas eu les moyens de
créer leurs propres entreprises. Aujourd'hui, nous assistons à l'émergeance d'une classe
d'entrepreneurs capables, et qui ne compte sur personne d'autre
qu’eux même pour résoudre leurs problèmes. Un certain nombre d'entre
eux réussissent déjà très bien et sur lesquels les banques fondent
de deux grands espoirs. Leur comptabilité est encore confidentielle
et ils développent souvent leurs propres fonds propres. Et pour la
plupart sont regroupés dans deux organisations dont la FIVMPAMA pour
lequel son président s'adressera à vous aujourd'hui.
Vous n'êtes pas obligés de vous affilier avec
qui que ce soit. Mais je vous encourage vivement à respecter cette
nouvelle classe d'entrepreneurs pour vos partenariats. Et
ces partenaires nationaux pourront eventuellement devenir plus tard
des partenaires financiers.
Déjà ces trois changements font que le pays change. Mais un
quatrième changement intervient également et il vous concerne [NDLR :
entreprises françaises]: c'est l'ouverture de Madagascar sur le reste du monde.
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M. Ravalomanana est arrivé
au pouvoir en 2002. Certain ont pensé qu'il était
hostile à la France. Ce qui n’était pas
le cas et nous avons réagi en encourageant fortement
sa politique. Nous avons exprimé notre conviction que le face-à-face
n'était profitable à personne et que la coopération française ne
pourra pas apporter à elle toute seule tous les moyens
dont Madagascar a besoin pour réussir sa politique
et que nous avions besoin de la concurrence. |
Tout ce
qui pourra contribuer au développement de
Madagascar est bon pour Madagascar. Cette ouverture sur le monde est un nouvel
élan qui a fortement contribué à changer l'environnement
sur place. Mais il faut dire qu'il n'y a pas eu
encore jusqu'à maintenant l’arrivée de gros investisseurs étrangers sauf
dans un secteur : le secteur minier pour lequel de vieux projets
sont en train de se concrétiser. Notamment à Fort dauphin et un
autre, pour le cobalt, à Moramanga. |
Il s'agit de projets
extrêmement importants. D'autres projets allemand et italien
notamment dans le tourisme vont arriver mais le plus gros
partenariat a venir se fera certainement avec l’Afrique du Sud. Même
si l'Afrique du Sud est plutôt impliquée dans une politique de
développement lié à leur continent avec les pays limitrophes,
l'Océan Indien et en particulier Madagascar seront leurs prochains
partenaires. Je crois que nous ne pouvons que nous en réjouir car
plus il y aura de investisseurs et plus il y aura de partenaires
pour le développement de Madagascar et donc de plus grandes
opportunités.
Mesdames et Messieurs je vous
remercie de votre aimable
attention.
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