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Humour
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les meilleurs professionnels du rire réuni dans un petit festival
Réunir des humoristes qui
officient dans des registres très différents pour ne pas
dire opposés est un pari difficile. Le Festival du rire qui
s’est déroulé au Roxy en novembre n’a pas
été un grand événement avec tout le tapage
que cela suppose. Toutefois, Les Fou Hehy, Francis, Goth Lieb, Lolou
& Bourbonnaise, Dadavy et Clim ont offert un spectacle amusant
ponctué par quelques moments de folies.
« Festival » est un bien
grand mot. Le spectacle n’a rien d’extraordinaire à part le fait
que plusieurs artistes, seulement les plus connus du moment, ont
partagé la même affiche. La mise en scène
était sobre, le décor ne cachait pas le caractère
vétuste du Roxy. Quand une des souris qui squattent la plus
grande salle de spectacle de Tanà fait une petite apparition sur
la scène, cela fait aussi rire ceux qui l’ont vu. Le Festival du
rire a permis au public de brosser un panorama des genres d’humour
actuels. Celui qui se fait passer pour un idiot ou un intelligent hors
paire, la dextérité des gestes et la finesse des paroles
contre des propos osés et un gestuel burlesque, le chanteur au
drôle de texte face à un imitateur de talent, les habits
de clowns d’un côté, des tenues de travesties d’un autre
côté… il y a de quoi satisfaire tout le monde.
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Les Fou Hehy
Passés mettre dans l’art du
déguisement, les Fou Hehy interprètent divers personnages
aussi loufoques les un que les autres. Ra-Philomène qui est
interprétée par Zafihita, un militaire dans la vie, est
omniprésente. Les trois comiques adorent jouer les travestis.
Pour les Fou Hehy, l’apparence est déterminante pour chaque
sketch. C’est une porte d’entrée dans l’univers d’un personnage.
Le ton, le discours, le gestuel… sont ainsi conditionnés. Quand
Marco joue un ivrogne, le public se demande s’il est vraiment ivre et
en est presque convaincu. Vraiment fou.
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Dadavy
C’est un vrai clown que l’on entend
tous les jours à la Radio Nationale dans
l’émission-minute "Sary indray mipika". Le public, notamment les
plus jeunes, apprécie pour autant toute apparition de Dadavy. Ce
dernier transpose par ailleurs sur la scène ses sketchs
radiophoniques en compagnie de son complice Ravirigôzy. L’image
d’une compagnie de cirque semble lointaine avec le poids des
années. Il y a moins de prouesses physiques même si
l’humour de Dadavy est resté le même. Jovial.
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Clim
Pas trop de gestuel, ni trop
d’imagination. C’est de l’humour à texte, sobre et parfois
raffiné. Dans sa parodie d’une émission de radio, Clim
ajoute des éléments sensés être drôles
en lisant les messages d’auditeurs. La formule est simple : plein de
jeux de mots, des noms de lieu ou de personne aussi longs que bizarres
et des messages surprenants. Bref, quand Clim joue l’idiot, il faut
être intelligent pour le comprendre. Le comique se met aussi
à la guitare pour raconter une drôle d’histoire : celle
d’un homme marié à une femme très jalouse, un sort
qu’il ne souhaite à personne. Sympathique.
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Goth Lieb
C’est aujourd’hui le seul imitateur
professionnel à Madagascar. Les hommes politiques demeurent sa
cible favorite. Il va même jusqu’à imaginer ce que
penserait le défunt Premier ministre Ravony dans l’autre monde.
Les présidents Zafy et Ravalomanana sont caricaturés avec
presque la même méchanceté. Goth Lieb est un
comique à plusieurs facettes. Il a tout simplement
suppléé Tsialonina qui n’est pas encore revenu de
tournée. Il y avait tout, la voix et les yeux. Toujours à
la guitare, Goth Lieb présente les membres du groupe Mahaleo :
Raoul le paresseux, Dama ou celui qui n’a pas encore perdu ses dents de
lait, Bekoto, le casseur de guitare, Fafah ou celui qui chante avec
pleins de virgules… Il ajoute un peu d’Erick Manana, le chanteur le
plus rusé. Exceptionnel.
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Francis Turbo
Idiot à l’extérieur,
intelligent de l’intérieur. Francis prend le risque
d’enquiquiner les merina qui sont les plus mauvais dans le bon usage de
la langue malgache. Il affirme qu’il n’y pas que chez les Betsileo que
l’on trouve des idiots. Le message passe difficilement mais à
l’arrivée tout le monde se met à en rire. Francis troque
parfois son short et son T-shirt moulant couleur fluo pour une
mini-jupe en cuir et des talons hauts. Il aime toujours autant raconter
plein d’histoire sur les chanteurs. Mamy Gotso, Lola, Henri
Ratsimbazafy… on s’imagine en riant que le pire leur est arrivé.
Pétillant.
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Ifanihy
Ses chansons à texte sont
très descriptives, très visuelles. Ifanihy aime raconter
la vie de tous les jours avec humour et dextérité. Son
sujet favori serait toutefois le sexe. Tout est nuancé, les
métaphores sont exquises. Les bien pensants peuvent en
être choqués par cette nouvelle forme de
littérature orale populaire. Ifanihy a choisi deux histoires sur
un folk bien « gasy ». Dans la première, il raconte
le malheur d’un mari alcoolique qui est devenu impuissant. L’autre
récit relate l’aventure d’un gorille, apparemment virile mais
puceau, qui est contemplé par les visiteuses du zoo.
Echappée de sa cage, la bête est bien
décidée à perdre sa virginité. Gare au
magistrat qui porte une robe ! Chaud.
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Loulou & Bourbonnaise
C’est sûrement le couple
d’artistes le plus loufoque. Loulou est un charlot qui est plutôt
bavard. Bourbonnaise est une petite fille pleurnicharde. Mari et femme
dans la vie comme à la scène, ils ont offert au public
une séquence de dispute plus que magnifique. Ils se disent des
méchancetés avec une légèreté qui
fait rire et non pas mal. Les mots de l’un sont transformés par
l’oreille de l’autre. L’histoire avance dans l’incompréhension
totale et, au fur et à mesure qu’elle se déroule, devient
encore plus amusante. Le discours est parfois cru et on parle beaucoup
de sexe mais au second degré. Déjà avec un
accoutrement venu d’une autre planète, Loulou s’autorise un
petit strip-tease en pleine visite de condoléances.
Décalé.
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