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"Vato ambany riana"
.... récit sur les quatre révoltes d'un peuple en 109 ans d'histoire
Il est devenu rare d'entendre un bon discours nationaliste qui ravive le sentiment d'appartenance à son pays, et apprendre l'histoire notamment le passé coloniale sans épouser des thèses xénophobes. L'atelier de dessin Soimanga organise une exposition historique au Tahala Rarihasina - Analakely, à l'occasion de la célébration de la journée du 29 mars, jour de commémoration de l'insurrection de 1947 pour " prendre " l'indépendance. L'exposition raconte l'histoire de Madagascar marquée par quatre révolutions majeures à travers un ouvrage de bande dessinée intitulé " Vato ambany riana ".
" Il est nécessaire de réveiller le nationalisme, l'amour propre des malgaches ". Le discours tenu par Alban Ramiandrisoa-Ratsivalaka reflète le message qu'il a voulu transmettre dans la bande dessinée " Vato ambany riana ". Pour sa deuxième édition, cet ouvrage a subi quelques modifications. Des planches ont été enlevées ou modifiées. D'autres ont été rajoutées pour intégrer le récit sur les événements de 2002. " Vato ambany riana " raconte l'histoire de Madagascar depuis le début de la colonisation jusqu'en 2002. " Les malgaches sont réputés être un peuple docile, cependant, ils n'acceptent pas la soumission " affirme Alban Ramiandrisoa. Ce dessinateur devenu chef d'entreprise ne souhaite pas endosser l'habit de l'historien. Son équipe composée de dessinateurs a juste eu recours à la documentation.
Rappel historique
Avant l'insurrection du 29 mars 1947, des rumeurs circulaient déjà sur le sujet. Des tracts ont été distribués dans les campagnes, même à l'étranger. Ils véhiculaient le message des organisations secrètes : " on ne demande pas l'indépendance, on la prend ". La nuit du 29 au 30 mars, la première attaque a eu lieu à Manakara. Vers 22h, l'assaut a été donné au camp militaire dans le but de mettre la main sur les munitions et les armes, et partant, neutraliser la riposte. Des propriétés de colons et des bâtiments administratifs ont été également visés.
L'ordre était de ne pas verser du sang sauf en cas de force majeure. Il ne fallait pas toucher aux femmes et aux enfants, ainsi qu'aux blancs non français. Cela n'a pas empêché l'escalade de la violence à Ambila, Sahasihanaka, Ampasinjeva. A Fianarantsoa et à Antananarivo, les assauts prévus sur les camps militaires ont été avortés. L'insurrection battait son plein en avril et mai 1947, à Moramanga où des citoyens malgaches ont été fusillés dans un wagon. En tout, la lutte pour l'indépendance de 1947 a fait 100 000 morts, dont des femmes et des enfants, des prisonniers qui n'ont pas été jugés et des hommes qui ont péri aux combats. Dix-huit personnes ont été officiellement condamnées à morts et exécutées par le pouvoir colonial.
Appel aux auteurs malgaches
Les responsables au sein du ministère de l'Education nationale et du ministère chargé de la Culture incitent les historiens malgaches à publier des ouvrages. Les principaux livres sur l'histoire de Madagascar sont en effet écrits par des étrangers. " Vato ambany riana " est légitimement " pris avec plus de considération " car l'ouvrage raconte plus de cent ans d'histoire sur 84 pages de dessins. Les illustrations sont bien choisies dans le but de suggérer l'atmosphère mais aussi les sentiments des gens de l'époque. Les textes sont en malgache, une langue nationale qui est parlée sur tout le territoire. D'autres formes d'expression artistiques comme le cinéma et le théâtre sont aussi encouragées afin de raconter l'histoire du pays à des citoyens qui n'ont pas accès aux livres.
Madagascar aura donc connu quatre luttes majeures. La plus récente est la lutte pour " le choix du peuple ", en 2002, qui a suivi une crise post-électorale. En 1991, il y a eu " la lutte pour la liberté " qui a été marquée par la grande marche du 10 août terminée dans un bain de sang à Iavoloha. En 1972, les étudiants ont initié " la lutte pour le changement ". La plus grande a été celle pour l'indépendance qui a pris une tournure définitive en 1947. Selon Alban Ramiandrisoa, " cet amour propre, cette fierté d'être malgache, ce n'est plus aujourd'hui dans un esprit de révolte ou de révolution " car " ils doivent s'inscrire dans une ambition de vivre dans un pays qui se développe réellement ". Le dessinateur met en garde ses concitoyens contre une nouvelle forme de colonisation, celle de l'esprit et de la mentalité.
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