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Madagascar
.... du film au pays
Sorti dans les salles américaines le 27 Mai 2005 où il avait rapporté 155 millions de dollars au box-office, voici qu'il a débarqué dans les salles françaises le 22 Juin dernier. L'occasion pour nous de voir ce que vaut ce film si prometteur.
Le film passé à loupe
Au niveau technique, rien à redire, images de synthèse réussies, musique agréable de Hans Zimmer (Last Samuraï, Gladiator, Le Roi Lion... ) - ndr : on appréciera le « I like move it, move it » qui illustre bien l'ambiance de nos boîtes de nuits icon_wink.gif - , le doublage français est à la hauteur du doublage américain avec Marina Foïs (Gloria) et Jean-Paul Rouve (Melman) des Robins des Bois mais aussi le comique canadien Anthony Kavanagh (Marty).
Globalement s'il se vante de la filiation avec Shrek, la comparaison est dure à supporter : on est loin des moments hilarants et quasi non-stop de Shrek, seuls quelques passages sont vraiment drôles.
Madagascar, ce décor
On l'avait compris, avec un titre comme ça, il aurait été osé que le film ne s'y déroule pas. On verra ainsi que le dessin animé retranscrit bien l'aspect sauvage de Madagascar et, sans être biologiste on trouvera que la flore et la faune sont globalement bien respectés : ravinala, cocotiers, fosa, maki, aye-aye seront au rendez-vous.
Dans le film, notre pays est vu comme une île déserte aux allures paradisiaques, avec une nature encore à l'état sauvage ce qui pourrait être un plus pour l'écotourisme auquel aspire nos "tours operators" et notre gouvernement.
Sachant que les touristes sont avides de plages « intimes », « rien qu'à eux », l'aspect désert ne peut être qu'intéressant mais ce serait oublier l'hospitalité légendaire des Malgaches envers les touristes étrangers (sexuels ou non).
Car si notre environnement fait le charme de notre pays, notre population aussi en fait grandement partie.
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Des réelles retombées ?
Madagascar est un film qui fait parler de lui et par conséquent de notre pays. L'idée sous-jacente est qu'il devrait contribuer à faire connaître notre île à l'étranger donc augmenter le nombres de touristes.
Le bilan est quelque peu mitigé : on constatera une réel problème d'absence ou de manque de coordination entre les producteurs du film et nos opérateurs touristiques.
En effet, si Madagascar le jeu-vidéo, les céréales, les peluches et autre goodies vous attendent dans tous les supermarchés, vous ne verrez nulle part « visitez Madagascar » .
Où est donc passé « Go to Madagascar » (Groupement des Opérateurs Touristiques de Madagascar) censé promouvoir la destination Mada. ?
Deuxième constat, en interrogeant une française qui a déjà visité Madagascar, celle-ci m'a confié qu'elle s'étonnait de ne voir que si peu de publicités pour visiter notre pays voire pas du tout. Un récente visite des agences de voyages n'a pu que me le confirmer. Madagascar, le film n'y a donc rien changé, du moins en France.
Troisième constat, Monsieur Russell Mittermeier, Président de Conservation International déclarait dans un article du 10 Décembre 2004 de Madagascar Tribune* : "Madagascar (le pays cette fois-ci) doit se préparer à la venue de millions de touristes d'ici 3 à 4 ans après le lancement de ce dessin animé" grâce à sa « théorie du roi lion » (les gens qui ont vu le Roi Lion de Disney on eu l'idée subite de visiter l'Afrique, ceux qui ont vu Madagascar devraient avoir l'idée subite de visiter Madagascar).
Or, le problème est que Madagascar le film, n'arrive pas une seule seconde à la cheville du Roi Lion aussi bien en terme cinématographique qu'en terme économique (donc en nombre de visites) avec 784 millions de dollars de recettes pour ce dernier.
Le nombre de touristes devrait donc être largement revu à la baisse...
Enfin, si dans le film ce sont les animaux du zoo américain qui viennent à Madagascar, dans la réalité il semblerait plus probable que ce soient les spécimens malagasy qui rejoignent dare-dare les zoo américains, question d'économie.
En résumé, Madagascar est un film très correct, qui a bénéficié de l'appui de la super machine marketing américaine (publicité, casting huppé...). Il fait un coup de pub certain à notre pays mais pas celui espéré. Et le manque de coordination a miné les chances de booster les perspectives touristiques.
Notre opérateurs touristiques devraient plutôt plancher sur les structures d'accueil ,de publicité et d'accessibilité au lieu d'attendre tel Brice de Nice de surfer sur la vague d'un film vraiment très moyen.
Après tout, l'île Maurice notre modèle le plus proche de réussite économique par le tourisme n'a pas axé son développement touristique sur le Dodo, leur animal emblématique disparu au XVIIIe siècle...
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