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Momota
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clown et professionnel du spectacle à part
entière
Voir un Antsahamanitra plein comme un
œuf, c’est tellement rare que c’est toujours un grand
événement. Momota, l’ami des tout-petits est toujours
aussi grand dans le cœur des enfants. Pour une fois, ce sont les
parents qui ont traîné les pieds. Il faut dire que leur
portefeuille a été très sollicité.
Heureusement que le spectacle présenté par ce clown aussi
drôle que pédagogue en valait vraiment la peine.
Tout n’a pourtant pas très bien
commencé. Le spectacle que concoctait Harinaivo, le producteur
quand il ne se cache pas derrière le visage de Momota, a fait
l’objet de certaines controverses. La durée du spectacle, une
heure vingt, était jugée trop courte. Le prix
d’entrée, 4 000 ariary pour le grands et 2 500 ariary pour les
enfants, y compris les bébés, est relativement cher. Il
fallait donc convaincre les parents. Récemment, on a pu
vérifier que pareille polémique peut compromettre le
succès d’un spectacle. En bon communicateur, Harinaivo a su
renverser la tendance. Place à la fête.
Momota est un clown attachant qui joue
le rôle du meilleur ami des enfants mais aussi leur grand
frère. Il propose un spectacle complet dans lequel plusieurs
acteurs interviennent : un grand lapin en peluche, des marionnettes,
des enfants-choristes, un petit bonhomme d’un mètre de haut, des
figurants en tenue de clown ou en maillots dans une piscine… Ce n’est
pas du tout le même humoriste que l’on connaît sous le
pseudonyme de Goth Lieb. Le clown est certes burlesque mais il garde un
certain raffinement. Momota cherche plus à divertir qu’à
faire rire les enfants. On ne peut que le féliciter de son
rôle d’éducateur.
Derrière le personnage de
Momota, il y a toute une petite industrie du spectacle. Les enfants
devenus prescripteurs-demandeurs constituent la première cible.
Si les produits dérivés se font attendre, les CD et les
VCD sont déjà exploités. Pour l’instant, les
enfants viennent au spectacle avec leur tenue de clown ou de personnage
qu’ils ont eu lors d’une fête à l’école. En
attendant la tenue ou le masque Momota, on rencontre des petits clowns
de tous genres : des canards, des batmans, des spiderman, des mickeys…
Dieu merci, la fête n’a pas été noircie par l’ombre
de halloween. Au bord d’Antsahamanitra, les vendeurs de chapeau de
fête et de visières en papier estampillées Momota
avaient peu de succès.
Il est évident que Harinaivo
investit et s’investit beaucoup dans le spectacle de Momota. Il
s’avère d’ailleurs un homme d’affaire avisé en tant que
producteur. C’est l’une des rares personnes qui n’ont pas honte de
revendiquer publiquement que le métier d’artiste est fait pour
gagner de l’argent et non pas d’en dépenser. Ce
professionnalisme irrite plus d’un, bien plus quand les consommateurs
sont des enfants. Pour Momota, ces derniers constituent un public comme
un autre et ont droit à des loisirs. Le clown se produit aussi
dans des spectacles privés organisés par une entreprise
ou une association. Il gagnerait en une heure l’équivalent de
trois mois de salaire d’un instituteur. A Antsahamanitra, il y avait un
autre spectacle que les gens n’ont pas vu : la demi-douzaine de
personnes qui comptaient l’argent de la recette étaient
débordées, empêtrées dans une masse de
billets de banque.
Harinaivo n’est pas du genre à
faire les choses à moitié. La séance photo
après le spectacle, un petit tour de trampoline et bien
d’autres, tout cela peut paraître très commercial. Est-ce
le plus important quand on voit le bonheur de ces enfants qui se
bousculent pour être sur la même photo que Momota. A tout
le moins, ils ont eu la chance de découvrir très
tôt ce qu’est Antsahamanitra ou quel est le goût du barba
papa ! Dans l’effervescence de l’après-spectacle, il y en a
quelques uns qui ont même perdu leur… parents.
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Novembre 2004
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