Vaiavy Chila Mamo Lava


Kiaka Atolotro Anao


Raboussa - Zay Anaovan'azy

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



Pas encore inscrit ?


Epilogue d’une trottoire

Publié le 02/04/2008 21:57 par elman

« Epilogue d’une trottoire »
.... « se tenir debout, tout contre la prostituée »



Parole prostituée, parole de l’ombre, parole exclue parce que parole du désordre, de l’informel, magma de mots qui font irruption dans ce lieu de non parole, lieu des silences criants … Mais quelle parole peut être celle des kilos de chair vendue, en situation de survie ? Réponse au CCAC le 14 Mars 2008 dernier.

Dédiés «à toutes les prostituées du quartier de Tsaralalàna à Tananarive, qui vivent et survivent dans la dignité», le texte et le spectacle ont été conçus avec elles et les enfants de la rue d’Analakely. Une prostituée raconte son agonie après qu’un client l’a tabassée, tas de chair se vidant de ses humeurs à même la chaussée : «Je ne veux pas croire que je suis le corps bousculé/je ne veux pas croire que je suis la chair mutilée/je ne veux pas croire que je suis celle sur qui il faut cracher/je ne veux pas croire que je suis l’être qui encombre/je ne veux pas croire que mes os sont les os brisés/je ne veux pas croire qu’on vient de me flinguer au niveau du crâne.»

   
 
Le texte semble écrit sur le pavé. Thierry Bédard a passé des nuits entières à Antananarivo. Au bar-hôtel le Glacier, de plus en plus nombreuses, de plus en plus jeunes à se vendre à la générosité du Blanc, les filles dansent toute la nuit pour s’épuiser et ne pas perdre la vie.  C’est une seule comédienne, Marie-Charlotte Biais, qui prend en charge ce texte racontant les autres. Debout devant un mur, à moitié nue, à moitié habillée, se tournant, se retournant, se baissant selon la demande, elle maintient une distance avec le sujet. Comme privée de corps, ballottée, elle ne tient plus que par les mots d’Alain-Kamal Martial.

   

Elle s’y agrippe, alors qu’un homme en noir anonyme (João Fernando Amorim Cabral dans ce rôle ingrat) la manipule à sa guise dès qu’il décide d’entrer en scène. Tout autour d’elle, on entend les voix, la bande-son de Jean-Pascal Lamand montée à partir des conversations enregistrées avec les prostituées et les enfants malgaches. Ils ont in extremis droit à la parole. On les écoute, en passant sur Marie-Charlotte Biais. On ne veut pas y croire…


elman - Tous droits réservés - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com - Madagascar , Avril 2008




Google
 



 

Votre nom :

Commentaire:


Dans la même rubrique :

Epilogue trottoire
Epilogue d'une trottoire
Lire la suite...
Pazzapa 3 : un doux épilogue pour l'événement audiovisuel de l'année
Pazzapa 3 : un doux épilogue pour l'événement audiovisuel de l'année Lire la suite
22 février 2002 : l’investiture légitime du Président Marc Ravalomanana
22 février 2002 : "l’investiture légitime" du Président Marc Ravalomanana Lire la suite

Revenir à la rubrique culture

Cliquez ici pour contacter la rédaction Madanight à Madagascar