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Perspectives économiques et secteurs en développement

Publié le 17/05/2004 02:20 par elman

Perspectives économiques et secteurs en développement

Séminaire UBIFRANCE du 11 Mai 2004. Intervention de M. Jean François BIJON,Chef de la Mission Economique de Tananarive, sur les perspectives économiques et les secteurs en développement à Madagascar.
Madagascar est un pays où il fait bon vivre, c'est un pays où il faut se préparer à investir à long terme. Pour ceux d'entre vous qui ont assisté à notre rencontre l'année dernière au Sénat, je vous rappelle que nous avions dit que ce pays allait changer et qu'il fallait donc assurer au moins une présence commerciale à l'époque.
Sept mois plus tard ce n'est plus tout à fait le même pays.  Madagascar est aujourd'hui un pays en chantier dans un environnement où des choix ont été faits.
Jean François Bijon
Jean-François Bijon, Chef de la Mission économique de Tananarive
Une formalisation de ce travail a été fait et je vous invite à vous reporter au DSRP, Document pour la Stratégie de la Réduction de la Pauvreté. Monsieur le Premier Ministre vous parlera plus en détail de cette politique Malgache.
Ce qui m'a surpris ce n'est pas tellement le document; c'est que les choses avancent et je voudrais vous en donner quatre manifestations : j'ai parlé tout à l'heure de la détermination comme facteur premier du développement.
Cette détermination n'est pas encore partagée par toutes les administrations et toutes les strasses de la population. Qui aurait pu imaginer il y a deux ans, qu'un investisseur, qui s'agisse d'un gros investisseur, d'un gros industriel ou d'un investisseur "sac à dos" puisse dans un lieu unique, en quelques jours ou tout du moins en moins d'un mois, enregistrer un permis de séjour, enregistrer un bail, créer un identifiant fiscal et tout cela sans faire le moindre "cadeau" à qui que ce soit ? Cela peut se faire aujourd'hui dans le cadre du guichet unique et cela est opérationnel depuis Octobre dernier. Saluons donc la détermination des 11 administrations différentes impliquées, et cela en à peine quelques mois pour arriver à ce résultat.
 
Je crois qu'il est quand même important de rappeler que c’est la classe ouvrière à Tananarive, c'est-à-dire tous ceux qui avaient un emploi avant la crise de 2001, qui ont manifesté en 2002 pour demander un changement. Ils ne manifestaientt pas pour la liberté, il ne manifestaient pas pour les augmentations de salaires : ils manifestaient pour demander un changement des institutions nationales.
 
Dans ce domaine de l'affirmation de l'autorité de l'Etat, la tâche ne fait que commencer. Il y a encore des occupations sporadiques de terrain par des squatters, et quelquefois même encouragées par un député local.
Il y a encore des décisions de justice à faire appliquer. Mais on s'aperçoit que quand il y a un problème, les autorités politiques n'hésitent pas à monter au front. Et quant au professionnalisme des administrations en constate qu'ils font aujourd'hui l'objet de programmes ambitieux de formation. Par exemple les policiers ont vu leur traitement revalorisé substantiellement il y a quelques mois et témoignent aujourd'hui d'un comportement pratiquement irréprochable quand ils vous contrôleront à Tananarive. Les fonctionnaires se demandent quand est-ce que leur tour viendra donc voilà pour ce premier changement que nous observons à Madagascar.
Autre domaine de changement profond : les infrastructures physiques. L'ambition de M. Ravalomanana pour son quinquennat est de changer les choses dans cinq domaines : la bonne gouvernance, les réseaux de communication, l’éducation primaire, la santé et le développement rural.
 
Avec le premier ministre et son gouvernement, ils ont mobilisé des ressources pour améliorer le réseau de communication physique, c'est-à-dire les routes.  Le résultat est un chantier de 14 000 kilomètres de routes qui mobilisent
Christophe BIGOT - Jean François Bijon
A gauche, M Christophe BIGOT, Sous Directeur Afrique Australe et Océan Indien, Ministère des Affaires Etrangeres
beaucoup de ressources. Alors pourquoi les routes ? Il faut rappeler que 70% de la population Madagascar est rurale et en 2002, rappelons que 50% de la population malgache était à deux jours de marche du plus proche marché agricole. D'ici 2008, on espère que la moitié de ces 50 % seront à moins de deux jours des marchés, ce qui veut dire qu'il y aurait une formidable incitation à la production du circuit agricole qui pourrait venir soutenir la croissance économique.
 
On ne mesure pas encore les conséquences de ce changement d'environnement mais on peut dire que c'est à l'honneur du pouvoir politique à Madagascar d'avoir fait ce pari et cela peut être pour la première fois depuis 1960.
Le programme routier est donc maintenant lancé et dans le domaine de l'éducation primaire la formation des instituteurs fait aussi partie des priorités dont je vous parlais tout à l'heure. Avec la deuxième rencontre des amis de Madagascar en Octobre dernier à Paris entre la communauté financière internationale et les autorités malgaches : les moyens financiers ont été dégagés pour la réalisation de ce programme. Cet exercice sera renouvelé d'ici 2005-2006.
 
Le troisième symbole du changement est l'apparition d'une nouvelle classe d'entrepreneurs Malgaches. Ces nouveaux entrepreneurs de Madagascar ont en général moins de 35 ans, ils ont fait de bonnes études en Europe, en Amérique du Nord, à Madagascar grâce en général aux sacrifices lourds de la famille. A cause de ce sacrifice lourd, beaucoup de ces familles n'ont pas eu les moyens de créer leurs propres entreprises. Aujourd'hui, nous assistons à l'émergeance d'une classe d'entrepreneurs capables, et qui ne compte sur personne d'autre qu’eux même pour résoudre leurs problèmes. Un certain nombre d'entre eux réussissent déjà très bien et sur lesquels les banques fondent de deux grands espoirs. Leur comptabilité est encore confidentielle et ils développent souvent leurs propres fonds propres. Et pour la plupart sont regroupés dans deux organisations dont la FIVMPAMA pour lequel son président s'adressera à vous aujourd'hui.
 
Vous n'êtes pas obligés de vous affilier avec qui que ce soit. Mais je vous encourage vivement à respecter cette nouvelle classe d'entrepreneurs pour vos partenariats. Et  ces partenaires nationaux pourront eventuellement devenir plus tard des partenaires financiers.
 
Déjà ces trois changements font que le pays change. Mais un quatrième changement intervient également et il vous concerne [NDLR : entreprises françaises]: c'est l'ouverture de Madagascar sur le reste du monde.
M. Ravalomanana est arrivé au pouvoir en 2002. Certain ont pensé qu'il était hostile à la France. Ce qui n’était pas le cas et nous avons réagi en encourageant fortement sa politique. Nous avons exprimé notre conviction que le face-à-face n'était profitable à personne et que la coopération française ne pourra pas apporter à elle toute seule tous les moyens dont Madagascar a besoin pour  réussir sa politique et que nous avions besoin de la concurrence.
Tout ce qui pourra contribuer au développement de Madagascar est bon pour Madagascar. Cette ouverture sur le monde est un nouvel élan qui a fortement contribué à changer l'environnement sur place. Mais il faut dire qu'il n'y a pas eu encore jusqu'à maintenant l’arrivée de gros investisseurs étrangers sauf dans un secteur : le secteur minier pour lequel de vieux projets sont en train de se concrétiser. Notamment à Fort dauphin et un autre, pour le cobalt, à Moramanga.
Il s'agit de projets extrêmement importants. D'autres projets allemand et italien notamment dans le tourisme vont arriver mais le plus gros partenariat a venir se fera certainement avec l’Afrique du Sud. Même si l'Afrique du Sud est plutôt impliquée dans une politique de développement lié à leur continent avec les pays limitrophes, l'Océan Indien et en particulier Madagascar seront leurs prochains partenaires. Je crois que nous ne pouvons que nous en réjouir car plus il y aura de investisseurs et plus il y aura de partenaires pour le développement de Madagascar et donc de plus grandes opportunités.

Mesdames et Messieurs je vous remercie de votre aimable attention.




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